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I. Farmi les traductions plus récentes il convient de

PRÉFACE. MX

les interprètes. De cette façon, au lieu d'une quantité de traductions recommençant toujours la toile de Pénélope, on n'en aurait qu'une, qui finirait par être bonne.

M. Albert Stapfer a reculé, et nous croyons qu'il a bien fait, devant l'entreprise colossale, vouée à un échec presque certain, de traduire en vers tout le poème de Goethe; mais il a versifié la partie lyrique, chansons, romances, chants d'esprits célestes et d'esprits infernaux, chœurs de sorciers et de sorcières, jugeant avec raison que mettre en prose ce qui exige le rythme aussi impérieusement, et cela sous prétexte de fidélité plus grande à un sens qui est ici d'importance moindre, ce serait manquer à son vrai devoir de traducteur, et, pour l'ombre, lâcher la proie. Il a versifié en outre une scène dramatique, aisément séparable du corps de l'ouvrage, le Prologue dans le ciel, afin de donner aux lecteurs français une idée d'un style qui ne peut être comparé, pour la grâce, la liberté, l'heureux choix des coupes et des tours, qu'à celui de Molière dans Amphitryon.

Quand le Faust de Gœthe, sous son premier costume français, eut fait son apparition dans le monde, le vieux poète adressa au jeune traducteur

mentionner, comme un travail original, exact au fond, et d'une forme parfois assez heureuse, celle de M. Bacharach.

Lx PREFACE.

une gracieuse pièce de vers intitulée : Ein Glcichnlss {Une Similitude), dont M. Albert Stapfer a bien voulu nous communiquer la traduction faite par lui-même :

Dans les champs, l'autre jour, quelques fleurs je cueillis

Et je les apportai, pensif, à mon logis.

Entre mes doigts brûlanls les pauvres fleurs séchécs

Tenaient, dans le chemin, leurs corolles penchées.

Arrivé, je les plonge en un vase plein d'eau.

Quel changement subit ! Voilà que de nouveau

Chaque tête se dresse, et (surprenant prodige!)

Que le vert le plus vit" colore chaque tige.

A mes regards enfin leur aspect devient tel

Qu'on les croirait encor sur le sol maternel.

Ainsi m'arriva-t-il lorsque j'ouïs naguère

Mon poème parler une langue étrangère.

En 1828, M. Albert Stapfer retoucha une première fois sa traduction de Faust, pour une édition grand in-folio, illustrée de dix-sept dessins d'Eugène Delacroix. En io85, soixante-deux ans après la première publication, il vient lui-même de revoir et de corriger une dernière fois avec un soin minutieux l'œuvre de sa jeunesse pour la présente édition^

Paul ST.xrrEu.

I. Cette Préface a précédé l'édition des Grandes publications artistiques publiée en la-iS par la Librairie des Bibliophiles, avec illustrations de Jean-Paul Laurcns.

(Note de l'éditeur.)

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