‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 48 sur 185 · I. Plaisanterie allemande · texte numérisé non relu

I. Plaisanterie allemande

90 FAUST

FROSCH,

Seriez-vous donc un virtuose?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Oh ! non ; le talent est bien faible, mais le désir est grand.

FROSCH.

Donnez-nous une chanson.

Tant que vous en voudrez.

SIEBEL

Mais quelque chose de nouveau.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Nous revenons d'Espagne, c'est l'aimable pays du vin et des chansons.

Il chante.

Une puce gentille Chez un prince logeait...

FROSCH.

Écoutez ! une puce !... avez-vous bien saisi cela? Une puce me semble, à moi, un hôte assez désagréable.

MÉPHISTOPHÉLÈS chante.

Une puce gentille Chez un prince logeait ; Comme sa propre fille.

Le brave homme l'aimait.

Et (l'histoire l'assure) Par son tailleur, un jour, Lui fit prendre mesure Pour un habit de cour.

URANHER.

N'oubliez point d'enjoindre au tailleur de la prendre bien exacte, et que, s'il tient à sa tète, il ne laisse pas faire à la culotte le moindre pli.

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