‹ Fédérations d'achat & de production des sociétés cooperatives distributivesChapitre 37 sur 109 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

les mains des consommateurs, c’est-à-dire de la collectivité, la propriété et l’administration des moyens de consommation, de production et d’échange » (1).

La théorie fédéraliste se trouve ainsi exprimée de la manière la plus saine et la plus orthodoxe.

4° Développement du Magasin de gros. — Le Magasin de gros des coopératives de France est de création tout récente. A l’heure actuelle, nous connaissons les résultats de sa première année d’exercice ; son chiffre d’affaires a atteint 1.877.781 francs durant ses 8 premiers mois d’activité et 3.874.233 francs à la fin de ses 14 premiers mois d’exercice. Le chiffre d’affaires de sa première année d’exercice s’élève donc à près de 3.500.000 francs. Ce début est très satisfaisant (2).

Les 8 et 14 premiers mois de gestion ont produit un bénéfice net de 25.863 francs, et de 56.834 francs (2),

Au 31 mai 1907, en d’autres termes à son huitième mois d’exercice, le Magasin de gros comptait 141 sociétés affiliées et 211 sociétés clientes. La Bourse des cooperatives socialistes comprenait à la même date 186 sociétés; la plupart de ces dernières avaient donc adhéré au Magasin de gros.

Le capital de la Fédération avait été fixé à la somme insignifiante de 500 francs ; heureusement, les coopératives socialistes montrèrent un véritable empressement à souscrire des parts sociales ; à la fin du premier mois de gestion — octobre 1906 — 30.075 francs d’obligations avaient été souscrits ; au huitième mois de gestion — mai 1907 — les souscriptions sont montées à 47.025 francs dont il ne restait plus que 5.700 francs à verser. La moitié environ de ce capital avait été fourni par des militants socialistes admis à titre de membres de la société; 22.875 francs avaient semblable provenance. Les

(1) Article 15.

(2) Statistique de la France, n° 3, p. 205.

FRANCE

sociétés affiliées avaient fourni le reste du capital, soit 24.150 francs.

La rapidité de cette souscription a décidé l’assemblée générale du 6 octobre 1907 à élever le capital de la Fédération à la somme de 100.000 francs ; au 30 novembre 1907, 51 . 100 francs avaient été souscrits. Ce capital de début est très satisfaisant.

La Fédération suisse dont le chiffre d’affaires annuel a tout récemment dépassé 14 millions ne possède qu’un capital social équivalent ; il s’élève seulement à 53.000 francs. Heureusement la Fédération suisse a-t-elle réussi à emprunter et à recevoir en dépôt des sommes importantes.

Le Magasin de gros de Paris semble doté de capitaux suffisants pour faire face à l’étendue actuelle de ses opérations.

Au 31 mai 1907, ses différentes réserves, prélevées sur les bénéfices d’exploitation, atteignaient déjà la somme de 20.000 francs environ.

Dès sa première année d’exercice, le Magasin de gros a résolument abordé la production directe. Elle a acheté à la date du 1er juin 1907,1a cordonnerie de Lillers (Pas-de-Calais), une association ouvrière de production qui végétait misérablement depuis quelques années. En 1906, elle comptait 45 sociétaires et avait réalisé 118.224 francs de ventes. La gestion du Magasin de gros semble donner les meilleurs résultats (1).

Le premier trimestre d’exploitation a donné 6.000 francs de bénéfices à la Fédération. Les ouvriers de la cordonnerie, quoique dépossédés du droit de propriété sur l’entreprise et réduits à la qualité de salariés, seront vraisemblablement les derniers à se plaindre de la transformation. La direction du Magasin de gros a décidé de porter leur salaire hebdomadaire à 27 francs. Ces mêmes ouvriers ne touchaient auparavant

(1) Rapport présenté à l’assemblée générale du 6 octobre 1907,

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