PREFACE. IX
par de constants efforts, nous pouvons le délivrer. ))
Le drame de Faust considéré dans son ensemble n'est en somme que l'apprentissage de la vie humaine, et l'instruction morale qui s'en dégage est identique au fond à celle dont le roman de JViJheJm Meister donne en ces termes la formule : « Le devoir d'un éducateur n'est pas de préserver les hommes de toute erreur, mais de conduire celui qui erre, et la sagesse de l'éducateur consiste à lui faire vider la coupe de son erreur jusqu'au fond. » Faust désabusé et calmé par l'âge finira par reconnaître la vérité de cette autre parole du Wilhelm Meister : « L'homme ne trouvera jamais le bonheur jusqu'à ce que son aspiration illimitée se pose à elle-même des limites. » Il ne se bornera pas à cultiver son jardin comme Candide, il remplira ses devoirs d'homme et de citoyen, revenant, après de longues erreurs, à son point de départ, à cette sagesse médiocre dont il s'est écarté dans les jeunes transports de son inexpérience, mais qui est tout bonnement la condition de la santé morale, du seul vrai et solide bonheur que l'homme puisse goûter ici-bas.
Ce coup d'œil sur l'ensemble du poème de Faust, cet aperçu de la philosophie de Gœthe, ne prétend assurément pas fournir une explication suffisante d'un ouvrage, qui, de l'aveu de son auteur, visiblement très satisfait d'intriguer la