‹ FaustChapitre 16 sur 66 · PR1£1-ACE. XXI · texte numérisé non relu

PR1£1-ACE. XXI

internai que du pari engagé au ciel; l'un et l'autre ne sont plus rappelés par lui qu'une seule fois, à Textréme fin de la seconde partie : il essaye alors de rétablir entre la conclusion et le début de son vaste poème un semblant de correspondance, mais dans l'intervalle il n'y avait pas songé, et voilà pourquoi Gœthe était bien aise de se dérober aux questions indiscrètes, voilà pourquoi on rencontre dans sa conversation et dans ses lettres beaucoup moins d'éclaircissements instructifs sur Faust que de boutades du genre de celle-ci, d'ailleurs charmante et non moins pleine de sens et d'esprit que d'humour :

Les Allemands sont des gens bizarres! Avec leurs pensées profondes, avec les idées qu'ils cherchent et qu'ils introduisent partout, ils se rendent vraiment la vie trop dure. Lh ! ayez donc une fois enfin le courage de vous laisser aller à vos impressions, de vous laisser récréer, de vous laisser émouvoir, de vous laisser élever et de vous laisser instruire, enflammer et encourager pour quelque chose de grand, et ne pensez pas toujours que tout serait perdu si l'on ne pouvait découvrir au fond d'une œuvre quelque idée, quelque pensée abstraite!

Ne croirait-on pas entendre Molière disant par la bouche du défenseur le plus fin et le plus sensé qui fut jamais des principes de la vraie critique : « Laissons-nous aller de bonne foi aux choses qui nous prennent par les entrailles, et ne cherchons point de raisonnements pour nous empêcher d'avoir du plaisir m? 11 faudrait en effet plaindre le lecteur

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