CHAPITRE IL
La religion est nécessaire à l'homme. Cette nécessité découle de la nature de l'homme, de la notion d'un Dieu créateur. — C'est la religion qui perfectionne l'homme, révèle sa dignité et le dirige dans la voie du bonheur. — La religion est nécessaire à la société; c'est la religion qui imprime à l'autorité un caractère sacré, justifie et ennoblit l'obéissance, donne aux lois tout leur empire, en lerf présentant comme des règles de conscience et en leur donnant une sanction efficace. — Aussi jusqu'alors aucun peuple n'avait séparé la religion de l'Etat. — La religion, nécessaire à l'homme et à la société, doit être non seulement intérieure, mais encore extérieure, publique, surnaturelle.
La religion, cette communion effective entre l'homme et Dieu, entre la créature intelligente et l'infini qui la pénètre de toute part est une loi de la nature humaine, c'est une passion de l'humanité. En vain le paganisme rejeta le viai culte qui condamnait ses penchants pervers ; il multiplia les dieux indéfiniment, parce que l'homme a un besoin insatiable de la Divinité. Il serait donc inutile d'établir que la religion nous est nécessaire,
si, en même temps qu'elle est une passion, elle n'était aussi une vertu. Comme passion, nous l'acceptons ; comme vertu, nous la redoutons. Afin d'éclairer et de fortifier nos convictions sur l'importance de la religion et de montrer combien sont vains et puérils les sophismes formulés contre cette vérité, nous prouverons que la religion est nécessaire, soit à l'homme, soit à la société; nous démontrerons ensuite que cette religion, indispensable à l'huma- , nité, doit être extérieure, publique et surnaturelle. ,