‹ FaustChapitre 3 sur 66 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

faut avouer que jusqu'ici il n'y a pas grand ouvrage de fait. Ce qui s'oppose au ?'ien, le réel, quelques peines que je me sois données, je n'ai jamais pu l'entamer. Flots, tempêtes, bouleversements, incendies, rien n'y fait ; la terre et la mer rentrent toujours dans l'ordre ! Et cette damnée semence, principe des animaux et des hommes, pas moyen d'avoir prise sur elle ! Combien n'en ai-je pas détruit ! et toujours il circule un sang jeune et nouveau ! » Le mal ainsi compris fait partie intégrante du plan divin; le Malin devient non seulement une créature, mais un serviteur de l'Éternel ; et par le fait, c'est à titre de serviteur — irrévérencieux, il est vrai, et fron deur de l'œuvre divine, — ce n'est point à titre de puissance indépendante ou révoltée, que Gœthe, dans un prologue imité du livre de Job, introduit Méphistophélès en présence du Seigneur.

Père très débonnaire, le Seigneur lui déclare qu'il n'a contre lui aucune haine; au contraire, il n'a pas de collaborateur plus utile :

Le Malin fut toujours très précieux pour moi.

Sous la matière qui l'accable, L'homme risque parfois de perdre tout ressort Et de changer sa vie en un sommeil de mort. J'aime donc à lui voir un compagnon semblable Qui l'excite au combat, l'éveille quand il dort. Et fasse auprès de lui sa besogne de diable.

La gageure que le Seigneur fait avec Méphistophélès et dont Faust est l'enjeu ressemble à ces

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