‹ Fautes à corrigerChapitre 7 sur 12 · LS · texte numérisé non relu

LS

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Complétion n'est pas français. Nous l'employons tous les jours cependant : Ces travaux seront poussés jusqu'à complétion, jusqu'à leur complétion : la complétion cVun arrangement, d'un marché, etc. Il faut dire le complet emeyif (avec l'accent aigu), ou l'achèvement, la perfection : Cet édihce approche de sa perfection.

Etre inaladif, c'est être sujet à de fréquentes maladies. C'est un état passif. Une température variable, comme celle de l'hiver dernier, peut engendrer des maladies, mais elle ne saurait en avoir : il est donc mal d'écrire : " nous avons un temps maladif."

Au cours d'une polémique assez vive entre deux journalistes fort en vue, l'un d'eux a em-

ployé le verbe se revenger à deux ou trois reprises. Ce verbe n'est pas français. Notre langue dit seulement, se venger, se rêva neher et prevdre sa revanche.

Abstenez-vous dédire que la loi, le règlement, la. fabrique, le chemin de fer, la banque, la compagnie d'assurance, la mine, la scierie, etc, sont en opération. En opération n'est français en aucun cas : la loi est en vigueur : la fabrique travaille ; le chemin de fer marche, fait le service ; la banque, la compagnie d'assurance, commence, continue ses opérations ; la scierie fonctionne ; la mine est exploitée, etc. Bref, il y a vingt manières de remplacer " être en opération,' et le verbe fonctionner est celui que l'on peut y employer le plus souvent.

Pour qu'une femme soit veuve, il faut que son mari soit mort, n'est-ce pas ^ Ce mari moi-t

devient le feu X. ou le défunt X. De même (^u'on ne pourrait dire de sa femme qu'elle est la veu\e du défunt N., de même on ne saurait l'appeler la vm^ de feu. N. sans pléonasme. C'est cependant ce qu'on voit tous les jours dans tous les journaux.

J"ai consulté au sujet de cette expression deux amis, deux autorités en matière de langue. L'un d'eux la* trouve un peu redondante, mais pas plus pléonastique que descendre en bas, marcher d'un pas alerte, etc. L'autre la condamne, et dit qu'on ne peut l'employer (pie dans le style burlesque.

La cfih'de étant "' les menées secrètes de gens qui s'entendent pour un même dessein," et le verbe cahaler étant neutre, on a tort de dire : l-» un tel a cabale X : 2" X a été cabale par un tel : car 1" un seul homme ne peut faire la cabale: 2'* un verbe neutre n'a pas de passif. Ceux que nous nommons ici des cahcdears ne sont (jue des meneurs électoraux, des meneurs d'élection ; ce sont les gens f[ui vont de porte en porte faire

rie la propagande. Les cabaleurs seraient plutôt les membres de tout comité qui dirige la bataille électorale, — car eux seuls s'entendent et déterminent les menées secrètes auxqr.elles on recourra.

Caution et c(tiiiionn<'ineiit ne sont pas la même chose.

La caution est la personne qui donne ou fournit le cautionnement ; le cautionnement est la garantie ainsi donnée ou fournie.

Caution e.st féminin : on ne doit donc pas dire, comme trop de gens le font en ce pays, un caution, mon caution a été accepté.

L^n juge, un avocat, a tort de demander à un témoin de quelle réputation jioim.sevi^ les parties les intéressés. Dans le cas ou la réputation .serait mauvaise, il est évident que le mot jouir ne pourrait entrer ni explicitement ni im))Hcite

loent dans la réponse du témoin, car on ne jouit pas d'une mauvaise réputation. La question devrait être ainsi formulée : N. jouit-il d'une bonne réputation ? ou bien : Quelle est la réputation de X; ?

La même règle s'applique k la santé.

Un journal mentionnait il y a quelque temps le nom d'une charmante actrice, des Bouffe-^ parisieii lies, disait-il d'abord, des Bouf es françaises, disait-il en second lieu. Bouffes est masculin.

Vu journal sérieux raconte un miracle. Une paralytique a été guérie au sanctuaire de Sainte- Anne de Beaupré ; elle laisse ses béquilles ftiupieds de la baUiisf rc.

Il y a trois fautes dans les mots en itali(jUes : 1'^ balustre est masculin : 2»^ il ne s'écrit qu'avec une l ; 3'^ il fallait au pied, qui signifie au bas : aux pi^ds ne s'emploie que pour les personnes.

Je lis dans un journal ; ' . . . mnlgré que voH.<i refusiez de lui laisser voir vos prétendus documents."'

Pour faire voir qu'il y a là une faute, je n'ai (]u'à citer la grammaire.

Malgré que n'est usité qu'a\'ec le verbe avoir ^ de cette façon : " malgré que j'en aie," " malgré qu'il en eût/' en dépit de moi, en dépit de lui. Quand, malgré que j'en aie, amour me le découvre (Régnier). Ah ? malgré que j'en aie, il (ce nom) me vient à la bouche (Molière). Il faut se divertir, mrJgré qu'on en ait (SÉVIGXÉ). Malgré qu'ils en eussent (Bossuet). On prend, malgré qu'on en ait, un rôle dans tes ouvrages (Diderot).

Le mot plaisant ne s'emploie plus guère dans son ancien sens d'agréable : on s'en sert presque exclusivement aujourd'hui cians le sens de drôle,

«lo ridicule. C'est })()urquoi le journal français «rOttawa n'aurait pas dû dire : " Un «les événements les plus plaisants de la grande convention «le Toi*<:)nto a été la présence des trois ministre;» canadiens-français.

Que l'on n'écrix e donc plus, que l'on ne prononce donc plus iiJléf/éoncr-. On doit écrire allégeance, car il n'y a pas d'accent sur le deuxième ^-. et l'on doit prononcer njlp'in m-f.

Si vous voulez pouvoir dire avec Fréchette :

.T'amasse un pécule et de ma paroi.sse J'aspire à l'honueur d'être rnarduiVicr ;

— ou s'il vous prend envie de rire du gros casque de ce dignitaire, sachez d'abord écrire son titre correctement. Il y a deux / dans ce mot-là, l'un avant la première /, l'autre après la seconde. Les journaux souvent omettent le dernier.

Cette pièce de vaisselle d'argent que ]"on mot sûr la table et que l'on appelle au Canada une épergroe est un surtout, un surtout de table Epergne est un mot anglais.

Je prie les avocats — et les journalistes qui racontent leurs exploits — de ne pas écrire une action en dommage, mais en domma.ges, ou en do'mrnageiî'intéréfs. Il fa,ut le pluriel.

Voici le comble de l'anglicisme: 'Il y a vne belle onvi'iUire (a fine opening) pour un jeune homme actif* à tel endroit." On doit din' : une belle occasion s'offre, il y a une bonne chance dr réussite pour un jeune homme, etc.

Le verbe apparoir ne s'emploie qu'à l'infinitif et à la troisième personne de Findicatif présent ; il o.pperf.

Ex : Il fera apparoir cU son droit ; il appert par un jugement que, etc ; ainsi qu'il appert *?/r votre extrait de baptême, etc. Les dictionnaires ne donnent pas : ainsi qu'il appert à l'acte, av contrat, comme disent nos avocats.

Nos journaux écrivent souvent : feue madame y., et c'est une faute. Voici, d'après la grammaire, comment se fait l'accord de cet adjectif : feu s accorde avec son sub.stantif quand il suit l'article {Is. feue reine); il reste invariable quand il le précède (pui la reine, fea ma mère), ou devant madame (feu madaiiit- X.). ou devant un nom propre (feu Mari^uerite).

L'Académie refu.se un pluriel k feu : Littré est d'avis ct»utraire : en ce cas, le pluriel s<n'ait feus, feues.

Littré fait cette autre distinction : on dit feu la reine, s'il n'y a pas de reine vivante, et la feue reine si une autre l'a remplacée.

"Il va DiariHi' une iille riche," "elle a marié un bon garçon," — faute très fréquente, anglicisme pur.

Un prêtre, nn parent, un ami, un tuteur marie un homme à ou avec une femme et vice \ersa. Mais quand on fait un mariage pour son compte personnel, on épouse quelqu'un, ou l'on •sr marie à ou avec quelqu'un.

N. a marié sa tille, c'est-à-dire lui a trouvé un mari. N. a épousé mademoiselle Z, ou s'est marié à mademoiselle Z, c'est-à-dire l'a prise pour femme.

L'employé qui transmet les dépêches télégraphiques est un ou une télégraphiste, et non un opérateur ou une opératrice de télégropjhe, comme

l'on dit coniinuiiémeiit ici. Télégraphiste a l'avantage d'être franeais et moins long à dir« comme à écrire.

Rien de plus fréquent que chimie avant heure, rien aussi de plus inexact. La règle qui gouverne ce mot est pourtant 1 )ien simple. Dern i placé devant un substantif est invariable : un» demi-douzaine, des demi-douzaines ; placé après, il s'accorde en genre : une douzaine et demie, un pied et demi. Il faut donc écrire une demiheure, une heure et demie. Demi ne prend pas la marque du pluriel : des demi-savants, des demi-aunes ; deux ans et demi, deux aunes et demie.

On ne met pas de trait d'union après l'adverbe à demi qui précède un adjectif : à demi mort, à demi fait. On met un trait d'union après dsmi quand il précède un substantif ou un adjectif: demi- vengeance, demi-savant.

La chaudière d'une machine à vapeur se nomme un hou/Uleur. Un journal a donc eu tort d'écrire : " On a fait avant-hier, à Sorel, l'essai du vapeur Québec, muni de ses nouvelles bouilloires." On trouve cette faute partout, même dans une ]iièce de Crémazie.

La houilloitr ou la bouillotte est un vaisseau de métal destiné à faire bouillir de ]'eau, et particulièrement un vase en forme de cafetière tju'on met devant le feu.

On a tort d'employer les mots canard et bombe pour la désigner.

Au lieu de mon mofto (mot anglais), dites ma devii^e.

En soirée, ne passez pas des niottos aux dames, mais des devises de bonbons, des bonbons à devise j ou simplement des devises.

Que de fois n'entendez-vous pas dire, que de fois n'avez-vous pas dit vous-même : " Y a-t-il des cochers sur le .'<taiid f Je vais chercher une voiture sur la stand. Le stand est désert."

Le mot français est place.

On dit une voiture de place. Place de fiacres, de cabriolets, endroit où stationnent les voitures à Tusao'e du inil)lic.

OO

Votre cordonnier, \otre tailleur parleront des réparages qu'ils ont faits à vos chaussures, à vos hardes. D'après Littré, le réparage est, dans lebeaux-arts, l'action de réparer, de déguiser les défauts d'un ouvrage qui sort du moule, de réparer ou d'achever un ouvrage ébauché ; dans l'industrie, c'est l'action de donner avec les forces une deuxième coupe au drap, ou c'est la façon que les cardeurs donnent aux étoffes avec le chardon.

On ne fait pas de répamges dans l'habillement, la cordonnerie, la menuiserie, la charpente, la maçonnerie, etc., mais des répr/rations.

On entend souvent :

" Je ne sais où cette histoire a origine " ; " c'est toi qui as origine cette calomnie."

N'employez origine)' sous aucune forme. . . . et sous aucun prétexte, car il n'est pas français

La poursuite, l'action, la demande d'un tel a été déboutée. Faute générale, surtout au barreau. On doit dii-e : un tel a été débouté de sa ])oursuite, etc.

Si je pouvais corriger un journaliste et cinq avocats, ma journée ne serait pas perdue.

Article éditoricd est un ansrlicisme cru. Disons article de fond, de tête, de la rédaction, premier- Montréal, premier-Québec.

C'est à l'époque des vacances, que vous dites le plus souvent, madame : Ma fille a grarJué: la. fille du voisin r/raduera Tannée prochaine

Permettez-moi de vous signiak-r cette faute en la corrigeant.

Il faudrait dire : Ma fille o été (ji-ad néo ou sffif fait (irdd'oev.

De même pour les élèves des facultés de théologie, de droit, de médecine, de sciences et de lettres. La faculté les gradw\ ou ils se font (fradficr. ou \\<, prcnneid levr^ dff/rés.

Positif, à 'positif de, sont des fiiiglicisines d'un emploi continuel. Il est 'positif k dire cela; il dit la vérité, j'en suis 'positif: voilà des phrases qui ne sont pas françaises. Il faudrait : Il dit cela d'une manière positive, formelle ; il dit la vérité, j'en suis sûr, certain.

Anglicisme à extirper : rappeler une loi (to repeal a law) Il faut rapporter : cette loi a été rapportée, il est nécessaire de rapporter ce règlement. On peut aussi employer les verbes abroger, annuler, abolir,— mais jamais rappeler.

Non seulement le gros public, mais la presse confond Vhuile de castor, huile animale et antispasmodique tirée de certaines glandes placées sous la peau de ral)domen du castor, avec l huile

de ricin, huile vogétale et piivc^ative. Ce que presque tous iionimtjiit huile de castor, et les xVn-'lais ca^tn/' oil, n'est que l'huile de ricin.

Si vous aimez quelqu'un, prouvez-le lui en prenant son iiorti, ce dont il vous saura gré, mais non sa parf, car il pourrait vous montrer îe.s dents. Je vous crois honnête : laissez à chacun ce qui lui appartient.

On ne doit pas mettre de négation entre la locution prépositive faute de et un verbe. Ainsi le journaliste qui disait que ses adversaires étaient revenus 1 oreille basse d'une assemblée *' faute de ri avoir -^w se faire entendre, " s'est trompé. Il pourra se consoler en songeant qu'il n'est pas seul coupable de cette faute et ... en se corrigeant

RoLert E.sticnne,au XVIe siècle, écrivait "par le conseil du pilot." La plupart de nos compatriotes sont encore de cette époque, car ils disent plus souvent -j^Hot que pilote. J'ai même lu une communication sur les j)Uots dans un journal de Montréal (nov. ou déc. 1887). Il ne-*serait pas mal de nous moderniser et d'en revenir à pilote.

Un barbarisme atroce qui nous vient de l'ang'iai.-^ : pilote brave ké (branched pilot). Il faut dire pilote cora'niisëionné, ou mieux pilote lamancur.

Moi pour un ! Pour l'amour de la France, ne vous servez jamais de cette atroce expression. Dites : pour moi, quant à moi, en ce qui me regarde, en tant que j'y suis concerné, etc. C'est surtout dans les assemblées parlementaires que fleurit le moi pour un.

Si, en parlant d'un lion une ou d'une chose déjà nommé, vous employez les termes du pratique ledit, ladite, rnondit, nofidits, susdit, etc., ne manquez pas d'éci-ire la locution en un seul mot. Ne faites pas comme les avocats et les notaires, lesquels écrivent invariai 'lement du dit sieur, la dite iiiaisori, etc.

Absolument parlant, le mot exJ( ihition appliqué aux concours agricoles, artistitpies, etc., n'est pas une faute, mais en France on emploie le mot ej'ixjsitinii de préférence.

Le mot concours pourrait aussi se dire à propos, en remplacement des deux précédents.

On dit surtout i:-oniices agricoles pour les expositions locales.

La charrette étant une voiture à deux roues, avec deux ridelles et deux limons, et le charretier étant celui ou celle qui conduit une charrette, il est évident qu'on a tort de confondre le charretier avec le cocher, lequel est le conducteur d'un coche, d'un carrosse, d'un cabriolet.

On avouera (jue cette faute est presque générale.

Ainsi, (^uand vous vous ferez conduire en voiture de place ou eu voiture de maître, dites : cocher, telle rue, tel numéro.

Vote a r n'est pas français. Il faut dire électeur OM votant. Electeur s'entend de celui (pli a le droit de voter, votant de celui c(ui vote.

Il y a tant d'électeurs dans telle circonscription électorale ; il y a eu. tant de votants à telle élection.

Les clubs de raquettes s'amusent souvent à herner leurs invités, leurs officiers, leurs amis. En soi, la chose est assez agréable pour chacun, mais ce qui est désagréable, c'est de l'entendre exprimer par cet anglicisme ou plutôt ce barbarisme : boancer. 8i les présidents des clubs s'entendaient pour dire berner, ce mot passerait bientôt dans le langage.

Cette phrase est incorrecte : Chacun s'accorde à dire. Il faudrait : tout le monde s'accorde à dire, chacun est prêt à dire, ou ({uehiue autre tournure équivalente. On comprendra facilement qu'un honnne seul (chacun) ne i)eut s'accorder à dire une chose : il faut être plusieurs pour cela.

Le voyageur qui laisse ses colis, ses malles, à la gare du chemin de fer ne doit pas dire qu'ils sont dans la rhamhi'<' du hagar/e, encore moins dans la haggage-njoni, mais qu'ils sont fii coiisif/ne, n hi ('<niKi<iar.

Au lieu de lettre eiwcgistrée, dites toujours lettre eh(ir(jé('. " Charger une lettre, un paquet, dit le dictionnaire, faire constater sur les registres de la poste l'envoi d'une lettre, d'un paquet." Le charo-ement est l'action de faire constater l'envoi. On emploie même ce mot pour la lettre, 1« paquet : j'ai un chargement à la poste.

Pour l'amour de Dieu, ne dites plus moulin à coudre, mais machine à coudre. Il y a des moulins à vent, à eau, à vapeur ; ces termes n'indi-

quent (^ue la puissance motrice. Mais couinie la couture n'est pas une puissance motrice, et comme un moulin a pour objet de moudre, de broyer, on voudra bien ne plus moudre de couture. Les journaux devraient extirper cette faute de leurs annonces.

Tous les oT)uvernements à tour de r«Me sont accusés de faire élire leurs créatures avec les dons en argent des entrepreneurs publics, que les journaux nomment toujours controcteurs. Ce mot n'est pas français. Ceux (jui s'engagent par contrat sont des contractants. L'entreprise qui leur est adjugée, dont ils se chargent par contrat, n'est toujours qu'une entreprise, jamais un contrat.

Celui que l'on appelle au Canada un sous-contracteur est un sous-entrepreneur, un tâcheron.

.L'Anglais qui dit : " to argue a. case, a ques^tion, a matter," s'exprime correctement ; mais le Fran-

çais qui dit arguer u/nr caïuir, une question, se trompe. Arguer signifie ou contredire, accuser, ou tirer une conséquence. L'avocat doit donc dire : j'ai plaidé ma cause, développé mes moyens, discuté la question, fait valoir mes arguments, etc.

On nargicrueitte pas non plus une cause.

On a pu lire dans plusieurs journaux l'hiver dernier (jue "la l'ibrairie du parlement provincial contient 30,178 volumes." La différence entre librairie et hihlioiJièque est assez élémentaire et assez connue pour que les apprentisjournalistes qui l'ont ignorée soient inexcusables.

Quelle est la gazette où l'on ne lise pas géoli^r ou geôlier. La véritable orthographe ne permet pas d'accent sur Ve, et elle exige un accent circonflexe sur Vo. Le n^ot s'écrit donc geôlier et

se prononce ;yo//^'/\

Appelez votre garçon comme vous l'entendrez, René même, si vous avez un penchant à la rêvasserie, ou de la sympathie pour le maladif personnage que Chateaubriand a peint ; mais dans ce cas écrivez et prononcez René, sans accent sur la première syllabe.

Ecrivez protoitutaire, et non prothu notaire, comme le font tant d'avocats. L'A ne doit se trouver que dans le mot anglais prothonoUtry.

Dti, participe passé du verbe devoir, prend l'accent circonflexe au singulier masculin seulement : argent dû. Le féminin et le pluriel s'en passent : une récompense due, les honneurs <ius. les sommes dues. On loublie 8(^)Uvt:'nt.

La plupart du temps, quand on dit un dim^tory, on ne se demande seulement pas s'il existe un mot français correspondant. Ceux qui se le demandent et disent un directoire font une faute. Disons l'almanach des adresses, ou, ce qui vaut mieux, le hottln, du nom de celui qui le publie à Paris.

On demande que, cm ne demande pas <:« ce que. Les avocats n'y font pas suffisamment attention. Il n'est pas rare de les entendre demander au tribunal à ce qit.e k^urs clients soient admis à caution, et de voir les journaux répéter la faute.

Exercice, danse, licence, voilà trois mots que je vois bien souvent écrits à l'anglaise : exercise, dance, licence. Un peu d'attention, s'il vous plaît ! i

Laissons les Anglais dire flic pscal ycfir, mais ne traduisons pas littéralement par Vannée fiscale. Disons, comme en France, !'(» n née financière. Avec ce dernier terme on embrasse non seulement les opéx'ations du fisc, mais toutes les opérations d'une année en matière de finances publiques.

" Sa nomination est. gazeftée," cela se dit tous les jours, mais n'est pas français. Le verl)e (jazefif'r passera-t-il dans la langue ? je l'espère. En attendant nous dirons : sa nomination a paru dans la Gazette, comme on dit en France : a paru à l'Officiel : comme on disait sous l'Empire : a paru au Moniteur.

On entend souvent dire : Voilà une église dévotieuse, dévote, une chapelle pieuse, religieuse.

(a" n'est pas t'ra lirais. Il faut dire Tiiie église, une eliapelle ijui porte à la prière, (|ui inspire la dévotion, la relioion, la piété.

Vous parlez d'un saint, éci'ivez eomnie ceci : saint Augustin, sainte Barbe : vous pîirlez de sa f '4e, écrivez la Saint- Jean (avec la double majuscule et le trait «ruiûon,) la Sainte-Véronique ; vous parlez d'un monument, d'une bjcalité, écrivez l'église Saint-Germain, la rue Saint-Pierre, la ville de Saint-Hyacinthe.

Ecrivez de même le fleuve Saint-Laure^it, le mont Saint-Bernard, ^[. Louis Saint-Denis.

C'est une faut!' d'écrire f'///y''fnr//r^s' : il faut oïiiro (I titres. Voici la règle que pose Littré :

"JJc tinal de r^/z/yv^ s'élide dans les composés de ce mot : entr'acte, s'entr'aider, etc., mais dans tous les autres cas on n'emploie pas l'apostrophe : entre eux, entre tdles, entre autres, entre onze heures et midi."

Boîtf avec fnïioiii.^ est un terme riussi ridicule (ju'inipropre. Coniine K-ûjours nous l'avons pris aux Anglais: ^irifi.tos hox. Notre langue est donc bien pauvre ! Pourtant les Français rendent la n. ^iiie idée tjue nous en disant h\ barre, la harr>'. dv fr'nninah Le témoin y comparaît à la barre, tout connne à la barre de la chambre comparaissent témoins, pétitionnaires, accusés.

On ne doit pas non plus dire la huite aux accavéyi, encore moins la hoîte aux coupahles^ mais le ha ne des accusés, des p rêve n as.

En anglais, on écrit avec le jfJi les mots sidjjJiuric, i^idphate, sidphite et les autres dérivés de salpliur (soufî*e). En français, on doit écrire salfuriqae, snlfafo, <salfite, etc. Beaucoup plus de personnes qu'un ne pense se trompent sur ce point.

Madame part pour le bal et vent boutonner ses gants ; elle demande à sa femme de cliii ibre le crochef. Madame ferait mieux de dire le tirehouton^.

En temps d'épidémie, les méd(M"ins et les hygiénistes recommandent l'emploi des désinfectants, dont l'un des plus efficaces est Ih chlorwre de chaux. Que de gens demandent à tort d:.'ly. chlorure à leur pharmacien 1

lOO

Un journal annonce que " les camarades du généra] B. lui ont présenté une insigne de la légion d'honneur," et que "cette insigne est faite de diamants." Connue d'autres journaux partagent son erreur et font insigne du féminin, je tiens à les détromper.

Je mets les journalistes en garde contre la confusion des ternies pilier et pile. Le pilier est tout massif qui sert à soutenir (|uel(]ue partie d'un éditice ha pile iist le massif de mac/onnerie ([ui soutient les arclies d'un pont. JLa distinction est assez facile à faire pour (ju'on ne soit }:as justifiai )le de la néoliM-er.

I Oïl

Pour([Uoi nos journaux ne perdent-ils jamais, au o-rand jamais, roccasion de se s<'rvir du mot nojj(((le dans un sens qu'il n'a pas ^. Noyade signifie l'action de noyer inie ou plusieurs personnes, et non pas je fait de se noyer; Le supplice de la noyade a longtemps existé : on connaît les noyndes de Nantes commandées par le cou venti( )nnel Carrier.

Puis((ue noyade exprime le fait d'être noyc* par d'autres, et non de se noyer volontairement ou accidentellement, ([Uel e-^t. dira-t-on, le n)ot qui le remplace ' Il n'y en a pas. En attendaiit

qu'on en crée im, ou que l'on étende le sens de noyade, mettons noyé en tête des faits divers qui relatent cet accident.

Gardez- vous d'écrire que les débats au sénat sont l((nijonveax ; ils peuvent être langai^savt^, ce qui ne surprendrait personne, mais soyez sûr qu'ils ne tournent jamais à l'amour.

L'Anglais ni^mme sluitim/ ri ni- nn endroit spécialement entretenu pour les tins de patinage. Le Français lui emprunte son mot, et le défigure en le prononçant. Nos journaux disent rond (\ jK(fiûer ou /xwillon <lf.spafiiieiirs^ quand souvent l'endroit est carré ou n'est pas abrité par un pavillon. J'ai proposé j>afinorr, il y a plusieurs années, et l'expression fait son chemin. Elle a toutes les allures d'un terme bien français, sans présenter aucune des objections (jue l'on peut otlrii' aux autres,

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