‹ Faust et le second Faust de GoetheChapitre 54 sur 225 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

MÉPHISTOPHÉLÈS

Oli' non ; le talent est bien faible, mais le désir est grand.

FROSCH.

Donnez-nous une chanson.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Tant que vous en voudrez.

SIEBEL

Mais quelque chose de nouveau.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Nous revenons d’Espagne, c’est l’aimable pays du vin et des

chansons.

Une puce gentille Chez un prince logeait...

Il chante.

Écoutez! une puce!... avez- vous bien saisi cela? Une puce me semble, à moi, un hôte assez désagréable.

MÉPHISTOPHÉLÈS chante.

Une puce gentille Chez un prince logeait ;

Comme sa propre fille,

Le brave homme l’aimait,

Et (l’histoire l’assiye)

Par son tailleur, un jour,

Lui fit prendre mesure Pour un habit de cour.

BRAKDER .

N’oubliez point d’enjoindre au tailleur de la prendre bien exacte, et que, s’il tient à sa tête, il ne laisse pas faire à la eolctte le moindre pli.

MÉPHISTOPHÉLÈS

L’animal, plein de joie,

Dès qn’il se vit paré D’or, de velours, de soie,

Et de croix décoré,

Fit venir de province Ses frères et ses sœurs,

Qui, par ordre du prince,

Devinrent grands seigneurs.

Mais ce qui fut le pire,

C’est que les gens de cour.

Sans en oser rien dire.

Se grattaient tout le jour...

Cruelle politique!

Quel ennui que cela !...

Quand la puce nous pique.

Amis, éerasons-la !

CHŒUR, avec acclamation.

Quand la puce nous pique.

Amis, écrasons-!a!

FROSCH.

Bravo ! bravo ! voilà du bon !

SIEBEL

Ainsi soit-il de toutes les puces !

BBAVDER ,

Serrez les doigts et pincez-les ferme !

■ ALTMAVER .

Vive la liberté ! vive le vin !

MÉPHISTOPBÉLÈS .

Je boirais volontiers un verre en l’honneur de la liberté, si 'OS vins étaient tant soit peu meilleurs.

SIEBBL.

N en dites pas davantage...

MÉPHISTOPHÉLÈS

Je craindrais d’offenser l’hôte, sans quoi je ferais goûter aux aimables convives ce qu’il j a de mieux dans notre cave.

SIEBEL. v

Allez toujours ! je prends tout sur moi.

FROSCH.

Donnez-nous-en un bon verre, si vous voulez qu’on le loue;

car, quand je veux en juger, il faut que j’aie la bouche bien pleine.

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