‹ Fautes à corriger une chaque jour [microforme]Chapitre 7 sur 40 · PE: D · texte numérisé non relu

PE: D

Sans que, suivi du subjonctif, ne prend #e ni quand la phrase principale est affirmative, ni quand elle est négative. [La négation (ne) n'est pas même admise après sans que suivi de mi,

ŒUCUN, PEFSONIE, Ten, JArULS :

Je reçus et je vois le jour que je respire Sans que père ni mère ait daigné me sourire. (Aac.)

Elle n’est pas non plus admise, bien que s'tus soit suivi du verbe craindre (Littré). TI ya done une faute dans chacune des phrases suivantes, tirées d’un récit de l'expédition du Nordouest en 1885 : “ Nos volontaires marchèrent douze heures sans qu'aucun ne se plaignît.”— “A ce moment-là tous se battent comme des lions, sans que personne ne craigne la mort.” — “ Rien ne se faisait sans que le major #°y vit.”

On dit aussi souvent : Avant que ne. C'est une faute ; mais il faut avouer qu'un grand nombre d'écrivains français en vue s'en rendent

coupables de nos jours.

Le petit nombre de personnes qui savent écrire quelque dans toutes ses modifications ferait croire que sa syntaxe est fort difficile : cest cependant le pont aux ânes, grâce aux simples règles que voici :—

L Suivi d’un verbe, quelque s'écrit en deux mots et quel s'accorde en genre et en nombre avec le nom auquel il se rapporte : quels que soient ses moyens ; quelle que fût sa fortune, etc.

2 Suivi d’un nom, il s'écrit en un seul mot et s'accorde en nombre avec le nom: nous ne vimes que quelques personnes ; quelques avis qu'on lui donnât, etc.

3 Duivi d’un adjectif qui est lui-même immédiatement suivi de que, il est invariable : quelque difficiles que soient ces questions ; quelque pressée que vous soyez, ete. Si l'adjectif n’est pas immédiatement suivi de que, quelque est regardé comme adjectif, et s'accorde en nombre avec le nom: quelques grands hommes que possèdent les autres nations, la France, sous ce rapport, n'a rien à leur envier,

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C'est une faute d'écrire : “ Nous paierons nos employés les vendredis soirs ou les samedis matins, à leur choix.” Soir eb matin, en ce cas, ne prennent point la marque du pluriel. On doit les écrire comme si l’on disait les vendredis «uw soir ou les samedis au matin. Cette dernière formule est, du reste, considérée commnie la plus correcte,

Je ne vois pas pourquoi l'on ne pourrait dire subir un refus, puisque l’on peut subir “le coup d'un destin rigoureux ” (CORNEILLE) ; “une mascarale ” (D'ALEMBERT) : “ un jugement solennel ” (BARTHÉLEMY); la question, un interrogatoire, un examen, une épreuve, une réforme, des variétés, des changements, etc. Cependant Voltaire dit : “ Vous serez révolté de voir subir des refus, parce qu'on essuye un refus, et qu'on subit une peine; subir un refus est un barbarismne ; et Littré le cite sans commentaire.

Nuance entre odorant et odoriférant : tout objet qui exhale une odeur quelconque—bonne; indifférente où mauvaise est odorant : odoriférant ne se dit que de celui qui exhale une bonne odeur. Mais les meilleurs peètes semblent employer les deux mots indifféremment, en vers,

Ce sont surtout les avocats et les voyageurs du commerce q ui font de ces phrases : “Je crois avoir satisfait le tribunal] que mon client à rempli ses obligations ” : “je suis satisfait qu'il ne peut vendre sa marchandise à ce prix-là.” Au lieu de satisfait, il faudrait persuadé, convaincu, prouvé à, fait voir à Un grand journal quotidien de Montréal ne disait-il pas, en faisant une rétractation : “Les défendeurs ont satisfait le demandeur qu'ils avaient agi de bonne foi.”

Sus à l’anglicisme !

Si vous voulez parler de Montréal en tant que territoire administré par des officiers muniei- Paux, dites la municipalité de Montréal.

Si vous entendez parler du corps des officiers qui l’administrent, dites le conseil municipal, ou le conseil de ville, ou la municipalité.

Si vous voulez désigner l'édifice où se tient l'administration municipale, dites la municipalité, ou la mairie, ou l'hôtel de ville

Dans aucun de ces cas ne dites la corporation. 52 |

Evêque et évêché prennent l'accent aigu sur le premier e ; archevêque et archevêché ne le prennent pas. Diocèse et diocésain sont fran- Gas; archidiocésain l’est aussi, Inais archidiocèse ne l’est pas. Ce sont à caprices de jolie langue, soit ! mais il faut les connaître et s'y soumettre,

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Plusieurs écrivent: j'ai reçu un à compte, des à comptes, ou bien un à-compte, des à-comptes, sur sa dette. D’autres écrivent un accompte, des accomptes. Ils se trompent tous. Il faut : j'ai reçu un acompte, des acomptes ; ou bien, adverbialement, j'ai reçu tant à compte de sa dette.

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En France, quand il s'agit de la nourriture et du logement, pension a deux sens : le prix que l’on paie, l'endroit où l’on mange et couche. Il les à également parmi nous, maïs nous lui en donnons un troisième, inconnu là-bas, du moins dans les dictionnaires, et qui se rapporte à la chose elle-même, à la qualité de la nourriture et du logement : A-t-on une bonne pension à l'hôtel Richelieu ? La pension est mauvaise dans les auberges,

On ne dit pas en France, comme ici, rwison de pension, mais simplement pension. J'aurais

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donc fait un canadianisme en disant, dans Coups d'œil et coups de plume, que Papineauvilie pos-

sède plusieurs “maisons de pension.”

Nous employons encore le verbe pensionner comme verbe neutre, dans le sens de manger et coucher dans une pension: je pensionne chez Mme N:—tandis que le dictionnaire le donne uniquement comme verbe actif signifiant faire une pension, des rentes, à quelqu'un.

Au mot corniste, Littré dit : “C’est la règle de terminer en ste le nom des instrumentistes. Il a sans doute raison, mais les exceptions sont nombreuses. On dit un cor, un tambour, une tambourine, un trombone, une clarinette, un basson, un trompette, etc, pour celui qui joue ces instruments, Devons-nous dire un cornet où un cornétiste ? Le premier terme est dans le dictionnaire, non le second, que j'ai lu dans un de nos journaux ; s'il y à raison de Py rttre, il me semble qu'il faudrait l'écrire cornettiste.

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