PREMIÈRE PARTIE MÉPHISTQPHÈLES
pourtant, choisissez une faculté.
l’écolier.
Je ne puis m'accommoder de l’étude du droit.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Je ne vous en ferai pas tm crime : je sais trop ce que c est que cette science. Les lois et les droits se succèdent comme une éternelle maladie; ils se traînent de générations en générations, et s’avancent sourdement d’un lieu dans un autre. Raison devient folie, bienfait devient tourment : malheur à toi, fils de tes pères, malheur à toi ! car, du droit né avec nous, hélas ! il n’en est jamais question. l’écolier.
Vous augmentez encore par là mon dégoût : ô heureux celui que vous instruisez ! J’ai presque envie d etuciier la théologie.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Je désirerais ne pas vous induire en erreur, quant à ce qui concerne cette science ; il est si difficile d éviter la fausse route ; elle renferme un poison si bien caché, que 1 on a tant de peine à distinguer du remède ! Le mieux est, dans ces leçons-la, si toutefois vous en suivez, de jurer toujours sur la parole du maître. Au total,... arrêtez-vous aux mots ! et vous arriverez alors par la route la plus sûre au temple de la certitude. l’écolier.
Cependant, un mot doit toujours contenir une idée.
31 ÉPHISTOPBÉLÉS .
Fort bien ! mais il ne faut pas trop s’en inquiéter, car, où ..es idées manquent, un mot peut être substitué à propos; on peut avec des mots discuter fort convenablement; avec des mois, bâtir un système ; les mots se font croire aisément, on n’en ôterait pas un iota.
l’écolier.
Pardonnez si je vous fait tant de demandes, mais il faut encore que je vous en importune... Ne me parlerez-vous pas un moment de la médecine ? Trois années, c’est bien peu de
FAUST
temps, et, mon Dieu ! le champ est si vaste ; souvent ni signe du doigt suffit pour nous mener loin!
MÉPHISTOPHÉLÈS, à part.
Ce ton sec me fatigue, je vais reprendre mon rôle dédiai (Haut.) L’esprit de la médecine est facile à saisir; vouséts bien le grand et le petit monde, pour les laisser aller eu( la grâce de Dieu. C’est en vain que vous vous élanceriez jt la science, chacun n’apprend que ce qu’il peut apprendre-, celui qui sait profiter du moment, c’est là l’homme avisé.) êtes encoi e assez hien bâti, la hardiesse n’est pas ce (juif manque, et, si vous avez de la confiance en vous-même, t en inspirerez à l’esprit des autres. Surtout, apprenez à conè les femmes; c’est leur éternel hélas ! modulé sur tant des différents, qu’il faut traiter toujours par la même méthode, tant que vous serez avec elles à moitié respectueux, vous aurez toutes sous la main. Un titre pompeux doit d’abord convaincre que votre art surpasse de beaucoup tous les auto alors, vous pourrez parfaitement vous permettre cerâî choses, dont plusieurs années donneraient à peine le droi: un autre que vous; ayez soin de leur tâter souvent le pouls, en accompagnant votre geste d’un coup d’œil ardent, pas* bias autour de leur taille élancée, comme pour voir si corset est bien lacé.
ia ÉCOLIER.
Cela se comprend de reste : on sait son monde !
M ÉPBISTOPHÉLÈS .
Mon bon ami, toute théorie est sèche, et l’arbre piéciens la vie est fleuri.
l’écolier .
<36 v ous jure que cela me fait 1 effetdun rêve; ose ra 1 -je ■ dérangpr une autre fois pour profiter plus parfaitement de TS sagesse ?
MÊPHISTOPHÉLÈS .
J’y mettrai volontiers tous mes soins.