‹ Fautes à corriger une chaque jour [microforme]Chapitre 26 sur 40 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

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On appelle en ce PAYS saucier le vase dans lequel on sert les Sauces ; on devrait dire saucière : une saucière d'argent, de porcelaine, de faïence. Le saucier est la Personne qui compose OU qui vend des sauces. Pour employer le vrai mot, nos sauces n’en seront pas moins bonnes,

Moelle, moelleux, moclleusement ne prennent pas le tréma sur le premier e Ils le prenaient, il est vrai, au seizième siècle, mais on écrivait aussi alors mouelle Tout cela est changé. Moellon se passe aussi du tréma,

Coercion et coercition se disent tous deux, mais ni l’un ni l’autre n’a de tréma,

Ne jamais écrire ayions, ayiez, Le verbe avoir fait ayons et ayez à l'impératif et au

subjonctif présent, Jamais, à aucun temps, il n'est permis de mettre un à après l'y. Faute commune, cependant,

Si l’on doit écrire et Pr acer Venise (sans accent aigu sur le premier e), il n’en faut pas moins écrire et prononcer Vénitien (avec accent)

Un journal de Montréal avait l'habitude d’écrire invariablement wn héro : nos remarques l'ont corrigé.

Au singulier comme au , del, il faut écrire

héros.

Ce que l’on nomme dans toutes nos cuisines sassepanne (corruption du mot anglais saucepan) est tout bonnement la casserole, que Littré définit ainsi : Ustensile de Cuisine en métal,

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à queue, à fond plat et à paroïs droites et cylindriques.

Quand l’ustensile a une anse, on l'appelle coquemar.

Dites : Avez-vous la monnaie d'un dollar ?

Ne dites pas : Avez-vous du change pour un dollar ? encore moins de l'échange, comme on dit presque généralement sur la rivière Ottawa,

“Ce projet de loi était opposé par les députés d'Ontario. ” “ Les fabricants de sucre n'opposent pas le tarif actuel. ”

Deux fautes relevées dans un courrier du parlement pendant la dernière session.

Il fallait : Ce projet de loi était combattu, ou bien: les députés d'Ontario s'opposaient à ce projet. Dans le second cas, il fallait : Les fa-

bricants ne sont pas opposés, ou ne s'opposent pas au tarif.

Opposer un projet, un candidat, etc., est un anglicisme féroce.

“ Nous avons éru emprunter à tel journal,

“nous croyoüs rapporter ce qui se disait à cette époque ;” — “ je crois vous remercier pour

vos bontés ; ”— “vous croyez en appeler à un tribunal supérieur.” Autant de phrases que j'ai cueillies dans les journaux, qui sont françaises en soi, mais qui ne l’étaient pas dans la circonstance, parce qu'elles ne renduient pas la pensée de leurs auteurs qui voulaient dire : “ Nous avons Cru devoir emprunter ; nous croyons devoir rapporter; je crois devoir vous remercier ; vous croyez pouvoir en appeler.

Faute bien plus commune qu’on ne croit.

Autre faute de la même nature : “ Le bureau des travaux publics « jugé de faire disparaître les fils électriques.” On voulait évidemment dire : « jugé à propos de faire disparaître, etc.

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Peu de personnes écrivent quelques fois, mais il y en a encore. Nous leur rappelons que la seule manière correcte est quelquefois, en un seul mot,

Nous disons presque toujours faire une chose (fl à la perfection. “Elle chante à la perfection ; il faut en perfection, et non à {a perfection comme on dit à la cour” (De Caillières, 1690, cité par Littré), Ou peut dire aussi dans la perfection.

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Plusieurs journaux, annonçant l'arrestation, par erreur, de M. Gye et de l'Albani à Anvers, ont dit:

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“ Ils n’ont pu se soustraire aux mains des policiers qu'en se précipitant dans le théâtre, où leurs amis Les identifièrent.”

Il fallait: où leurs amis ont établi leur identité.

On ne doit pas dire non plus : Le cadavre trouvé dans le fleuve a été identifié, — mais: on x constaté l'identité du cadavre, on a reconnu le cadavre, etc.

Identifier signifie : rendre identique, comprendre deux choses sous une même idée.

Beaucoup de personnes appellent estampille le petit cachet volant . qu’elles collent sur leurs lettres pour les affranchir. C’est une erreur. Le mot propre est timbre-poste ou seulement tinvbre. On appelle indifféremment estampille ou timbre l'empreinte appliquée sur les lettres pour indiquer la date et le lieu de leur départ ou de leur arrivée. On nomme en outre estampille l'instrument dont on se sert pour cela, la marque qui indique la provenance des marchandises, la marque mise sur les livres pour indi-

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quer la bibliothèque à laquelle ils appartiennent, enfin le fac simile d’une signature que l’on appose sur un papier quelconque.

Dites le secrétaire particulier et non le secrétaire privé d’un ministre, d’un administrateur, etc.

Nous appelons ordinairement clere extra celui qui n’est pas employé à titre permanent dans les administrations. Ni clére, ni extra ne sont français en ce sens. Il faut dire commis supplé- Mentaire ou auxiliaire,

Voici une faute presque générale. On dit :

J'ai éte notifié du fait, de la chose, au heu de : le fait, la chose, l'acte m'a été notiïié. On notifie une chose à quelqu’un ; quelqu'un n’est pas noti-

fié de cette chose. On peut dire aussi, avec correction, notifier que : on lui notifia qu'il eût à payer sans retard.

La Malbaie, Kamouraska, Saint-Léon, Varennes, etc., ne sont pas des places d'eaux, mais des villes d'eaux. Le mot ville s'applique même aux moindres endroits : témoin Mont Oriol, inventé et célébré par Guy de Maupassant.

On dit également stations balnéaires, — et stations thermales quand les sources y sont chaudes.

Dites à votre cocher de vous conduire à la station, à la gare du chemin de fer, mais jamais au dépôt. En France, on coffre Les gens qui vont au dépôt,

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Si vous dites : J'ai son billet promissoire, vous dites un mot de trop. Promissoire est français, mais on ne l’emploie pas dans ce sens. ? Billet suffit.

Distinguons entre le substantif et l'adjectif, et écrivons 1° (subs.) une fiole d'ammoniaque, de l’'ammoniaque gazeuse, liquide; 2° (adj.) du gaz ammoniac, de la gomme ammoniaque.

“Le maire et plusieurs officiers municipaux ont visité le village Quinsigamond samedi dans le but de prolonger les canaux d'égouts de Worcester et d'empêcher les eaux de la rivière Blackstone d’être polluées par ces égouts qui s'y déchargent.”

Souillées, Corrompues, infectées, contaminées, soit! poliuées, Jamais !

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Quand vous allez lire les journaux dans une salle de lecture, dans un hôtel, ne demandez pas la file de la Patrie, de l’Electeur, maïs la liasse.

Cet être au pas pressé, à l'air grave, aux habits râpés, qui vous rend des visites aussi régulières qu'incommodantes, et auquel vous dites de revenir dans un mois s'entendre dire quand il devra repasser, vous l’appelez un collecteur : ce n’est qu'un garçon de recettes,

Non plus, ne pas appeler collecteur du revenu l'officier préposé à la perception des droits d’accise et de douane : c’est un percepteur.

Quand les journaux disent : Cet homme public est une disgrâce pour le pays; ce crime est une disgrâce pour notre ville, — ils ne se doutent

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pas de l’anglicisme qu’ils commettent. Disgräce n'est pas français dans ce sens,

Le prétexte est souvent une finesse, mais toujours un mensonge de parole ou d'action. Les locutions “ sous prétexte de” et “ sous prétexte que ” ne doivent donc être employées que si l’on entend signaler la cause supposée, la raison apparente d’un dire ou d’un acte. Quand le dire et l’acte n’ont pas besoin d’excuse ou de manteau, on ne doit pas les employer : on dira “pour la raison que,” “ parce que,” “ a cause de,” té à 4 2 çç 1)

à raison de,” “vu que,” etc.

“ Cette voie d’eau fut aveuglée avec du canevas ” se lit dans un journal de Montréal du 11 juillet 1888. On aurait dû dire avec de la toile à voiles. L'anglais canvass, que l’on a traduit de trop près, par l'oreille, signifie également cancvas et toile à voiles ; mais il est évident que

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l'on n’a pas aveuglé une voie d’eau avec du canevas, “ grosse toile claire pour la tapisserie à l'aiguille,” qui doit se trouver rarement sur les bâtiments. Cette faute se fait souvent dans la région maritime au-dessous de Québec.

Si l’on ne veut pas dire toile à voiles, que l’on emploie caneveau, qui en a le sens.

Un journal de Montréal annonce que la municipalité a donné aux cochers de place “ un kiosque pour s’abriter contre les rigueurs de l'hiver. ?” Ce journal se trompe : un kiosque est, selon Littré, “un belvédère situé dans un jardin, sur une terrasse ; un pavillon turc ouvert de tous côtés, dont on décore les parcs, les jardins ; une petite boutique sur les boulevards de Paris et des grandes villes où l’on vend les journaux aux passants.”

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