‹ Fautes à corrigerChapitre 6 sur 12 · SI · texte numérisé non relu

SI

On ne rencontre pas unlûllet, une obligation, un engagernônt ; on y fait face, on l'acquitte, on 1« paie, ou y fait honneur.

J'ai lu, je lis cette phrase clans tous les journaux : *• La famille affligée voudra bien accepter l'expression de nos plus sincères condoléances." Cette phrase est incorrecte. Les condoléances étant l'expression, le témoignage extérieur de la part que Ton prend à la douleur d'autrui, ces mets : " l'expression de nos condoléances " équivalent à " l'expression de l'expression de nos regrets."

Dites tout bonnement : acceptez nos condoléances, ou l'expression de nos regrets.

*2tt

La différence qu'il y a entre (l'Uuh et aïfinx est celle-ci : les aïeuls sont le grand-père et la grand'mère : les aïeux sont les ascendants plus éloignés, les ancêtres. On doit écrire hisa'ieuh, trisaïeals, et non hisaïefLC, trisaïeux.

Stuis cj/je, suivi du subjonctif, ne prend ne ni quand la phrase principale est affirmative, ni quand elle est négative. La négation (ne) n'est pas même admise après sans que suivi de ////, aacun, personne, rien, jamais :

Je reçus et je vois le jour L[ue je respire

Saus que père ni mère ait daigné me sourire. [L'ac.)

Elle n'est pas non plus admise, bien que s'ins soit suivi du verbe rraindre (Litivé). Il y a donc une faute dans chacune des phrases suivantes, tirées d'un récit de l'expédition du Nordouest en 1885: "Nos volontaires marchèrent douze heures .sans qu'aucun ne se plaignit." — " A ce moment-là tous se battent comme des lions, sans que personne ne craigne la mort." — " liien ne se faisait saus que le major n'y vit."

On dit aussi sou\'eiit : Avanf que ne. C'est une faute ; mais il faut avouer qu'un grand nombre d'écrivains français eu ^"ue s en rendent coupables de nos jours.

Le petit nombre de personnes cjui savent écrire qadqae dans toutes ses modifications ferait croire que sa syntaxe est fort difficile : c'est cependant le pont aux ânes, grâce aux simples règles que voici : —

1 Suivi d'un verbe, quelque .s'écrit en deux mots et qad s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte : quels que soient ses moyens : quelle que fût sa fortune, etc.

'2' Suivi d'un nom, il s'écrit en un seul mot et s'accorde en nombre avec le nom : nous ne vîmes que quelques personnes: quelques avis qu'on lui donnât, etc.

3^ Suivi dun adjectif qui est lui-même iîiimédiatement suivi de que, il est invariable : quelque difficiles que soient ces questions; quelque pressée que vous soyez, etc. Si l'adjectif n'est pas immédiatement suivi de que, quelque est regardé comme adjectif, et s'accorde en nombre avec le nom : quelques grands honnnes que possèdent les autres nations, la France, sous ce rapport, n'a rien à leur envier.

C'est une faute d'écrire ; " Nous paierons no.«; ejiiployés les vendredis soir-s ou les samedis niatinfi, à leur choix." Soir et matin, en ce cas, ne prennent point la marque du pluriel. 0\\ doit les écrire couime si l'on disait les vendredis au soir ou les samedis au matin. Cette dernière formule est, du reste, considérée comme la plus correcte.

Je ne vois pas poni-quoi l'on ne pourrait dire subir y/Il refus, puisque l'on peut subir " le coup d'un destin rigoureux " (Corneille) ; " une mascarade " (D'Alembert) ; " un jugement solennel " (Barthélémy) ; la question, un interrogatoire, un examen, une épreuve, une réforme, des variétés, des changements, etc. Cependant Voltaii-e dit : " Vous serez révolté de voir subir des refus, parce qu'on essuyé un refus, et qu'on subit une peine ; subir un refus est un barbarisme ; " — et Littré le cite sans commentaire.

Nuance entre odorard et odoriféra td : tout objet qui exhale une odeur quelconque — bonnes indifie l'ente ou mau\'aise — est odorant : odoriférant ne se dit que de celui qui exhale une bonne odeur. Mais les meilleurs poètes semblent employer les deux mots indifierenunent, en vers.

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Ce sont surtout les avocats et les voyageurs du commerce qui font de ces phrases : " Je crois avoir satisfad le tribunal que mon client a rempli ses obligations" : "je suis satisfait quil ne peut vendre sa marchandise à ce prix-là." Au lieu de satisfait, il îaudràit pef-mi a dé, couva litcu, prouvé à, fait voira. Un grand journal quotidien de Montréal ne disait-il pas, en faisant une rétractation : " Les défendeurs ont satisfait le demandeur qu'ils avaient agi de bonne foi."

Sus à l'anglicisme !

Si vous voulez parler de ^Fontréal en tant (pie territoire administré par des officiers municipaux, dites la municipalité de Montréal.

Si \'ous entendez parler du corps des officiers (jui l'administrent, dites le conseil municipal, ou le conseil de ville, ou la numicipalité.

Si vous voulez désigner l'édiii.ce où se tient l'administration municipale, dites la municipalité, ou la mairie, ou l'hôtel de ville.

Dans aucun de ces cas ne dites la corporation.

Evéque et és^éché prennent l'accent aigu sur le premier e ; archevêque et archevêché ne le prennent pas. Diocèse et diocésain sont français : archidiocésain l'est aussi, mais archidiocèse ne l'est pas. Ce sont là caprices de jolie langue, soit ! mais il faut les connaître et s'y soumettre.

Plusieurs écrivent : j'ai reçu un à compte, des à comptes, ou bien un à-conipte, des à-comptes, sur sa dette. D'autres écrivent un accompte, des accornptes. Ils se trompent tous. Il faut : j'ai reçu un acompte, des acomptes ; ou bien, adverbialement, j'ai reçu tant à compte de sa dette.

En France, «juand il s'agit de la nournture et du logement, pension a deux sens : le prix que l'on paie, l'endroit où l'on mange et couche. Il les a également parmi nous, mais nous lui en donnons un troisième, inconnu là-bas, du moins dans les dictionnaires, et qui se rapporte à la chose elle-même, à la qualité de la nourriture et du logement : A-t-on une boun<' pension à rhôtel Richelieu ? La pension est mauvaise dans les auberges.

On ne dit pas en France, comme ici, maison de pension, mais simplement pension. J'aurais

donc fait un cana<lianisme en disant, dans Coa/js d'œil et conpx de plume, (]uo PapineauvilJe possède plusienrs '" maisons de pension."

Nous employons encore le verbe pensionner eonjme verbe neutre, dans le sens de manger et coucher dans une pension : j(^ pensionne chez Mme N : — tandis cpie le dictionnaire le donne uniquement connue verl)e actif signifiant faire une pension, des rentes, à quel<prun.

Au mot corniste, Littré dit : " C'est la règle de terminer en Iste le nom des instrumentistes. Tl a sans doute raison, mais les exceptions sont nombreuses. On dit un c(jr, un tand:tour, une tambourine, un trombone, une clarinette, un basson, un trompette, etc, pour celui (]ui joue ces instruments. Devons-nous dire un ejjvnet ou un covnétiste ? Le premier terme est dans le dictionnaire, non le second, (pie j'ai lu dans un de nos journaux ; s'il y a raison de l'y mettre, il me semble qu'il faudrait l'écrire covnettwtt.

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