chapitre xi
achetait la plupart des marchandises seulement, après avoir reçu la commande ; ces marchandises étaient envoyées directement par le fournisseur aux coopératives clientes.
Le docteur Gruger, président du conseil d’administration de rAllgemeine-Verband, en prenait prétexte pour dire, que la Fédération n’était qu’une agence de courtage. Assurément ce reproche portait à faux : la position de courtier résulte, en effet, d’une situation de droit, absolument indépendante de toute situation de fait ; l’absence de tout entrepôt autre que celui de Hambourg ne laissait pas que d’être gênante pour la Fédération, mais ne faisait pas acquérir à celle-ci la qualité de courtier.
La Fédération a progressivement ouvert des entrepôts dans différentes grandes places commerciales ; en 1899, elle en possédait un à Schedewitz et un autre à Riesa ; en 1901, elle fonde l’entrepôt de Berlin. Depuis, elle acquit ceux de Düsseldorf et de Mannheim ; elle en compte 6 de nos jours (1).
La production de la Fédération. — La Fédération n’a pas encore réussi à aborder la production directe ; sans doute, elle possède une rôtisserie de café, mais il est impossible de dénommer cet établissement, un atelier de production. La rôtisserie du café est le complément obligatoire des achats de café qu’effectue la Fédération ; cette opération est en quelque sorte impliquée par l’emmagasinage et la mise en vente de ces énormes quantités de café, aussi est-il d’un très faible intérêt d’apprendre que la rôtisserie n’a pas traité en 1906 moins de 1 .058.909 kilos de café.
Depuis fort longtemps, la Fédération projette l’établissement d’une fabrique de savons ; elle a toujours été empêchée de mettre son projet à exécution, par suite de l’opposition des autorités publiques qui lui ont toujours arbitrairement refusé les autorisations nécessaires. Il demeure donc parfaitement
(1) Kaufmann, p. 165.
ALLEMAGNE
exact de dire que la Fédération n’a pas encore abordé la production directe ; sous ce chef, elle apparaît comme encore bien peu avancée, la pénurie de capitaux dont elle souffre lui interdit à l’heure actuelle presque toute tentative de production directe.
L’étude de la Fédération coopérative considérée en ellemême, abstraction faite de toute contingence, se trouve ainsi terminée ; mais, en réalité, la Fédération allemande, pas plus que toute autre, ne peut être comprise à l’état isolé ; elle doit être rapprochée de deux sortes d’institutions qui en constituent véritablement les deux bases, à savoir le Zentral-Verband et les Unions d’achat. Il nous est absolument nécessaire de voir sur quels supports repose la Fédération.
SECTION III. — Les deux bases du Magasin de gros de Hambourg : l’Union centrale et les Unions d’achat.