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OUVRIERS

Les tableaux n08 7 et 8 montrent, dans deux industries différentes (houillère et usine métallurgique), la même série d’organes subordonnés à la direction.

Cette même série d’organes se retrouve, sous des noms différents, dans toutes les grandes entreprises, quelle que soit leur nature.

Nous savons déjà que la fonction administrative) d’abord dominante, cède peu à peu le pas à la fonction spéciale — technique, commerciale ou autre — qui est la principale occupation des agents inférieurs.

Tels sont les principaux organes d'une grande entreprise minière et métallurgique. On les retrouve à peu près exactement dans toutes les grandes entreprises industrielles, et

aussi avec quelques modifications légères dans les entreprises de toute nature, commerciales, financières, militaires, politiques, religieuses et autres.

1IENHI FAYOI.

(G) Agents ou éléments constitutifs du corps social

Je oontinueà prendre pour type la grande entreprise industrielle.

Il faut, à ces sortes d’entreprises, la série suivante d’agents : ouvriers, contre-maîtres, chefs d’ateliers, chefs de division, chefs de services, ingénieurs principaux, directeurs, directeurs généraux.

De même que la qualité des matériaux dont on dispose influe sur la forme et la solidité d’un édifice, de même la qualité des agents que l’on emploie influe sur la forme et la valeur de l'édifice social. La forme et les proportions des organes et du corps social lui-même dépendent de la valeur des agents dont on dispose ; on doit naturellement rechercher pour chaque emploi le meilleur agent possible.

Essayons d’abord de dégager les qualités nécessaires aux chefs.

Direction et exécution se confondent dans l’entreprise rudimentaire où toutes les opérations sont effectuées par la même personne.

Dans la petite entreprise, le chef reste chargé de la direction dont il garde l’entière responsabilité, mais il est déchargé de l’exécution d’un grand nombre d’opérations.

A mesure que l’entreprise grandit, la part du chef dans l’exécution des opérations diminue pondant que son rôle de direction devient plus important et plus difficile. Ce rôle ne tarde pas à dépasser les capacités d’une seule personne malgré une excellente organisation des services subordonnés. Alors on voit apparaître autour du directeur des agents qui ont pour mission spéciale d’alléger la tâche personnelle du chef: secrétaires administratifs, secrétaires techniques, spécialistes-conseils en matières diverses, agents de liaison et de contrôle, comités consultatifs, etc.

ADMINISTRATION

lui

Pour déterminer les qualités nécessaires aux chefs d’entreprise il est indispensable d’être bien fixé sur le rôle que l’Etat-Major peut être appelé à jouer dans la direction des affaires.

Le 'chef idéal serait celui qui, possédant toutes les connaissances nécessaires pour résoudre les problèmes administratifs, techniques, commerciaux, financiers et autres qui lui sont soumis, jouirait encore d’une vigueur physique ot intellectuelle et d’une puissance de travail suffisantes pour faire face à toutes les charges de relations, de commandement . et de contrôle qui pèsent sur la direction. Un tel chef peut se trouver, exceptionnellement, dans les petites affaires ; il n’existe pas dans les grandes, à plus forte raison dans les très grandes. 11 n’y a pas d’homme dont le savoir embrasse toutes les questions que soulève le fonctionnement d’une grande entreprise ; il n’y en a point qui dispose des forces et du temps exigés par les multiples obligations d’une grande direction

Force est donc de recourir à l’Etat-Major. 11 y a là une réserve de forces physiques, de forces intellectuelles, de compétence, de temps... dans laquelle le chef peut puiser à son gré.

On peut diviser en quatre groupes les travaux de l’Etat- Major : lü concours divers donnés au chef dans sa besogne courante, correspondance, réceptions, étude et préparation de dossiers, etc. ; 2° liaison et contrôle ; 3° études d’avenir, programme à faire ou à harmoniser ; 4° recherche des améliorations.

Toutes ces choses sont dans les attributions de la direction. L’intérêt de l’entreprise exige qu’elles soient faites. Le chef doit les réaliser, soit avec ses seules forces, soit avec l'aide de l’Etat-Major.

Les deux premiers groupes de travaux de l'Etat-Major s’effectuent généralement d’une façon satisfaisante ; mais la préparation de l’avenir et la recherche des perfectionnements,

HENRI KAYOL

deux facteurs importants du succès, sont souvent déplorablement négligés. Il n’est pas encore bien entré dans les habitudes de considérer l’Etat-Major comme un organe de pensée, d’étude, d’observation, dont la principale fonction consiste à préparer l’avenir et à rechercher les perfectionnements possibles, sous l’impulsion du chef. Pour que l’Etat- Major puisse bien s’acquitter de cette partie de son rôle, il faut qu’il soit dégagé de toute responsabilité dans la marche des services.

Nulle partie de l’organisme social ne réclame de la part du chef de l’entreprise plus d’attention, plus de jugement, plus d’expérience, plus d’autorité et plus de mesure. C’est un service qu'il doit instituer dans l’intérêt et dans l’intéiêt seul de l’entreprise, et qui a un peu l’apparence d’un service personnel puisqu’il est destiné à combler les propres lacunes du chef. Il se prête facilement aux abus et il éveille vivement l’attention critique. C’est peut-être pourquoi on ne lui demande pas tous les services qu’il pourrait rendre.

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