‹ FaustChapitre 19 sur 66 · PREFACE. XXIX · texte numérisé non relu

PREFACE. XXIX

avaît cru, sur le témoignage de Werther, que l'année 1772-1773, où Gœthe aima Charlotte, avait été pour lui une de ces violentes crises morales qui ébranlent trop profondément la pauvre machine humaine pour que, du jour au lendemain, l'équilibre puisse être- rétabli. La publication de la correspondance de Gœthe et de Kcstner en 1854, prouva un premier point : c'est que Gœthe s'était consolé très vite et très complètement. Une publication toute récente, celle des KouveUes littéraires de Frnnc/srt, journal auquel Gœthe collaborait durant sa grande passion pour Charlotte, vient de prouver quelque chose de plus : c'est que le besoin d'une consolation ne s'était jamais fait sentir, Gœthe n'ayant jamais été vraiment désolé. Les articles pleins de pjtillante gaieté et de malice qu'il écrit précisémcr.t alors de la même plume qui racontait le désespoir de Werther, montrent un cœur constamment joyeux, dispos et maître de lui'.

Moins encore que les tourments tragiques de la passion, Gœthe connaissait l'aiguillon amer du remords. Il note Avec satisfaction dans ses Ménicircs, p.nir l'édification morale du lecteur, qu'après ses torts envers Frédérique il s'était senti dans un état l"!us agréable qu'à l'époque « où il n'avait encore

I. \'(;ir sur cette pulilicatioii un piquant article signé Aivo le Hariiie dans la Revue politique et littéraire du 0 .Lcenibre i^JB^,

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