‹ FaustChapitre 27 sur 66 · PREFACE. IL · texte numérisé non relu

PREFACE. IL

scellé de sept sceaux. Ce que vous appelez l'esprit des siècles n'est, au fond, que l'esprit de messieurs les auteurs dans lequel les siècles se réfléchissent. Quelle pitié que toute cette écriture ! Le premier coup d'œil suffirait pour vous faire fuir à cent lieues. On dirait un sac à immondices, un vieux garde-meuble, ou, tout au plus, quelqu'une de ces farces de carrefour entrelardées de belles maximes de morale, comme on en met dans la bouche des marionnettes... Oh ! que n'ai-je des ailes pour m'enlever dans les airs ! que n'ai-je en ma possession un manteau magique qui puisse me transporter sur des plages lointaines ! » Non moins niais que l'écolier dont Méphistophélès se moque, Wagner estime qu'il « sait beaucoup de choses », et il espère un jour « tout savoir ». Son cœur, aussi petit que son esprit, est incapable de comprendre le sentiment de malaise qu'éprouve Faust lorsque les paynans lui font une ovation pour les services qu'il leur a rendus à l'heure du fléau meurtrier. Pendant que la vanité de Wagner ne se montre sensible qu'aux applaudissements, pendant qu'il envie à son maître le bonheur d'être appelé grand homme, savant médecin et bienfaiteur, Faust s'accuse de charlatanisme, presque d'assassinat, en songeant à tous ceux que sa demiscience a envoyés dans l'autre monde. La science incomplète, et toute science humaine a des bornes très étroites, n'est à so yeux qu'une forme présomptueuse et téméraire de l'ignorance. « Ce qu'on

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