‹ Fautes à corrigerChapitre 8 sur 12 · IO · texte numérisé non relu

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Etant donnés la liberté* le franc jeu dont nous jouissons sous nos institutions municipales et judiciaires, nous ne pouvons dire avec vérité : on a commencé l'enquête ntnfre le corps de police, (■(Hêtre tel accusé. Il faut sur, au sujet de. etc.

Les Anglais écrivent les noms de jour et de mois avec une majuscule : Monday, Friday, April, Xovember, etc. En français, on doit écrire lundi, vendredi, avril, novembre, et<:-. ; c'est ce ijue l'on est loin de faire toujours.

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Il y a un mot dont Tu-Scige est si fréquent que je ne comprends pas que des joui-nalistes ignorent son genre : c'est le mot atnioajjJière. Nous disons ou entendons dire tous

les jours 4110 l'atmosphère est bas, posant, vicié, tandis «pi'il fainliait mettre ces a<.ljectifs a\i féminin.

On m'a demandé quelle dittérence il y a entre piifroïniPi- et /xiffonis^u', et si l'un doit dire qu'une cjeuvre de bienfaisance est patronnée ou patronisée par les plus hautes dames de la capitale. J'ai répondu ([u'il faut seul employer le premier de ces termes, le second n'étant pas français.

Un journal annonce que " le chemin de fer intercolonial vient de s'enrichir de trois engins." Le mot anglais oujlne peut certainement se traduire par Pin/in ; mais quand il s'agit des chemins de fer ofn dit locunujfive.

Le mot patriotique ne s'applique qu'aux choses : un don, une vertu, une récompense patriotique. On doit dire un homme, une femme 'patriote. L'écrivain qui a dit de M. Papineau : " le plus patriotique de nos hommes d'Etat," a péché contre la langue.

On a l'habitude, quand on cite des phrases latines renfermant des mots de la première déclinaison k l'ablatif singulier, de mettre un accent circonflexe sur Va. final. Exemples : vice versa : Dei gratiâ : ex cathedra : in memoriâ asternâ ; >:)onâ tide ; in forma pauperis, etc. Littré dit : " Cet accent est inutile ; c'est une invention des grammairiens modernes pour distinguer l'ablatif latin, laquelle ne mérite pas d'être conservée."

Vous ne pouvez mettre vliaqup. à la fin d'une phrase ; il faut cJuteun. C'est donc une faute de dire : ces livres me coûtent un dollar chaque ; on doit dire : un dollar chacun ; ces pommes se vendent un centin chacune.

" Je l'ai par If belle " est incorrect : la véritable locution est je l'ai paré ou parée belle.

Le parlement local, la chambre locale, le gouvernement local, la léofislation locale, — autant d'incorrections. Remplacez local par provincial dans tous ces cas et les cas similaires.

Bien qu'à la i-ioueur on ])uisse <lire un vieii;f cetera I), — car il y a des vétérans qui sont jeunes et d'autres vieux, — il vaut mieux s'en abstenir à cause du pléonasme. L'idée (jui s'attache à vétéran est celle de vieilli dans les luttes : or vieux ajouté à vieilli sonne mal à l'esprit.

On lit tous les jours: "Le président de l'assemblée infrodni'iif M. X.'' Il faut dire, s'il s'agit d'un conférencier, de quelqu'un (jui doit prendre part à la réunion, qu'il a été présenté. On introduit (quelqu'un dans une assend)iée (juan<l <jn lui en procure l'entrée.

Coml^ien de fois n'entendons-nous pas dire dans nos meilleurs salons : " Venez que je vous introduise à mademoiselle X " ; " Il me l'a introduit chez M. X." Débarrassons-nous sans tarder de cet anolicisme mal sonnant.

L'usage a voulu que les noms et adjectifs terminés en <( nf et evt perdissent le t au pluriel : des enfans charmans, des parens indigens ; on n'exceptait que les monosyllabes : gants, vents, dents, lents. L'Académie conserve le f à tous ces mots, et tous les écrivains aujourd'hui t'ont comme elle ; je ne connais guère que la Ref'ue des Deux-Monrles ([ui persiste à le supprimer.

As.'if' rmerifrr : faire prêter sennent, en parlant des personnes auxquelles on confère des offices pul)lics. Assermenter un fonctionnaire. Ce verbe Uh' s'emploie qu'en parlant des personnes, jamais des choses. C'est donc une faute, et fort commune, d'écrire une déposition assermentée, assermenter un témbignage, une plainte, assermentée, etc. Dites .so/./s^ serment.

A roccasion d'un récent vol de bijoux, plusieurs journaux ont dit que les voleurs avaient pénétré dans le magasin du bijoutier " par le rasisfas placé au-dessus de la porte. ' Ils ont évidemment confondu le vasistas avec Vimposte. Le vasistas est ce carreau mobile d'une croisée ou d'une porte que l'on ouvre pour voir ce qui se passe, pour parler à quelqu'un ou pour les besoins de la ventilation. L'imposte, au contraire, est ce carreau vitré, fixe, qui surmonte la partie mobile de la porte ou de la croisée, et qui a pour objet de donner plus de lumière à la pièce.

Nous avons le verbe monopoliser, et le substantif ïiu)intp(>U'ar, mais non mon()pol%*feur, encore moins inoiu^polisateor. J'ai cependant lu c«'s deux derniers mots dans notn^ presse.

Nous appelons hu'thde ctiorhun riuiile cjui éclaire presque toutes nos maisons. Son vrai nom est pétroh'. On ne dit plus huile de pétrole en France, et ce qu'on y nomme huile de charbon de terre ou de houille est une substance tout autre que notre huile d'éclairaoe. Disons donc pétrole, et cond)attons chez le peuple la manie de dire du (uxd oit, (pi'il prononce, du reste, fort mal : mbdl.

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Qui n'entend dire tous les jours : Je collerfc mes comptes ? Collecter ne signifie qu'une chose : faire une collecte, — c'est-à-dire quêter dans un but de bienfaisance. On ne peut donc collecter un compte. Encore moins peut-on dire : X est venu me collecter. C'est un double anglicisme. Il faut dire : X fait ses recouvrements . ou fait faire ses rentrées, etc. Ily a dix. nxa;niè.res d'exprimer correctement cette opération.

Le mot iu\^]ins (jallavti't/ HU^niUki et galanterie et bravoure. La galanterie est " tantôt coquetterie dans l'esprit, paroles flatteuses, tantôt présent de petits bijoux, tantôt intrigue avec une feiunie ou plusieurs ; " cette définition est de y (j1 taire.

Elle suffit pour ftiire voir qu'un homme qui .se jette à beau, pour sauver un autre homme fait plutôt i)reuve de courage que de galanterie, et par conséquent qu'un journa] des Trois-Rivières a eu tort d'écrire :

" M. le maire présenta la montre, portant cette inscription au dedans du V)OÎtier :

" Présenté par le gouvernement du Canada à M. W. H. Kelly, en reconnaissance de l'humanité et de la (/(thi nferie par lui déployées en sauvant la vie, etc.

J'ai relevé ce qui suit dans une adresse présentée à un député : " Si, comme d'habitude,

vous êtes anxieux de faire conDaître à vos constif uaiits ce qui est arrivé durant la dernière session du parlement, etc." .Deux fautes en une phrase.

Etre anxieux, c'est avoir dey angoisses d'esprit : un député peut désirer faire connaître les événements à ses commettants, mais cela ne va jamais jusqu'à l'anxiété.

Je viens d'écrire corriiyœttant.^ c'est le mot français qui doit remplacer l'anglicisme constifvanfs.

'' C'est moi qui gère à mes affaires " ; " c'était lui qui gérait à cela." C'est un affreux barbarisme. On ne peut gérer à. Il faut dire : C'est moi qui gère mes affaires ; c'était lui qui voyait à cela, réglait cela.

J'ai lu je ne sais plus dans quel journal l'annonce d'un ferronnier commençant ainsi : A

V enseigne du r/ros f arrière. Il aurait fallu de la grosse tfirière. Tarière est féminin, et sa première syllabe s'écrit sans /•.

Galerie ne doit sécrire qu'avec une l. Quel est cependant le journal qui ne lui en met pas deux plus souvent que de raison ? C'est encore l'anglais qui ^déteint sur nous. Un peu de surveillance, n'est-ce pas ?

Je lis : Le jux'é a condamné le défendeur à .?15 de doûimages. Il fallait dire le jury. Le jury est le corps des citoyens auxquels une affaire est soumise : le juré, c'est le citoyen qui fait partie de ce corps.

A l'imitation des xlnglais, nous disons ici le grand jury, le petit jury. Je ne suis pas prêt à dire que ce soit une faute. Je dirai seulement tju'en France, lorsqu'on parle de l'institution anglaise des jurys, on appelle le grand jury le jury d'accusation, et le petit jury le jury de i

jugement. " Le premier, dit Littré, décide s'il y a lieu d'admettre une accusation (cette institution n'existe pas en France) ; le second décide si l'accusé est coupable des faits (pli lui sont imputés."

Si l'Anglais peut dire en parlant d'un spectacle où se presse beaucoup de monde : " There is a good, a large hou fie," nous ne pouvons pas, nous, traduire hov.se par inaison et dire " qu'il y a Tine bonne, une belle maison." Cela se dit pourtant.

De même, si l'on peut dire que la salle est comble, qu'il y a salle comble, on ne saurajt dire dans le même sens qu'il y a une l^elle salle, une salle nombreuse.

Il faut dire un bel auditoire, un auditoire nombreux.

Je viens de parler de salle.

Xous avons, sans en avoir besoin, emprunté aux Anglais leur flinlnfi-roorû, (|ue nous avons traduit par salle à din/'r.

Or on ne dit pa.s salle à dîner en France, pavS plus que sallo à souper ou à déjeuner. On dit tout siiii])l('ment soJJp à nianf/fr.

^)n a tort d'appeler un ruisseau un criqv,*' En fait d'eau, rriqve ne signifie pas autre chose qu'une petite haie, une petite anse dans les anfiaetuosités du riva<^e. Ce met est du mj.nre féminin.

Pourquoi disons-nous colht poui* /(cnj: roi i Le col de la chemise est cette partie qui entoure le cou et ([ui fait partie de la chemise : le col est encore une espèce de cravate (pi > l'on boucle derrière le cou ;— le faux col est le col détaché (|Ue l'on ajoute et ajuste à la clieiuise au moyen

Je boutons. — Le collet est la partie d'un vêtement qui entoure le cou. Faux col s'écrit sans trait d'union.

Un traducteur pi-essé, rencontrant un jour œater-powfr et n'ayant pas de dictionnaire sous la main, écrî\'it pouvoir d'eau et son mot fit

fortune au Canada. Rempla(^*ons-le par

force h ydro ni Iq uc, pu i.^f«i iice Ji ijdyra idujiic.

Je dois ajouter cependant que, dans le récit de son voyage au Canada en 1885, M. de Molinari a parlé des poiuxnrs d'ecm de Saint- Jérôme. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps 1

Gardez-vous bien de jamais dire ou écrire : payer an rovipliment à quelqu'un. C'est un abominable anglicisme. Dites faire, adresser un compliment. On ne paie pas non plus ses respects à quelqu'un : on les lui présente.

Lu dans \in journal de Quéljec : " Le Wifurss insiste à ce que le français soit ensei<;né dans les écoles anglaises. ' Voilà certes une bonne idée chez le Wit nesx ; ce n'en est pourtant pas une moins bonne que les journaux français enseignent de leur côté le français. Pour prêcher d'exemple, le confrère (juébecquois aurait dû écrire : " Le l^y7v/^^^•^' insiste que ou pon r que le français soit enseigné, etc."

J.rv>rr/.s,sr/' est un verbe neutre, au sens péjo- ]'atif. Il signifie exercer dans la médiocrité et l'obscurité la profession d'avocat. Ce n'est pas ainsi qu'en l'emploie au Canada : on s'en sert toujours en parlant des honnnes publics qui se sont faits les avocats, les défenseurs, les apôtres, d'un intérêt majeur, d'une cause nationale, d'une grande idée. Avec la bonne intention de leur rendre hommage, la presse les rapetisse par l'usage d'un mot toujours pris en mau\'aise part.

On n'avocasse pas une chose.

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Je dénonce à regret l'une de nos plus charmantes fautes : sdii/ni/cr de qiielqti' ii v. Nous disons : '.' Que je suis aise de vous revoir ! je me suis tant ennuyé devons!" C'est tout un compliment. Eh bien, il faut y renoncer. On peut ennuyer quelqu'un, (^n peut en retour s'ennuyer en sa compagnie ; on peut s'ennuyer de tout, c'est-à-dire être ennuyé par toutes sortes de choses ; — mais on ne peut s'ennuyer d'une personne absente, c'est - à - dire regretter son absence, se sentir l'âme vide, dégoûtée, loin d'elle.

Cela se dit en Bretagne comme au Canada, mais n'est pas reyu dans la langue officielle.

Les journaux parlent à tout l)out de champ des argents -pubUcs. On ne peut dire cela correctement. Il faut employer Hommies, deaiers^ crédits, ou tout autre mot indiquant la nature

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<le la propriété : les expressions ne manquent })Hs. La plus mauvaise vaudra niieux encore que l^^s argents.

On a le tort assez général de faire ôftr^' du masculin : on doit pourtant dire et écrire : on m'a îa'it. une hdle offre, iim' offre avantageuse.

On peut dire : '"' force est demeurée à la loi," (juand la légalité l'a emporté sur le désordre ; *■ un long usage donne force de loi ; " '" cette coutume a foi'ce de loi."

Mais on ne saurait dire qu'iuie loi ou un

règlement est en force. ; il faut dire en v'njueur.

Députés, avocats, journalistes, amendez-vous !

Ne pas confondre résidence avec demeure ou domicile. Votre résidence est à ^I(nitréal ou à

Saint-Lambert, — c'est-à-dire que vous résidez dans l'une ou l'autre de ces villes ; mais votre demeure ou domicile est dans telle rue, à tel numéro. Le mot domicile signifie en outre le lieu où l'on est censé être pour l'exercice de ses droits ou de ses fonctions.

Ou demeure à tel endroit, on n'y rede pas.

" Reliecca N. a été traduite pour la dixième fois au recoT(l('r!' On lit cela dans la première gazette venue. Il fallait écrire : à la cotir ou devant la cour du recorder, ou devant le recorder.

En d'autres termes, on peut être traduit à ou devant un corps public : cour, [)arlemcnt, concile, assemblée, etc. S'il s'agit d'un homme, on est traduit devant lui !

" Cette çjevte de persécuicurs fanatiques, etc." (Tous U^.s journaux). Gente n'est françai'3 que couuui- féiuiiiiii (\i- l'adjectif gent, qui veut dire

gentil. Comme substantif et prair signifier race, espèce, c'est (jent qu'il faut emplo^'er : la gent lu^pocrite, la gent moutonnière.

Qui n'a entendu ceci : '' Des souliers de cuir à patente, " " des bottines de cuir patent " i Cette grosse faute vient de ce (pie le vernissage du cuir a été breveté, patenté. Mais il faut dire " cuir verni. "

A'ous entrez dans une l>u\'ette et vous vous fendez la bouche à demander de Vrf n p-f/oss-tonré, ce tonique amer si bon dans le whisky. Demandez-le en français, vous n'aurez (pi à dire «le VaiKjii.sf itrc

Egalement, demandez de la tanaisie, et non pas du tan-^!j.

Une récompense honnête est offerte à celui qui n'a jamais dit un quart de fleur pour un quart de farine, ou de fleur de farine. Il est mieux de dire un baril qu'un quart. Fleur tout seul pour farine est une faute. Fleur de farine désigne de la farine de qualité supérieure.

" L'attractiov de la semaine est l'Albàni." (Tous les journaux).

Anglicisme imprudent, qui se faufile jusqu'en France. Seulement, les Français ont la pudeur de le souligner.

Il faut dire attrait.

Apnlojjip signifie défense, justification, mais jamais excuse. On doit donc éviter de dire : je

vous fais apologie ; il me doit des apologies. En anglais, opology s'emploie dans le sens d'excuse, lequel mot est sou seul équivalent en français.

Supporter un ministère, un homme, un projet une loi, n'est pas français dans le sens de V appuyer. Disons appuyer, soutenir, aider, suivant le cas. Il y a déjà assez d'autres choses à supporter. Ainsi l'orateur qui dernièrement disait : " La responsabilité d'une " loi anticatholique retombe sur tous ceux qui sv/pportent cette loi et la font triompher par leur vote," n'a pas rendu sa pensée, parce qu'il n'a pas parlé français.

■' Vingt et un candidats seront ballotés à cette assemblée." (Lu dans un journal). Il y a là une double faute : 1-' ballotter s'écrit avec deux f ; 2" le ballottage ne se fait ([u'eutre deux camlidats. " Bali.ot'I'aok. Action de ballotter (lf'ii.r candidatti. Ballotteii. Ballotter deux candidats,

fîécicler par le scrutin lequel l'emportera de deux candidats qui ont le plus approché de la majorité, tous les autres étant exclus."

Dans le cas dont parle le journal, il fallait écrire : On votera sur la proposition d'admettre ; on proposera la réception de ; ou encore : vingt et un candidats subiront l'épreuve du scrutin, etc., etc.

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S'endonnir est un mot très français, mais dans le sens seul de passer de la veille au sommeil, de tomber dans le sommeil. On ne doit jamais l'employer pour signifier que Ton a besoin de dormir, auquel cas il faut dire fai sommeilj comme on dît f(( i fa i m on j'ai soif.

Xous employons hîoe k tort en parlant de maisons : un bloc de maisons, un beau bloc. Il faut dire un pâté, un beau pâté de maisons. S'il s'agit d'une seule et vaste maison, on dit édifice.

Nous nous servons aussi du mot bloc pour

désigner rcspace conipris L'iitre deux rues parrellèles : " Vous chercliez la (Iciiieiiri' de, }>\. Z : passez encore deux blocs, vous y serez." C'est une faute. Il faut dire : " Passez encore deux rues."

Bloc n'est pas du tout français dans le sens d'agglomération de maisons à plusieurs logements, ni de distance entre les rues.

On a l'habitude d'appeler rondncten r (Je la m aile ou fh niallc le préposé de l'administration des postes qui est chargé d'accompagner les lettres dans les convois de chemin de fer: on devrait le nommer courrier de la nudlc.

Coudre, verbe actif (très actif même) : Je couds, je cousais, je cousis, je coudrai, couds, cousu. On ne doit pas dire, au futur et au conditionnel, je cotiserai, il couserait, mais bien y f coudrai, il coudraii. Il y a des journaux de ma connaissance qui s'\' sont mépris.

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Beaucoup de personnes instruites, plusieurs journalistes même, écrivent des chef-fVœ livres, lorsqu'il faut absolument des rhefs'(T(eavre. Que l'on remarque où l'.s doit être placée.

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— Clear tlie road, dit l'Anglais.

— Claiirz le cliemin, dit le Canadien.

— The prisoner was clear, dit l'Anglais,

— Le prisonnier a été claire, dit le Canadien.

Le Canadien traduit trop littéralement, et fait des néologismes impardonnables. Cldirer existe en termes de fonderie, mais je ne l'en considère j)as moins ici comme un néologisme, compliqué d'un anglicisme !

Il faut dire dans le premier exeiuple : Rangezvous, laissez le chemin libre. Dans le second, on dira que le prisonnier a été acquitté, libéré.

Lin journal annonce que N., accusé de telle offense, s'en est cldi ré avec .S2 d'amende. S'en est fi l'é est la bcmnc expression.

Dire : une calomnie fausse, c'est faire un pléonasme ; toutes les calomnies sont des assertions fausses de choses dommageables à quelqu'un. La calomnie est un mensonge ; or vous ne sauriez dire " un mensonge faux, " n'est-ce pas ?

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Si le verbe inclure a p(jur participe passé iacliis, incluse, il ne faut pas oublier que le verbe exclure fait au même temps e.œlii, exclue. Pourquoi n'écrit-on plus ('xdus, excluse / Je n'en sais rien, je sais seulement que cette dernière forme n'est plus admise.

Théophile Gautier est assez connu de (piiconque s'occupe de littérature et de peinture pour f|Ue nos écrivains n'aient ]»as le droit d'épeler son nom Gauthier.

Il y a une locution prf)vurl)ialt' qui dit : X<* pas confondre Gautier avec Gargouille.

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Que d'orateurs populaires disent volontiers que leurs pères tenaient les manchons de la charrue ! Que de candidats se vantent de les tenir eux-mêmes ! Certes, ce sentiment les honore, mais il neM serait pas moins beau s'ils disaient, en français, le ma ach.e ou les mancherons de la charrue.

L'orthographe des noms de géographie laisse beaucoup à désirer. C'est surtout dans leurs colonnes de dépêches télégraphiques que les journaux les estropient. Souvent on ne traduit pas le mot et l'on écrit Antwerp pour Anvers, Athens pour Athènes, Leghorn pour Livourne, Cairo pour le Caire, Hague pour LaHaye, Algiers pour Alger, Tangier pour Tanger, Mecca pour la Mecque. Jusqu'à Lyon et Marseille,

aux(iuellt's <»ii a 1(- tort de conserver Vs finale de la forme ani^laise.

N'écrivons- plus Brézil, maïs Brésil.

Un journal sérieux de Quéliec parlait dernièreiiu^nt du traité de Ghent, conclu le 18 juin 1(S22, qui avait réglé la (question des frontières entre les Etats-Unis et le Canada : il s'agissait du traité de (Jand. — et (iand se dit (client en anglais 1

Musset, dans Bol la. a fait rimer Hik-vuI avec cercueil, lien avait le droit (Littré, Vo Linceul), puisque l'on prononce indifféremment linceul ou lineeuil : mais il a respecté l'orthographe, ce que ne font pas ceux ([ui écrivent lineeuil.

" Le bon usage, «lit Littré, repousse des phrases comme celles-ci : Il est venu avec sa dame ; ces messieurs et leurs dames. Il faut : il est venu avec sa femme ; ces messieurs et leurs femmes.

" Dans le langage eouiiaun, on dit votre (hnno)- >t('Uf' pour votre iille : Coninient va votre demoiselle '( mais cela n'est pas du l)on usage : avec le mot (h'ino'isclh', comme avec les mots (hrme et sieur, il n'est pas de bon ton d'employer les adjectifs possessifs de la 2e et de la oe personne. On demande : Conunent se porte mademoiselle ? et non p;is voivc demoiselle, ou sa demoiselle. De même on dit comment se porte madame, et non votre dame." ^[ais toujours en ajoutant le nom propre.

Noinhrer est fran(;ais, mais c'est un verbe actif ([ui signifie trouver le nombre de, compter, relater, énumércr. On nond^re les cotés d'un carré, on n()]id)re ses propriétés, on nombre les faveurs (pi'on a reçues, on nombre les gens, etc. Mais on ne saurait dire, comme un journal de Montréal : '• Les Acadiens des provinces maritimes (jui II <> III Jf l'eut .108,().55 âmes, etc." Ici l'on a fait de nomlirci" un v('r])e neutre, ce (pie ne permet pas le dictioriuaire. On a servilement traduit irjin u/nmber, (piand il fallait dire : (jui sont au nombre de.

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