‹ FaustChapitre 15 sur 66 · XX PREFACE · texte numérisé non relu

XX PREFACE

trouve répété sous une nouvelle forme. Sî Faust pouvait perdre la noble soif cVidéal, d'absolu, d infini, qui atteste sa nature divine, au point de goûter une satisfaction complète dans quelqu'un des plaisirs de la terre que Méphistophélès lui aura procurés, il cesserait d'être un enfant de Dieu, égaré, mais encore capable de retour, et mériterait de périr absolument corps et came. L'idée est simple, grande, féconde, elle pénètre le drame, elle constitue le fond du caractère de Faust, dont l'inquiétude, loin d'être calmée par l'art diabolique de Méphistophélès, va toujours en s'exaspérant, qui ne jouit nulle part, non pas même auprès de Marguerite, d'une volupté sans amertume, et qui prononce avec mélancolie ces paroles, devise de tous les dégoûtés de ce monde :

Je passe avec ivresse du désir k la jouissance, et a\i sein de la jouissance je reL;relte le désir.

Cependant, on ne saurait prétendre que le pacte de Méphistophélès et de Faust ait la valeur d\\n mobile essentiel, d'un ressort de l'action : car Faust l'oublie et s'oublie lui-même lorsque, dans ks premiers transports de sa passion pour Marguerite, il parle d'un ravissement éternel, d'un bonheur qui l'élève au niveau des dieux; et Méphistophélès, de son côté, oublie de prendre Faust au mot et de s'emparer contre lui de ces paroles imprudentes. Le poète ne paraît pas plus se souvenir du pacte

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