DEUXIÈME PARTIE
MARTHE
Oh' dites-moi donc vite : je voudrais bien avoir un indice certain sur le lieu où mon trésor est mort et enterré. Je fus tous amie de Tordre, et je voudrais voir sa mort dans les
jours
affiches
MEPHISTOHÉLÈS.
Oui. bonne dame, la vérité se connaît dans tous pays par deux témoignages de bouche; j’ai encore un fin compagnon que je veux faire paraître pour vous devant le juge. Je vais l’amener ici.
MARTHE
Oh! oui, veuillez le faire.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Et que la jeune fille soit aussi là. — C’est un brave garçon ; il a beaucoup voyagé et témoigne pour les demoiselles toute l'honnêteté possible.
le vais être honteuse devant ce monsieur.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Devant aucun roi de la terre.
MARTHE
Là, derrière la maison, dans mon jardin, nous attendrons tantôt ces messieurs.
. TJne rue.
FAUST, MÉPHISTOPHÉLÈS
FAUST
Qu’est-ce qu’il y a? cela s’avance-t-il? cela finira-t-il bientôt?
MÉPHISTOPHÉLÈS
Ah ; très-bien ! je vous trouve tout animé. Dans peu de temps, Marguerite est à vous. Ce soir, vous la verrez chez Marthe, sa voisine : c’est une femme qu’on croirait choisie exprès pour le rôle d'entremetteuse et de bohémienne.
FAUST
FAUST
Fort bien.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Cependant on exigera quelque chose de nous.
Un service en mérite un autre.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Il faut que nous donnions un témoignage valable, à savoir que les membres de son mari reposent juridiquement à Pa. doue, en terre sainte.
FAUST
C est prudent! il nous faudra donc maintenant faire le voyage ?
MÉPHISTOPHÉLÈS
Sancta simplicitas ! Ce n’est pas cela qu’il faut faire : témoignez sans en savoir davantage.
FAUST
S’il n’y a rien de mieux, le plan manque.
MÉPHISTOPHÉLÈS
O saint homme !... le serez-vous encore longtemps? Est-ce la première fois.de votre vie que vous auriez porté faux témoignage? ÜS avez-vous pas de Dieu, du monde, et de ce qui s v passe, des hommes et de ce qui règle leur tête et leur cœur, donné des définitions avec grande assurance, effrontément et i d un cœui iei me ? et, si vous v oulez bien descendre en vousmême, vous devrez bien avouer que vous en saviez autant que sur la mort de M. Swerdlein.
FAUST
Tu es et tu resteras un menteur et un sophiste.
MÉPHISTOPHÉLÈS
Oui, si 1 on n en savait pas un peu plus. Car, demain, n irezvous pas, en tout bien tout honneur, séduire cette pauvre Marguerite et lui jurer l’amour le plus sincère ?
Et du fond de mon cœur.