‹ Faust, et le second Faust; suivis d'un choix de poésies allemandes, traduits par Gérard de Nerval. Nouv. éd., précédée d'une notice sur Goethe et sur Gérard de NervalChapitre 55 sur 185 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

MÉPHISTOPHÉLÈS

Colle-là! Elle sort de chez son confesseur, qui l'a absoute de tous ses péchés : je m'étais glissé tout contre sa place. C'est bien innocent; cela va à confesse pour un rien ; je n"ai aucune prise sur elle.

FAUST

Elle a pourtant plus de quatorze ans.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Vous parlez bien comme Jean le Chanteur, qui convoite toutes les plus belles fleurs, et s'imagine acquérir honneur et faveur sans avoir à les mériter. Mais il n'en est pas toujours ainsi.

FAUST

Monsieur le magister, laissez- moi en paix; et je vous le dis bref et bien : si la douce jeune fille ne repose pas ce soir dans mes bras, à minuit nous nous séparons.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Songez à quelque chose de faisable ! il me faudrait quinze jours au moins, seulement pour guetter l'occasion.

FAUST

Sept heures devant moi, et l'aide du diable me serait inutile pour séduire une petite créature semblable?

MÉPHISTOPHÉLÈS

Vous parlez déjà presque comme un Français; cependant, je voas prie, ne vous chagrinez pas. A quoi sert-il d'être si pressé de jouir? I^ plaisir est beaucoup moins vif que si, d'avance, et par toute sorte de brimborions, vous vous pétrissiez et pariez par vous-même votre patite poupée comme on le voit dans maints contes gaulois.

FAUST

J'ai aussi de l'appétit sans cela.

MÉPHISTOPHÉLÈS

Maintenant, sans invectives ni railleries, je vous dis

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