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RECRUTEMENT

Le recrutement consiste à se procurer les agents nécessaires à la constitution du corps social.

Cette opération est parmi les plus importantes et les plus difficiles des entreprises ; elle influe beaucoup sur leur destinée.

Les conséquences d’un mauvais choix sont en rapport avec le rang de l’agent, généralement peu importantes pour l’ouvrier, toujours graves pour l’agent supérieur.

La difficulté du choix augmente avec le niveau hiérarchique de l’agent : quelques jours, parfois quelques heures, suffisent pour apprécier la valeur d’un ouvrier ; il faut des semaines ou des mois pour connaître la valeur d’un contre-maître ; il s’écoule parfois des années avant qu’on soit exactement fixé sur la valeur du chef d’une grande entreprise. 11 importe donc, au plus haut degré, de ne pas commettre d’erreur dans le choix des grands chefs.

La question du recrutement préoccupe toutes les sortes d’entreprises et particulièrement les plus grandes. La plus importante opération d’une assemblée d’actionnaires, c’est la nomination du Conseil d’administration ; la principale préoccupation du Conseil d’administration, c’est d’avoir une bonne direction générale ; le recrutement des agents à tous les degrés de la hiérarchie est l’un des plus grands soucis du pouvoir exécutif.

Il EN UI FAYOï.

Le Comité des forges de France a provoqué, il y a quelques années, une discussion qui a montré à quel point le monde industriel et le public en général se préoccupent du recrutement des agents supérieurs de l’industrie.

« Le nombre des hommes » — disait le président du Comité des forges, dans une lettre ouverte adressée au Ministre des travaux publics — « que la netteté et l’ampleur « de leur intelligence, la rectitude et la profondeur de leur « jugement désignent pour diriger les grandes affaires, en « créer de nouvelles et maintenir la France au rang que, « malgré la faiblesse de ses ressources naturelles, son clair « génie à su lui attirer à la tête du progrès des sciences et « des arts industriels, a singulièrement diminué depuis quel- « ques années .

« Nos jeunes ingénieurs sont, pour la plupart, incapables « d’utiliser avec profit les connaissances techniques qu’ils « ont reçues par l’incapacité où ils sont de présenter leurs « idées dans des rapports clairs, bien composés et rédigés « de manière à faire saisir nettement les résultats de leurs « recherches ou les conclusions auxquelles les ont conduits « leurs observations . »

Et le président du Comité des forges attribuait cette déplorable situation, au moins en grande partie, à la nouvelle orientation donnée à l’enseignement secondaire de l’Université depuis 1902.

Que les hommes capables de bien diriger les grandes affaires soient rares et que beaucoup d’ingénieurs ne sachent l)as faire des rapports clairs, cela n’est pas douteux et le fait est assez grave pour qu’on en cherche avec persévérance les causes et les remèdes.

Pour moi, ces causes ne sont pas dans les programmes de l’enseignement secondaire, mais danslaconc<m/rafion industrielle et dans la manière dont est compris et pratiqué l’enseignement technique supérieur .

ADMINISTRATION

La direction des grandes affaires a toujours présenté de très grandes difficultés ; pour s’en rendre compte il suffit de jeter un coup d’œil sur les charges aussi nombreuses que variées qui pèsent sur un grand chef d’entreprise. Ces difficultés sont inhérentes à la nature des choses et ont existé de tout temps. Mais ce qui n’a pas existé de tout temps, c’est le développement récent de l'industrie et la concentration industrielle qui augmentent considérablement la proportion des grandes affaires et font ressortir la pénurie des grands chefs.

En substituant une seule grande entreprise à un certain nombre de petites et de moyennes, la concentration industrielle produit divers effets qui concourent aux mêmes résultats :

1° Donnant naissance à do grands organisme elle fait appel à des hommes de plus grande envergure ((lie ceux dont on avait besoin auparavant ;

2° Pendant qu’elle crée le besoin d’hommes supérieurs elle fait disparaître un grand nombre d’affaires que l’on pouvait considérer comme des écoles d’apprentissage pour directeurs ;

3° Dans les affaires moyennes, les chefs de divers services s’initient par la force des choses, dans une certaine mesure, aux services voisins. Dans les très grandes affaires, chaque service est assez important pour absorber l’intelligence et le temps du chef et pour lui permettre d’arriver à un grade élevé où il termine fréquemment sa carrière. C’est encore un groupe d’hommes distingués enlevés à la pépinière des directeurs.

Il n’est donc pas douteux que la concentration industrielle augmente le besoin des grands chefs et rend leur formation plus difficile.

A mon avis, l’enseignement technique supérieur pourrait être dirigé d’une manière beaucoup plus utile aux besoins de l’industrie qu’il no l’est actuellement.

HENRI KAYOL

Formation dos agents d'entreprises.

La proportion des qualités et connaissances necessaires aux agents des entreprises est une question de mesure d’autant plus délicate que le poste est plus élevé et plus complexe. Chaque cas appelle un examen spécial.

Cependant quelle que soit la difficulté du choix des agents, elle n’est peut-être pas aussi grande que celle- de leur formation . Le bon agent — technique, commercial, financier, administratif ou autre — n’est pas up produit spontané de la nature ; pour qu’il existe il a fallu le former et cette formation représente généralement de longs et laborieux efforts auxquels participent la famille, l’école, l'atelier et l’Etat.

La question do formation des agents préoccupe vivement toutes les catégories d’entreprises — industrielles, commerciales, militaires, politiques, religieuses, sociales . — Les

efforts tentés de tous côtés pour obtenir de bons agents et de bons chefs sont considérables et se ressemblent.

Ce que je vais dire de la formation des agents de l’industrie minière et métallurgique en France, s’applique en grande partie à la formation des agents de toutes les sortes d’entreprises industrielles.

ADMINISTRATION

lia

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