PREMIÈRE PARTIE
VAGNER.
H Comment pouvez- vous vous troubler de cela? L n brave l'homme ne fait-il pas assez quand il exerce avec sagesse et ponctualité l’art qui lui fut transmis? Si tu honores ton père, jeune -hoinme. tu recevras volontiers ses instructions ; homme, si tu fais Avancer la science, ton fils pourra aspirer à un but plus élevé.
JJ ÏAEST.
O bienheureux qui peut encore espérer de. surnager dans cet acéan d’erreurs! on use de ce qu’on ne sait point, et ce qu’on 'lisait, on n’en peut faire aucun usage. Cependant, ne troublons àsjpas par d’aussi sombres idées le calme de ces belles heures! Restearde comme les toits entourés de verdure étincellent aux îurayons du soleil couchant. ïi se penche et s eteint, le jour exepire, mais il va porter autre part une nouvelle vie. Oh! que tau’ ai-je des ailes pour m’élever de la terre, et m’élancer, après as fui , dans une clarté étemelle! Je verrais, à travers le crépuscule. tout un monde silencieux se dérouler à mes pieds, qj,e verrais toutes les hauteurs s’enflammer, toutes les vallées s’obscurcir, et les vagues argentées des fleuves se ..iorer en s’écoulant. La montagne et tous ses défilés ne ^pourraient plus arrêter mon essor divin. Déjà la mer avec u3;es gouffres enflammés se dévoile à mes yeux surpris. Cependant, le dieu commence enfin à s’éclipser; mais un nouvel tin se réveille en mon âme, et je me hâte de m’abreuver encore de son éternelle lumière; le jour est devant moi; derrière ;r aioi la nuit ; au-dessus de ma tèle le ciel, et les vagues à mes pieds. — C’est un beau rêve tant qu’il dure! Mais, hélas! le ’ Jorps n’a point d’ailes pour accompagner le vol rapide del’es- . prit ! Pourtant il n’est personne au monde qui ne se sente ému l’un sentiment profond, quand, au-dessus de nous, perdue dans l’azur des cieux, l1 alouette fait entendre sa chanson ‘matinale; quand, au delà des rocs couverts de sapins, l’aigle plane, les ailes immobiles, et qu’au-dessus des mers, aüt »tîessus des plaines, la grue dirige son vol vers les lieux de sa naissance.