CHAPITRE V
sittart Neale, le pasteur Kingsley, ne doit pas avoir eu une influence bien grande sur tout ce mouvement de 1860. La prédication des socialistes chrétiens est, pour partie tout au moins, antérieure au réveil de 1860, elle remonte, en effet, à 1848. Son action, à la supposer féconde, aurait été bien lente à agir ; de plus, toute cette école des socialistes chrétiens était composée uniquement d’intellectuels et nullement de membres de la classe ouvrière, et nous savons que les origines de toutes ces sociétés étaient nettement prolétariennes.
§ 7. — La phase fédérative.
Le mouvement vigoureux de 1860 permit à l’Angleterre d’entrer dès l’année 1864 dans la phase fédérative. Le rapport du Regislrar, chargé d’enregistrer en Angleterre la constitution de toutes les Sociétés nouvelles, constatait dès 1863 l’existence de 332 sociétés comptant 90.000 membres, disposant d’un capital de 10 millions et demi de francs et vendant annuellement pour plus de 50 millions de marchandises.
§ 8. — La Wholesale anglaise de 1864.
Dès cette époque, il existait en Angleterre les éléments suffisants pour l’édification d’une Fédération d’achat et de production, couronnement nécessaire de tout mouvement coopératif prospère. Cette fédération coopérative a pris naissance dès 1864. L’Angleterre a donc possédé une Fédération d’achat 30 ans au moins avant les peuples du Continent.
La Wholesale de 1864 ne constitue pas la première tentative fédéraliste qui ait été faite en Angleterre.
Les différents essais de fédérations d'achat. Premier essai (1832). — Dès 1832, 12 ans exactement avant la société de Rochdale, à la suite du développement des coopératives de solidarité de 1828, les coopérateurs ouvriers du Lancashire
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et du Yorkshire firent des efforts méritoires mais infructueux pour établira Liverpool une Wholesale ; ils échouèrent; d’ailleurs auraient-ils réussi, leur succès aurait été de fort courte durée, dès 1834, tout ce mouvement antérieur à la coopération distributive s’effondrait brusquement (1).
Deuxième essai (1850). — En 1850 une société de gros fut établie à Londres, au risque personnel de plusieurs membres de l’école des socialistes chrétiens, parmi lesquels Joseph Woodin,Llyold Jones, E. V. Neale (2). Cette nouvelle société de gros périclita comme la première, n’ayant pas trouvé un appui suffisant auprès des coopératives distributives.
Troisième essai (1855 1858). — En 1855, nouvelle tentative fédéraliste. Les Pionniers de Rochdale furent sollicités par plusieurs sociétés voisines d’ouvrir une sorte de magasin de gros. Ce département de gros, au lieu de constituer une société libre et indépendante n’était que l’accessoire d’une société distributive ; il était dirigé non par les représentants des sociétés distributives adhérentes, mais par le conseil d’administration de la coopérative de Rochdale. Cette organisation n’était pas viable. Les coopératives clientes se seraient peutêtre intéressées à une fédération d’achat, qu’elles auraient elles-mêmes dirigée, elles ne pouvaient pas porter un vif intérêt à un magasin de gros, qui était la propriété d’une coopétive distributive particulière (3).
D’après la narration de Holyoake, les coopératives clientes accusèrent la coopérative de Rochdale de réaliser des profits plus grands que de raison. Les Pionniers pensèrent d’autre part qu’ils avaient offert aux sociétés clientes des avantages qu’une juste considération de l’intérêt de leur propre société
(1 ) B. Potter, p. 63.
(2) Levetus, Rev. d'écon. politique, avril 1898, p. 265.
(3) Levetus, Rev d'écon. politique , avril J 898, p. 266.
ne justifiait pas. On dut se séparer, le département de gros de la société de Bochdale avait duré 3 ans.
La tenlative couronnée de succès de 1864. Quatrième essai (1864). — Ces échecs successifs nous conduisent à l’année 1863. Abraham Greenwood, président des Pionniers de Rochdale, prit alors l’initiative de convoquer à une conférence les délégués des coopératives du Yorkshire et du Lancashire. On était au lendemain du remaniement de la grande loi de 1852 sur les sociétés industrielles : r«Industrial And Provident Sociétés Act de 1852 » étendait le principe de la responsabilité limitée aux membres des sociétés ouvrières. L’act de 1862 a encore élargi le droit coopératif. La personnalité juridique des sociétés de personnes — des coopératives formées entre ouvriers — était reconnue.
A la conférence tenue au commencement de 1863, à Oldham (1), en plein Lancashire, à côté de Manchester et de Rochdale, Abraham Greenwood proposa qu’un magasin de gros soit constitué à Manchester ou à Liverpool. La société d’achat en gros ne comprendrait pas d’autres membres que des coopératives ; tout membre individuel serait exclu ; les sociétés affiliées s’engageraient à traiter uniquement avec la société pour tous les articles que celle-ci fournirait. Enfin chaque coopérative adhérente devrait souscrire un nombre d’actions proportionnel au nombre de ses membres et jouirait en retour d’un droit de vote équivalent (2).
La même année 1863, à Pâques, une deuxième Conférence fut tenue. Il fut décidé que la Fédération serait fondée et aurait Manchester pour siège. Au mois de novembre 1863, la société coopérative de gros du Nord de l’Angleterre fut enregistrée. C’était la « North of England Wholesale Industrial and Provident Society Ld » constituée selon les termes de
(1) Cernesson, p. 287, 309-314.
(2) Catherine Webb, p. 106.
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Tact de 1862 ; elle se composait de 45 coopératives, comprenant 17.543 membres (1).
Les statuts proposés par Greenwood furent adoptés, sauf pourtant celui qui était relatif à l’obligation pour les coopératives adhérentes d’acheter .à la Wholesale tous les articles dont elles-mêmes avaient besoin. On trouva cette règle impérative trop absolue.
En 1872, les termes « Nord de l’Angleterre » furent abandonnés ; la société avait acquis une plus grande extension et devint « PEnglish Wholesale Cooperative Society». A l’heure actuelle, les principes posés par Abraham Greenwood restent encore la règle de la Fédération : pas de membres individuels dans la société ; souscription d’un capital-obligations, et droit de vote proportionnel à l’effectif de la coopérative affiliée ; participation des coopératives aux profits selon le montant de leurs achats respectifs.
La Wholesale a commencé par n' être qu un commissionnaire. — Une transformation cependant est à signaler. Au début de son fonctionnement, la coopérative se contentait de tenir le rôle d’une simple agence d’achat, prélevant une commission sur le prix des marchandises vendues par elle aux sociétés affiliées. La Wholesale n’était qu’un simple intermédiaire, concentrant toutes les commandes des coopératives, capable par conséquent d’effectuer des achats en gros avantageux.
La Wholesale ne faisait pas elle-même fonction de commerçant ; elle ne courait aucun risque, cependant ce système présentait les plus graves inconvénients ; des raisons matérielles s’opposaient à son maintien (2). Il était fort difficile, voire même impossible, d’acheter les quantités exactes de marchandises que demandaient les coopératives affiliées ; il fallait nécessairement se laisser aller à acheter davantage pour avoir assez, mais c’était acheter à découvert, au risque de la Who-
(1) Cernesson,p. 315.
(2) Levetus, p. 268.
lesale. Celle-ci dut ainsi se résoudre à courir le risque commercial. D’ailleurs une raison plus grave força la société à changer de système : les directeurs de la société s’aperçurent vite que la Wholesale faisait un métier de dupe en vendant toujours, malgré les variations des cours, les marchandises qu’elle avait en magasin, au prix d’achat majoré d’une légère commission. De deux choses l’une : ou bien, les cours avaient monté depuis l’achat en gros de la Wholesale, et la société vendait cependant les marchandises au prix coûtant majoré de la commission fixe : les coopératives adhérentes se disputaient les marchandises en magasin de la Wholesale. Rationnellement, l’élévation des prix au prix de vente courant s’imposait pour éviter cette affluence de demandes et départager les nombreuses sociétés clientes qui se portaient acquéreurs ; mais la Wholesale n’usa pas de ce procédé, aussi ne réalisa-t-elle aucun bénéfice sur la vente des marchandises en hausse. Il fallait donc qu’elle ne subisse aucune perte, lorsqu’elle écoulait des marchandises dont le prix avait baissé. Tel n’était pas le cas. Si la marchandise achetée par la Wholesale avait baissé de prix, la Wholesale ne trouvait point de sociétés adhérentes disposées à acheter la marchandise au prix d’achat majoré du droit de commission invariable. Les sociétés adhérentes n’étaient pas obligées de s’approvisionner auprès de la Fédération, chaque fois que celle-ci tenait en magasin les marchandises demandées ; les sociétés préféraient s’adresser ailleurs. La Fédération, pour arriver à écouler ses produits, était obligée de les baisser de prix, d’où pertes qui n’étaient pas compensées par des gains sur les marchandises en hausse. Par le jeu de ce mécanisme, la Wholesale se serait trouvée hors d’état de continuer longtemps son activité.
La Wholesale adopte le système de la vente au prix du commerce. — La Société de gros fut contrainte de sortir du rôle d’une simple agence achetant le moins possible à découvert,
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et vendant invariablement au prix d'achat ; elle acheta désormais à ses risques et périls, mais aussi à son propre bénéfice. Elle vendit aux Sociétés clientes les marchandises si ce n’est au prix courant du commerce, ou du moins à un prix calculé selon le prix courant du marché (1). Ce procédé de gestion a conduit la Wholesale à un très grand degré de développement.
lu Composition actuelle de la Wholesale.
Avant d'envisager l’extension de la Wholesale, il convient d’étudier le mécanisme de son fonctionnement. La Fédération necomprend à proprement parler pas d’autres membres queles sociétés coopératives ; ces Sociétés doivent avoir été enregistrées conformément à Tact de 1876 sur les Sociétés de secours mutuels ou de toute autre loi établissant le principe de la responsabilité limitée (2). Ces sociétés se font représenter auprès de la Fédération par un double procédé ; elles commencent par figurer en nom, à titre de membres de la Fédération, et sont représentées auprès de la Wholesale par un délégué officiel, mais elles ont de plus la faculté de déléguer certains de leurs membres comme représentants auprès de la Wholesale ; ces délégués sont chargés au nom de la société mandataire, d’exercer le droit de vote qui appartient à cette dernière. Toute société affiliée possède, en fait, plus d’un suffrage aux assemblées générales ; le délégué officiel ne disposant que d’une seule voix, ne suffit pas à épuiser ce droit de vote. Les délégués qui lui sont adjoints ont pour but de parfaire la représentation de la société auprès de la Wholesale (3).
Les rédacteurs des statuts de la Wholesale anglaise ont exprimé de façon un peu trop brutale l’emploi de ce double
(1) Catherine Webb, p. 107.
(2) Article 5 des statuts.
(3) Article 8 des statuts.
procédé de représentation des sociétés affiliées. L’article 5 des statuts porte que la Wholesale se compose de membres individuels en même temps que de sociétés coopératives. Nous avons vu de quelle façon cette disposition a besoin d’être interprétée.
Droit de vote des coopératives affiliées. — La puissance électorale de chaque société affiliée est exactement proportionnelle au nombre de ses membres ; les Anglais n’ont pas craint que les petites sociétés ne soient annihilées par les grandes. Chaque société est autorisée à nommer un délégué par 500 membres ou fraction de 500 membres pour la représenter aux assemblées trimestrielles de la Wholesale (1). Chaque délégué n’a droit qu’à une seule voix.
Le pouvoir exécutif appartient dans la Wholesale anglaise à un Comité central siégeant à Manchester. Ce Comité central se compose de 16 membres nommés pour deux ans, mais rééligibles.
Des dispositions spéciales visent leur élection par les sociétés affiliées. L’article 19 des statuts règle cette matière dans les plus petits détails pratiques ; aussi donne-t-il une idée très exacte de la minutie extrême avec laquelle les statuts de la Wholesale anglaise ont été rédigés.
De toutes les Fédérations coopératives, il n’en est aucune dont les statuts soient aussi longs et aussi compliqués. Le génie anglais essentiellement préoccupé d’éviter toute abstraction, mais porté à descendre dans les infimes détails de la pratique, s’y révèle tout entier. Ces statuts sont positifs, minutieux et tourmentés.
Mécanisme de Vélection des membres du comité central. — L’élection des membres du Comité central est rigoureusement réglementée. La présentation des candidats est laissée à l’initiative des sociétés affiliées, mais chaque société affiliée ne peut présenter qu’un seul candidat (1).
(1) Article 19 des statuts.
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Quelque temps avant le jour de l’élection, le Comité central transmet aux sociétés aftiliées la liste complète des candidats, rangés par ordre alphabétique, pour chacun des sièges à pourvoir de titulaires. Chaque société dispose d’autant de suffrages qu’elle compte de fois 500 membres ou fraction de 500 membres ; mais il lui est interdit de faire bloc sur le même candidat du total des voix, dont elle dispose, à l’égard de l’ensemble des sièges à pourvoir de titulaires ; elle ne peut pas attribuer à un candidat plus de voix qu’elle n’en possède par 500 membres ou fraction de 500 membres.
L’élection a lieu par correspondance. Le conseil d’administration de chaque société envoie au Comité central, sous pli cacheté, les bulletins de vote des candidats qu’il préfère élire. Le dépouillement est opéré à Manchester par les soins de deux vérificateurs spéciaux ; le résultat est proclamé et lu à l’assemblée trimestrielle prochaine. Les vérificateurs spéciaux sont eux-mêmes élus par les sociétés coopératives de la même façon que les membres du Comité central (1).
2° Administration de la Wholesale.
Les organes de la Wholesale sont au nombre de trois : Les assemblées générales de la Fédération, le Comité central, les Vérificateurs des comptes.
Les assemblées trimestrielles. — La Wholesale est gouvernée par l’assemblée générale de ses membres (2). Celle-ci, à vrai dire, constitue un corps unique, cependant les sociétés affiliées à la fédération adhèrent à des centres de délibération assez nombreux. Les statuts de la Wholesale portent que des assemblées générales se tiennent simultanément tous les trois mois à Manchester, Newcastle et Londres, et dans toute
(1) Article 20 des statuts.
(2) Article 16 des statuts.
ville désignée par les assemblées générales aux sessions précédentes.
En fait, ces 3 centres de délibération n’ont pas paru suffisants ; aux villes de Manchester, Newcastle et Londres, on a joint les villes de Bristol, Long-Eaten, Carbrook etAspatria (1). Ainsi les sociétés affiliées sont réparties entre 7 centres de délibération, les coopérateurs anglais ont vraisemblablement pensé qu’il n’était pas pratique d’imposer tous les trois mois aux représentants des sociétés coopératives fédéralisées le voyage de Manchester.
L’ordre du jour de ces différentes assemblées générales est rigoureusement arrêté, trois semaines avant la date de la réunion, il ne peut être modifié, il est exactement le même dans les différents centres de délibération (2). Cette rigueur est tout à fait nécessaire pour l’obtention d’un résultat d’ensemble. Les votes émis à Newcastle, à Londres, et dans les autres centres de délibération et huit jours après à Manchester, sont centralisés à Manchester, et les résultats définitifs, proclamés en conséquence. Par ce procédé, les différentes assemblées qui se réunissent simultanément, ne forment en réalité qu'une seule assemblée générale, sectionnée en 7 tronçons. La rigueur de la méthode employée supplée à l’unité de lieu, qui fait totalement défaut aux assemblées générales de la Fédération.
Le sectionnement de l’assemblée générale de la Wholesale» est purement géographique, physique, il n’a nullement pour conséquence un partage d’autorité : l’Assemblée générale de la Wholesale, n’en demeure pas moins une et indivisible, aussi ne peut-on voir dans ce sectionnement aucun symptôme de décentralisation.
Le comité central. — La Wholesale (3) est administrée
(1) Cernesson, p. 477.
(2) Article 28.
(3) Article 18.
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par le comité central, qui siège à Manchester ; ce comité est composé de 16 membres, élus par correspondance par l’ensemble des sociétés affiliées, et de 4 délégués nommés par moitié, parles deux sous-comités de la Fédération. Enfin un membre supplémentaire peut être élu, dans le but de départager les membres titulaires. Quitte à appliquer les décisions des assemblées, ce comité central est souverain, il a la direction générale des affaires de la société, il nomme les employés et fixe leurs émoluments ; il siège au moins une fois par semaine ; pour être en droit de prendre des décisions, il est nécessaire que neuf membres au moins soient présents (1) , Il choisit dans son sein un président qui dirige ses séances, ainsi que les assemblées trimestrielles partielles, tenues à Manchester, la voix du président est prépondérante.
C’est le comité central qui convoque les assemblées trimestrielles de la Fédération, il fait établir chaque semestre des rapports financiers, qui exposent la marche générale de la société, ces bilans semestriels sont présentés aux assemblées générales de mars et septembre. Cependant, avant d’être soumis à l’approbation de l’assemblée générale, ils doivent être contrôlés par 2 ou plusieurs vérificateurs des comptes, qui sont élus par les sociétés affiliées de la même manière que les membres du comité (2).
Les deux sous-comités de Newcastle et Londres. — Au dessous de ce comité central, la Wholesale a constitué deux sous-comités, siégeant à Newcastle et à Londres, ces souscomités se composentchacun de huit membres élus de la même manière que les membres du comité central, mais uniquement par les sociétés affiliées comprises dans la circonscription du sous-comité (3).
(1) Articles 30-33 des statuts.
(2) ArticleJ3.
(3) Article 21.
A ces 8 membres, se joignent deux représentants du comité central ; les membres de ces sous-comités sont ainsi au nombre de dix. Chacun de ces sous-comités, véritable section régionale de la Fédération, n’est pas douée de la personnalité juridique. Toutefois, pareille institution amène une certaine décentralisation commerciale, non seulement ces deux souscomités rendent le service de réunir à leur siège en assemblée trimestrielle les délégués de la région, mais ils servent à grouper d’une façon permanente les commandes des sociétés dépendant de leur circonscription.
La Fédération anglaise est donc subdivisée à l’heure actuelle en trois sections, distinctes au point de vue des commandes et des livraisons : Ces trois sections sont administrées par des comités différents, il y a donc là un embryon d’organisation régionale. On comprend que la Wholesale doive admettre une certaine décentralisation, un organisme central ne peut débiter commodément lui-même, et répartir entre plus de 1.110 sociétés, 620 millions de francs de marchandises, le montant annuel des ventes de la Wholesale. Une certaine décentralisation doit être opérée dans les écritures et les comptes, la marche générale des opérations en est simplifiée.
Il est très remarquable que les directeurs de cette immense société centrale aient toujours été de simples ouvriers grandis dans la coopération, et façonnés par elle à la pratique de la vie commerciale et industrielle (1). Le magasin de gros de Manchester, et les grandes sociétés distributives que compte l’Angleterre sont la preuve évidente, que la classe ouvrière contient des membres, parfaitement capables d’embrasser les plus vastes entreprises commerciales, d’assumer la direction d’immenses ateliers de production : La classe ouvrière, initiée à la pratique des affaires, produit d’aussi grands brasseurs d’affaires, d’aussi remarquables « capitaines d’industrie » que la classe capitaliste.
(1) Catherine Webb, p. 122.
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L’expropriation des classes patronales par les classes salariées demeure possible.
3° Capital de la Wholesale.
Capital-obligations . — Toute société coopérative, en même temps qu’elle fait sa demande d’affiliation est obligée de souscrire auprès de la Wholesale, un nombre d’obligations proporlionnel au nombre de ses membres (1). Autrefois, la souscription minimum d’obligations était de 1875 francs pour 100 membres inscrits à la société. On a jugé que cette souscription de 18 fr. 75 par membre pouvait être majorée, on l’a récemment portée, en 1904, à 1 £ ou 25 fr. 22, chaque société doit, en effet, contribuer à la constitution du capital social de la Fédération jusqu’à concurrence de5£, à raison de 5 membres ou fraction de 5 membres. Cette obligation est extrêmement lourde ; à part l’Ecosse, qui est astreinte à la même souscription, on ne trouve nulle part en Europe, d’exemple d’une souscription minimum aussi élevée. Chaque société doit en outre s’engager à tenir le montant de sa souscription, à la hauteur du nombre de ses sociétaires.
La responsabilité de chaque société affiliée est limitée à la somme de ses obligations, le capital versé par la société affiliée porte intérêt à 5 0/0 (2).
Chaque société, à son admission, verse au moins un shelling par obligation souscrite, aucun boni, ni intérêt ne peut être retiré par les membres de la société, avant que toutes les obligations souscrites ne^soient intégralement payées (3). Les sociétés qui ont intégralement versé le montant de leurs obligations retirent 3 0/0 des intérêts et de bonis, qu’elles laissent s’accumuler dans les caisses de la Wholesale, elles
(1) Article 5 des statuts.
(2) Article t6.
(3) Article 9.
peuvent à tout moment, sur leur demande, retirer ce capital emprunté par la Wholesale.
Emprunts — Les emprunts ou les dépôts, dont profite la Fédération anglaise, sont très importants : la Wholesale reçoit tous les dépôts, que les coopératives ou leurs membres veulent bien lui consentir (1). Le comité central de la Wholesale est en même temps autorisé à faire de véritables emprunts aux sociétés affiliées, à condition que le montant de ces emprunts n’excède pas le quadruple du capital-obligations souscrit par ces sociétés auprès de la Wholesale.
En retour, le comité central peut se faire autoriser par les assemblées générales, à consentir des prêts, aux sociétés affiliées qui offrent toutes garanties, et qui sont régulièrement inscrites sur le registre du commerce (2).
Le Wholesale n’a pas besoin d’une quantité énorme de capitaux, elle reste tout à fait fidèle à la règle de la vente au comptant. Tous les achats faits par les Sociétés se font au comptant ; la première commande doit être accompagnée d’une somme d’argent suffisante pour couvrir la valeur des marchandises commandées.
Le payement des commandes doit se faire dans les 7 jours de la date de la facture. La Wholesale met ses produits en vente à un prix calculé suivant l’état du marché. Elle vend d'ailleurs aux coopératives non adhérentes aux mêmes conditions exactement qu’aux sociétés affiliées, seulement elle ne leur attribue aucune ristourne.
Les statuts de la Wholesale l’obligent à un amortissement automatique de ses biens, meubles ou immeubles (3) : chaque année, la valeur de ses biens-fonds, à l’exception de ceux qui sont consacrés aux cultures agricoles, est diminuée de
(1) Article 35.
(2) Article 34.
(3) Article 15.
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2 1/2 0/0, au moins de leur valeur primitive, la valeur de ses bâtiments est réduite de 5 0/0, celle de ses navires, de 7 1/2 0/0 au moins par an.
La répartition des bénéfices (1) telle qu’elle est établie par les statuts de la Fédération est tout à fait conforme aux principes coopératifs, toutefois elle ne présente aucune particularité, la fraction des bénéfices globaux qui est affectée au fonds de réserve n'est pas fixée à l’avance par les statuts. Tout est laissé en cette matière à l’appréciation de l’assemblée générale, le reste des bénéfices annuels est réparti entre les sociétés clientes, au prorata de leurs achats respectifs.
4° Le développement de la Wholesale (2).
1° Historique succinct de 1864 à 1870. — Les premiers débuts de la Wholesale furent très pénibles, les sociétés affiliées en 1864 ne comprenaient que 18.337 sociétaires, soit les 19 0/0 du nombre total des coopérateurs à cette époque, le chiffre des ventes de la Wholesale, afférent à la même année, n’atteignit pas 1.300.000 francs. La médiocrité de ces débuts prouve qu’il n’est pas nécessaire de disposer des forces coopératives importantes pour jeter les bases d’une Fédération d’achat.
En 1869, la Wholesale réalisait plus de 10 millions de francs de ventes, les sociétés adhérentes comprenaient 75.000 membres. Les progrès furent donc assez rapides, la Fédération ne comprenait pourtant à cette date que le tiers du nombre des coopérateurs : 75.000 sur 230.000 et ne réalisait que 6 0/0 des ventes totales des coopératives anglaises à cette époque : 10.300.000 sur 188 millions (3).
Les bénéfices ont varié dans cette période de 0,62 à 1 ,46 0/0, par la suite ils n’ont jamais atteint 2 0/0, ils sont de 1,20 0/0
(1) Article 17.
(2) Se reporter à la statistique du Royaume Uni , n° 1, p. 74.
(3) Cernesson, p. 319-320, voir notre statistique, n* 5, p. 78.
en moyenne. La Fédération, désireuse de vendre ses produits à des conditions avantageuses pour les sociétés, s’est toujours efforcée de livrer ses marchandises à un prix légèrement inférieur au prix du commerce.
La Wholesale réalisait en 1870, 12 millions 1/2 de francs de ventes, elle atteignit en 1906 un chiffre de ventes 44 fois plus considérable (562 millions).
Les sociétés adhérentes comprenaient en 1870, 79.000 sociétaires, elles embrassaient en 1906 un nombre de sociétaires 22 fois supérieur (1.703.000).
Des progrès merveilleux ont donc marqué ces 36 années de coopération. Il semble vraisemblable que des triomphes mémorables, des luttes célèbres, aient jalonné ces 36 ans de vie coopérative. Rien n’est moins vrai : Il en est des institutions prospères comme des peuples heureux, ils n'ont pas d’histoire Toute cette longue série de progrès n’est traversée par aucun événement considérable, tout au plus peut-on indiquer pour mémoire ,1a crise subie en 1878 et 1879 par la Fédération qui vit son chiffre d’affaires rétrograder. Par ailleurs, on ne peut constater qu’une croissance régulière, rapide, infatigable. L’Angleterre, dès les débuts du mouvement associationniste, s’est lancée dans la bonne voie, aucun écart, aucune défaillance n’est à signaler, mais seulement la marche progressivement triomphale de ses sociétés coopératives et de sa Fédération d’achat.
2° Progrès réalisés de 1870 à nos jours. — Quatre dates peuvent être retenues pour mesurer les progrès réalisés : 1870, 1890, 1900, 1906.
a) Nombre des membres des sociétés affiliées. — Par rapport à ce qu’il était en 1870, le nombre de sociétaires des coopératives adhérentes était devenu 9, 15 et 22 fois plus considérable en 1890, 1900 et 1906.
La Wholesale, par ses sociétés adhérentes, embrassait en 1870 environ 32 0/0 du nombre total des coopérateurs anglais
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à cette époque : En 1890, 1900, 1906, ce rapport s’était élevé à 750/0, 80 0/0, 94 0/0 ; actuellement, la presque totalité des coopérateurs anglais adhère à la Wholesale, par l'intermédiaire des sociétés affiliées. L'Angleterre proprement dite et le Pays de Galles comptaient en 1906.4.841 440 coopérateurs ; à cette date, la Fédération n’embrassait pas moins de 1.703.564 coopérateurs ; la Fédération de l’Angleterre, en étendue tout au moins, est parvenue à son maximum.
La Wholesale anglaise ne pourra augmenter l’effectif de ses membres, que si le nombre absolu des coopérateurs anglais commence lui-même par augmenter.
Cet effectif formidable déplus de 1.700.000 coopérateurs est de beaucoup le plus considérable de ceux que comptent les diverses Fédérations actuelles.
b) Ventes de la Wholesale. — Les ventes de la Wholesale en 1890, 1900, 1906, étaient 14, 32 et 44 fois plus considérables qu’en 1870, elles atteignaient en 1906 et en 1907, le total formidable de 562 et de 619 millions de francs. Elles représentaient en 1870 environ 8 0/0 des ventes totales des sociétés coopératives. En 1890, 1900, 1906 la même proportion s’est élevée à 21 0/0 250/0 et 47 0/0 du chiffre total des ventes coopératives, mais il importe de tenir compte de la majoration de prix d’environ 20 0/0 que subissent les marchandises fournies par la Wholesale, quand elles sont vendues par les sociétés à leurs membres. Cet écart de 20 0/0 est la différence du prix de détail et du prix de gros. En d’autres termes, le chiffre de vente delà Wholesale, pour être comparé au chiffre de vente des coopératives, doit être relevé d’un cinquième environ. Dans ces conditions, on constate qu’en 1890, 1900 et 1906, les ventes annuelles de la Wholesale représentaient 25 0/0, 30 0/0 et 55 0/0 des ventes annuelles des sociétés coopératives.
Les résultats réalisés par la coopération anglaise, depuis une vingtaine d’années sont absolument magnifiques. Depuis
1885, son chiffre d’affaires annueldépasse notablement 120 millions de francs, il était de 185, 233, 401, 562 et 619 millions en 1870, 1895, 1900, 1906 et 1907.
La Wholesale de Manchester est sans contredit possible l’une des plus grandes maisons commerciales de l’Angleterre et du monde entier.
Quelques détails concrets expliquent l’extension qu’a prise la Wholesale anglaise (11 : en 1871 et 1874 sont instituées les deux filiales ou magasins de vente en gros de Newcastle et Londres ; en 1872, la banque coopérative commence à fonctionner. La Wholesale possède des bureaux d’achat sur la plupart des grandes places'commerciales du monde entier. Elle institue de semblables bureaux d’achat, en 1876 à New- York, en 1879 à Rouen, en 1881 à Copenhague, en 1884 à Hambourg, en 1891 à Aarhus (Danemark), en 1894 à Montréal, en 1895 à Gothenburg et en 1897 à Sydney. En 1884, un dépôt régional avait été ouvert à Bristol, en 1895, le domaine de Roden dans le nord de l’Angleterre est acheté, en 1901 la maison de convalescence de Roden, destinée aux coopérateurs malades, est ouverte. Enfin en 1902 la Fédération anglaise, de concert avec la Fédération d’Ecosse, achète à Ceylan une plantation de thés. La Wholesale possède actuellement 7 navires qui relient l’Angleterre aux différents bureaux d’achat que la société a établis sur le continent.
La Fédération s’attache de plus à recourir aux sources directes de production. Ses acheteurs itinérants ou séden* taires achètent pour son compte, les quantités voulues de marchandises, directement dans les pays de production, et se chargent eux-mêmes de l’expédition des produits en Angleterre. La Wholesale fait ainsi l’économie de tous les frais d’intermédiaires et d’importateurs.
La Wholesale anglaise a importé directement en 1902 en-
(1) Catherine Webb, p. 111.
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viron 140 millions de francs, de produits étrangers ; la plupart venaient du Danemark et d’Amérique. Le Danemark avait fourni 63 millions de beurre, de lard et d’œufs ; d’Amé rique étaient venus 38 millions de fromage, de lard, de blé (1).
Les Wholesales d’Angleterre et d’Ecosse ont institué en Irlande des beurreries fédérales importantes. En 1903, celles-ci ont fourni plus de 6 millions de beurre à la Fédération anglaise et 2 millions à la Fédération d’Ecosse.
Ces beurreries sont la propriété des Fédérations, leur institution a commencé par alarmer les Irlandais, partisans des sociétés syndicales : cependant les fermiers irlandais ont trouvé dans ces établissements fédéraux un débouché assuré pour leur production de lait, aussi se sont-ils peu à peu ralliés à l’initiative des Wholesales.
La fraction de beaucoup la plus forte des ventes de la Wholesale anglaise concerne les denrées alimentaires ; en 1906, sur 562 millions de marchandises vendues, les denrées alimentaires ne figuraient pas pour moins de 424 millions de francs, ou comptait en outre 37 millions 1/2 d’étoffes, 20 millions de chaussures, 10 millions de lainages et confections, et 18 millions d'articles d’ameublement.
c) Augmentation du capital de la Fédération. — Les capitaux dont dispose la Fédération, se décomposent en 4 catégories : en capital-obligations, en emprunts et dépôts, en fonds de réserve, et en fonds d’assurance.
Les emprunts et dépôts dont profite la Wholesale de la part des sociétés clientes ou des membres de ces sociétés, constituent la plus forte part de ses capitaux, plus des 2/3 de ceux-ci ont semblable origine.
Le capital-obligations occupe le 2e rang comme importance, il atteignait en 1906, 34.708 000 francs (2); le fonds d'assu-
(1) Catherine Webb, p. 112 et 113.
(2) Le terme courant de « capital-actions » nous parait d’un choix
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rance est sensiblement égal à 15 millions. Enfin le fonds de réserve se montait en 1906 à 9.703.000 francs.
Les statistiques prouvent que le capital social et les emprunts et dépôts ont l’un et l’autre sensiblement triplé de 1890 à 1906. Dans le même laps de temps, le fond d’assurance a quadruplé, le fonds de réserve a plus que sextuplé.
Dans l’ensemble, la Wholesale anglaise dispose sensiblement d’un capital global obligations et dépôts de 100 millions de francs, plus 24 millions de réserve. Si l’on considère la croissance de l’ensemble des capitaux de la Wholesale, on constate que le montant de ceux ci était en 1890, 1900, 1906, 36, 79, 123 fois plus élevé qu’en l’année 1870. La croissance est véritablement énorme, et dépasse de beaucoup celle pourtant considérable que nous avons observée, à l’endroit du chiffre d’affaires de la Wholesale qui a augmenté de 1 à 14, à 32 et à 44.
Surabondance des capitaux de la Wholesale. — Aussi comprend-on que la Wholesale de Manchester se déclare suffisamment pourvue de capitaux, et se montre embarrassée d’effectuer leur placement ou de les faire valoir directement ; de beaucoup, la plus grande partie des capitaux de la Fédération, environ 100 millions (sur les 124 millions), sont grevés d’intérêt ; le fonds d’assurance et le fonds de réserve qui sont francs et quittes de tout intérêt, ne se montent qu'à 24.662.000 fr. (1).
tout à fait malheureux. Les parts sociales qu’émet la Fédération, ne confèrent aucun droit aux bénéfices de l’entreprise,- ni aucun droit de vote à l’assemblée des membres : les souscripteurs des parts sociales sont, en tant que souscripteurs, tout à fait comparables à de simples bailleurs de fonds ou obligataires. Le terme d’obligataires nous paraît plus exact que celui d’actionnaires. C’est seulement à titre de clients ou de consommateurs, que les souscripteurs des parts sociales acquièrent la qualité de sociétaires .
(1) Se reporter à notre statistique générale, n° 2, pages 158, 159 .
ANGLETERRE
Le mode normal d’exploitation des capitaux mis à la disposition de toute Fédéralion d’achat et de production, c'est la faire valoir directement, c’est l’institution par la Société d’entreprises fédérales de production. Par cet unique procédé, la Fédération coopérative, disons la collectivité des coopérateurs d’un pays, s’emparera progressivement des différents moyens de production nécessaires à l’alimentation de la population coopérative du pays.
La Fédération anglaise s’est engagée depuis longtemps déjà dans la voie de la production directe. Mais les efforts qu’elle a réalisés sont demeurés tout à fait insuffisants pour absorber 1 inlégrali t é des capitaux dont elle dispose. Aussi en a t-elle été réduite à placer à intérêt la plus grande partie des 124 millions qu’elle possède.
La plus faible fraction des capitaux placés à intérêt par la Fédération a été prêtée par elle à des sociétés coopératives, cette affectation est excellente ; en investissant ses capitaux dans des entreprises coopératives, la Fédération les fait directement concourir à l’extension du régime coopératif. Malheureusement la plus forte partie des capitaux de la Fédération a-t-elle été investie par la société dans des entreprises capitalistes anglaises.
Sans doute, ce placement est-il avantageux à la Fédération qui retire de ses capitaux des intérêts assez considérables. Ces revenus constants accroissent la force financière de la Wholesale. Cependant il serait sensiblement plus profitable à la coopération anglaise d’entreprendre elle-même la mise en valeur directe de ses capitaux immenses.
d) La production de la Wholesale. — Dès maintenant, la production directe de la Wholesale anglaise est très importante ; ses différents ateliers ont produit en 1906 des marchandises pour une valeur totale de 113 millions de francs ; environ le 1/5 des marchandises vendues par la Wholesale a été produit dans des ateliers fédéraux. La Fédération n’a pas
encore abordé la grande industrie, ni les industries sidérurgiques, métallurgiques ou chimiques, mais en revanche il est assez peu d’industries moyennes, dont la Wholesale de Manchester n’ait pas entrepris l’exploitation.
La plupart des établissements de production de la Wholesale anglaise, sont groupés autour de trois centres: Manchester, Newcastle et Londres (1).
1° Minoterie. — La branche de production la plus importante de la Wholesale anglaise est la minoterie. La Fédération ne possède que trois centres de minoterie, près de Dunston, autour de Manchester et à Silwertown, du moins ces trois centres de minoterie, n’ont-ils pas débité en 1906 moins de