‹ FaustChapitre 23 sur 66 · PREFACE. XXXV · texte numérisé non relu

PREFACE. XXXV

nées essentielles de la légende, faire du diable un être métaphysique suffisamment approprié aux idées de la philosophie moderne en général, du panthéisme de Gœthe en particulier, et lui prêter enfin des traits assez humains, assez individuels pour qu'il pût avoir une physionomie bien vivante et remplir dans le drame un rôle intéressant. Gœthe n'a pas cherché entre ces éléments divers, contradictoires, un accord introuvable ; acceptant de bonne grâce les termes d'un problème qu'il savait insoluble, il a voulu seulement y déployer et y divertir sa verve.

Assurément, il n'y a rien à répondre au critique judicieux qui viendrait nous dire qu'un démon pourvu d'ailes aussi puissantes, de griffes aussi redoutables que Méphistophélès possesseur en outre d'un manteau magique au moyen duquel il peut transporter où bon lui semble sa personne et celle d'autrui, se trouve embarrassé pour peu de chose lorsque, après le meurtre de Valentin, il a peur de la justice criminelle, ou lorsqu'il ne sait comment faire pour tirer Marguerite de sa prison ; mais il y aurait beaucoup de naïveté à se croire ici plus malin que Gœthe, qui a très bien vu la contradiction et ne s'en est pas plus soucié que l'auteur de Garganlua mêlant dans ses fictions gigantesques la réalité au merveilleux sans s'inquiéter de leur harmonie. Comme Rabi.lais, Gœthe, pour le plus grand plaisir des lecteuis

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