‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 37 sur 185 · Figure cabalistique · texte numérisé non relu

Figure cabalistique

PREMIÈRK PARTIE 67

MÉPHISTOPHÉLÈS

Le barbet, lorsqu'il entra, ne fit attention à rien ; du dehors, la chose paraissait tout autre, et, maintenant, le diable ne peut plus sortir.

FAUST

Mais pourquoi ne sors-tu pas par la fenêtre?

C'est une loi des diables et des revenants, qu'ils doivent sortir par où ils sont entrés. Le premier acte est libre en nous; nous sommes esclaves du second.

FAUST

L'enfer même a donc ses lois? C'est fort bien; ainsi un pacte fait avec vous, messieurs, serait fidèlement observé?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Ce qu'on te promet, tu peux en jouir entièrement; il ne t'en sera rien retenu. Ce n'est pas cependant si peu de chose que tu crois; ma4s une autre fois nous en reparlerons. Cependant je te prie et te reprie de me laisser partir celte fois-ci.

FAUST

Reste donc encore un in&tant pour me dire ma bonne aventure.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Eh bien, làche-moi toujours! Je reviendrai bientôt; et tu pourras me faire tes demandes à loisir.

FAUST

Je n'ai point cherché à te surprendre ; lu es venu toimême t'enlacer dans le piège. Que celui qui tient le diable le tienne bien; il ne le reprendra pas de sitôt.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Si cela te plaît, je suis prêt aussi à rester ici pour te tenir compagnie; avec la condition cependant de te faire, par mon art, passer dignement le temps.

Je vois avec plaisir que cela te convient; mais il faut que ton art soit divertissant.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Ton esprit, mon ami, va plus gagner, dans cette heure seulement, que dans ruiiiformité d'une année entière. Ce que te chantent les esprits subtils, les belles images qu'ils apportent, ne sont pas une vaine magie. Ton odorat se délectera, ainsi que ton palais, et ton cœur sera transporté. De vains préparatifs ne sont point nécessaires ; nous voici rassemblés, commencez !

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