‹ Faustine; drame en cinq actes, en neuf tableauxChapitre 3 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Aper, c'est tout profit, la nuit aidant, de ressembler comme toi à Cassiusl

APER, conslerné.

Anlonius! au nom des dieux!... silence!, ..tu étais donc là?...

ANTONIUS

Mais sans doute, dans l'appartement à côté ; — ne m'avaislu pas donné rendez-vous pour la neuvième heure sur le forum? Tu m'oubliais, sans reproche... je suis venu, j'ai vu, lu as vaincu !... (r.csio d'Apcr.) Il vaut mieux que je me sois trouve là qu'un esclave de la maison, je suppose?

APER, aiïeclant un air dégagé tout en ouvrant le sachet.

Une simple espièglerie!

ANTONIUS

J'entends bien ! (indiquant le sachet.) Fais-moi voir un peu...

APER, lisant avec peine, tandis qu'Anlonius regarde par-dessus son épaule. Epima — Eregbuo — Thésogar — (Se retournant vers Anlonius.)

Entends-tu cela, toi ?

ANTONIUS. , Pas beaucoup! (n tourne et retourne le papyrus.) APER, fermant le sachet et le passant k son cou sous sa luniquo.

C'est un charme d'Egypte, qui garantit des blessures...

ANTONIUS

Oui, — cela sur la poitrine, avec une bonne double cuirasse!... (Èciaiani de rire.) Tu vois bien, moH diguc ami, que la vertu est toujours récompensée!...

APER

Plus un mol là-dessus, je te prie!... je serais vraiment désespéré qu'une misère pareille te fil douter de mon alTection pour

ANTONIUS, avec une gravité comique.

Au contraire...

APER, avec humeur.

Écoute-moi donc, cl daigne un peu me comprendre: — tu ne connais pas Cassius !... (Mouvement d'Anionius.) Tu connais sa valeur, mais son point vulnérable, —son ctMé faible,— c'est la femme!... Sais-tu ce qu'il y avait au fond de cette première révolte qu'il tenta si malheureusement sous le précédent cm-

pereur, et qui lui aurait coûté la vie, si l'on n'avait eu égard aux longs services de sou père?,., il y avait une Cenime!... (lias.) Il y avait Fausline!...

ANTONIUS, hésitant à compreadro.

Fausline ? *

APER

La fille d'Antonin,— aujourd'hui la femme de Marc-Aurèle I ...

ANTONIUS

Tu me raconles-là des choses étranges I

APER

Peu de personnes ont pénétré ce mystère. — Fausline peutêtre, n'en a rien su elle-même; c'était alors une enfant d'une quinzaine d'années tout au plus: — il en était fou, — voila 1 humme !...

ANTONIUS

Mais, aujourd'hui?...

APER, avec force.

Nous ne voulons plus, pour Cassius, de ces rêveries d'amoureux!...

ANTONIUS, souriant.

f El alors. .

APER

^''> Alois, Anlonius, foulant sous mes pieds les pudeurs de com- ^ m'a^xie et les vaines lois des amiliés ordinaires, — comme il nous faut, avant tout, un terrain solide, une impulsion vigoureuse, et que celle Dapliné, avec son amour mêlé de magie, me faisait peur pour Cassius, trop porté, de nature, à ces superblilioMS, — je me suis jeté entre lui et celle femme, comme je n)e jetterais demain s'il le fallait, entre sa poitrine el une épée nue!... Couiprends-lu ?...

ANTONIUS

Mais, un jour ou l'autre, elle saura...

APER, haussant les épaules. •

Lui sauvé, que m'imporle !... Cette femme d'ailleurs n'a jamais parlé de près à Cassius. (Souriant.) C'est une mince aventure, au milieu des événements qui se préparent!...

ANTONIUS

Tu veux parler de l'expcdilion de Germanie ?

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