X PREFACE
postcrité jusqu'à la consommation des siècles, demeure « incommensurable », autrement dit, incompréhensible dans une bonne mesure. On n'a voulu donner ici que le minimum d'exégèse strictement indispensable pour que Faust ne restât pas entre les mains du lecteur comme une apocalypse fermée de sept sceaux. Ce drame, même dans sa première partie, la seule d'ailleurs qu'on lise et dont la critique tienne compte, est le plus chargé de pensée philosophique qui soit jamais sorti de la plume d'un poète. C'est en vain qu'on proteste de n'en vouloii admirer que les beautés proprement dramatiques ; l'imagination ne saurait véritablement s'y plaire sans l'intelligence des idées les plus générales qui ont présidé à sa conception.
Le poème de Fansl est l'œuvre de la vie entière de Gœthe. Commencé ou du moins rêvé presque dès son enfance, s'il est vrai qu'un spectacle de marionnettes représentant la légende populaire du docteur Faust mit de très bonne heure son imagination en branle, il ne fut achevé que peu avant la mort du vieillard plus qu'octogénaire. Un premier fragment fut publié en 1790. L'année 1808 vit paraître la première partie de la tragédie, le vrai Faust, complet par rapport au fragment de ilgn, mais encore fragmentaire par rapport à l'œuvre totale. La seconde partie parut enfin de 1827 à l832. Il est clair que l'unité doit manquer à une