‹ Favras; épisode de 1789, en trois actes;Chapitre 6 sur 53 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Un salon dans V appartement du marquis de Favras. — Une porte au fond. — De chaque cote'., dans les angles, une fenêtre ; celle de droite donnant sur la place Royale , celle de gauche sur la cour. — A gauche une cheminée avec du feu. — Du même côté i au premier plan , une porte. — Un bureau avec des papiers ; fauteuils , etc.

LE MARQUIS DE FAVRAS, se«J; il est assis près du bureau et lit un journal.

« L'Assemblée nationale entend le comte de Mirabeau surladi- » vision de la France en départeniens,etla création des municipi- » lités. — Décret qui met les biens da clergé à la disposition de » l'État. — Sur la proposition de M. Alexandre Lameth , suppres- » sion des Parlemens ! . . . » ( // cesse de lire et pose le journal. ) Quelle ardeur ! quelle suite dans ces travaux ! L'impulsion est donée , le système |général s'organise. . . ( Il se lève et se promène. ) En vain la raison me dit que la volonté d'une nation doit être plus forte que la volonté d'un seul; que le peuple doit discuter ses intérêts. Né dans une classe qui tire son éclat du trône, accoutumé à respecter dans la royauté un droit émané du ciel même, chaque acte de cette puissance qui s'est soudainement révélée me froisse et vient déranger mes vieilles idées. Que les préjugés de l'habitude et de l'éducation sont forts!... Et pourtant , je le vois , on ne fera plus rétrogader les Français. ( Regardant des papiers. ) Messieurs les contre-révolu-

tionnaires , il voos faut renoncer à vos projets... c'est, je crois , ce que vous avez de mieux à faire. Cependant j'ai promis d'exe'cuter ce plan... On a ma parole, des démarches sont de'jà faites. .. Gomment me dégager envers le comte de Provence , qui était l'âme du complot et pour qui j'agissais ?

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