‹ FaustChapitre 12 sur 66 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

et à vaincre sa répugnance. Mais quelles hésitations! quel manque d'entrain et de verve! quelle facilité à se laisser distraire ! et comme déjà les froides méthodes de l'analyse et du raisonnement usurpent chez le grand poète, qui a franchi le milieu de sa vie, la place de l'imagination créatrice! Il entame avec son ami Schiller une longue discussion, d'une lourdeur et d'une puérilité assommantes, sur les limites de la poésie épique et de la poésie dramatique. Un jour, il reçoit la visite d'un autre de ses amis arrivant d'Italie avec une impression toute fraîche des admirables monuments que lui-même est allé y voir autrefois; une conversation animée s'engage sur l'art, et Gœthe, rappelé au culte de sa chère antiquité, laisse de nouveau son Faust et écrit un essai sur le Laocoon. Les l^ro- K'gomènes sur Homère^ dans lesquels Wolf mettait en pièces l'unité de Vlîiade, le remplissent d'un enthousiasme naïf, parce qu'il croit y trouver la confirmation de ses propres vues sur la manière de composer de grands ensembles et la justification esthétique du décousu de son éternel poème. Le Prologue sur le thàHre, écrit comme la Dédicace en 1797, n'a, quoi qu'on en ait pu dire, aucun rapport avec l'action de Faust; c'est un simple hors-d'œuvre, une « poésie de circonstance » inspirée à Gœthe par son expérience de directeur du théâtre de Weiniar, mais qui n'a rien de spécialement utile ici et qui pourrait servir d'introduction

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