‹ Fédérations d'achat & de production des sociétés cooperatives distributivesChapitre 56 sur 109 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

l’exclusion de la Fédération de Hambourg, de l’Union des coopératives de Saxe et de 98 coopératives fut prononcée.

Cependant, ce coup d’Etat tourna à la confusion des sociétés qui l’avaient accompli.

Plusieurs Unions régionales, révoltées de voir que cette exclusion n’était légitimée que par les intérêts propres des sociétés syndicales ou de leurs membres décidèrent de se retirer également de l’Union du docteur Criiger. Les Unions coopératives de l’Allemagne du Sud, de l’Allemagne du Nord, de Thüringe et de Brandebourg envoyèrent leur démission au directeur de l’Allgemeine-Verband ; certaines coopératives des provinces de Saxe, Anhalt et Brunswick démissionnèrent également et constituèrent par leur réunion l’Union des coopératives de l’Allemagne centrale. Enfin, les sociétés distributives des pays Rhénans formèrent l’Union rhénane-west" phalienne (1).

La formation du Zentral-V erband en 1902. — Ces Unions régionales au nombre de sept résolurent aussitôt de se grouper et de former une nouvelle Union coopérative nationale ; ce fut le Zentral-V erband Deutscher Konsumvereine. L’Union devait être définitivement constituée par l’assemblée générale de Dresde, le 17 mai 1903. A son origine, cette Union était presque intégralement composée des coopératives exclues de rAllgemeine-Verband.

En l’absence de toute Union coopérative alliée, la Fédération avait dû organiser un bureau de rédaction et de renseignements pour organiser la propagande coopérative. En guise de cadeau de joyeux avènement, la Fédération — qui tenait en même temps son assemblée générale à Dresde — s’empressa de transmettre la propriété de son bureau de rédaction à la jeune Union coopérative qui accepta ce transfert.

Les sociétés, membres du Zentral-Verband, doivent admet-

(1) Kaufmann, p. 217.

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tre, en fait, d’être indirectement rattachées au Magasin de gros de Hambourg. Sans]doute l’affiliation au Zenlral-Verband ne saurait impliquer une inféodation au Magasin de gros de Hambourg — ces deux organisations sont de même niveau et traitent de pair à égal — elle suppose cependant un rattachement assez étroit à la Fédération allemande ; une étude plus attentive du Zentral-Verband montre surabondamment cette interdépendance des deux sociétés centrales, qui se prêtent un mutuel appui.

§ 4. — Le fonctionnement du Zentral-Verband.

a) La composition du Zentral-Verband. Les 7 Unions régionales et le Magasin de gros de Hambourg . — Le Zentral-Verband se compose de coopératives distributives, de coopératives incorporées et d’associations ouvrières de production.

A proprement parler, cette formule est inexacte ; le Zentral- Verband se compose à vrai dire de 7 Unions régionales et du Magasin de gros de Hambourg. Aucune société coopérative ou association ouvrière de production n’est rattachée au Zentral-Verband autrement que par l’intermédiaire d’une Union régionale, désignée du nom de « Revisions-Verband » textuellement Union de révision ou de contrôle.

Les 7 Unions régionales constitutives du Zentral-Verband. — Ces 7 Unions régionales qui se divisent le territoire allemand, comprenaient, à la date du 31 décembre 1906, 900 coopératives distributives et 28 sociétés différentes — 20 coopératives incorporées et 8 associations ouvrière des production (1).

Ces 7 Unions régionales sont, par ordre d’importance croissante : l’Union des pays rhénans et westphaliens : 64 sociétés

(1) Voir la statistique allemande n° 4, p. 304 et le Zentral-Verband fur 1907, p. 192-197.

adhérentes en 1906, 60.229 sociétaires, 16 millions de marks d’affaires annuelles ; — l’Union de Brandebourg et provinces avoisinantes, 68 sociétés adhérentes, 70.000 membres et 13 millions 1/2 d’affaires annuelles.

L’Union de l’Allemagne centrale : 101 coopératives affiliées 72.266 membres et 22 millions 1/2 de ventes annuelles.

L’Union de Thiiringe qui s’étend sur 154 sociétés et comprend 80.629 membres, faisant 23 millions 1/2 d’affaires par an.

L’Union du Nord-Ouest de l’Allemagne qui comprend près de 120.000 membres et fait un chiffre d’affaires de 27 millions 1/2.

L’Union de l’Allemagne du Sud : 180 sociétés adhérentes, 147.000 membres avec 40 millions de ventes annuelles.

Enfin l’Union de Saxe qui occupe une place tout à fait prépondérante dans le Zentral-Verband : les 153 sociétés qu’elle renferme ne comprennent pas moins de 227.580 membres, ayant atteint en 1906 le chiffre de 64 millions d’affaires.

Le chiffre de ventes des coopératives saxonnes affiliées est le tiers du chiffre d’affaires total de toutes les coopératives allemandes adhérentes au Zentral-Verband. La Saxe a donc le droit de se considérer comme le centre coopératif en même temps qu’industrielle plus important de toute l’Allemagne.

Au total, le Zentral-Verband avait réussi au 31 décembre 1906, à grouper 900 coopératives distributives ; les 865 sociétés qui avaient envoyé leur rapport à l’Union comprenaient 776.999 membres réalisant annuellement plus de 207 millions de marks d’affaires.

Les 7 Unions régionales du Zentral-Verband sont la plupart de fondation assez ancienne ; elles remontent à 1864, 1867, 1868, 1877, 1886. Les deux dernières datent de 1902. Les 5 premières d’entre elles ont été constituées dans les cadres même de l’Allgemeine-Verband et sont passées en bloc au Zentral-Verband, après le coup d’Etat de Kreuznach. Quant aux deux Unions régionales constituées en 1902, celles des pays

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Rhénans et de l’Allemagne Centrale, elles résultent du groupement de certaines sociétés coopératives de ces régions, qui ont démissionné de l’Allgemeine-Verband, les Unions régionales qui groupaient ces sociétés sont restées au sein de l’Allgemeine-Verband.

L’organisation régionale du Zenlral-Verband est nettement établie. Il reste à rechercher quelles sont les manifestations d’activité de ces Unions régionales. Au degré près, elles sont les mêmes que celles du Zentral-Verband : la propagande, l’éducation coopérative en général. Chaque Union possède un directeur, d’habitude le président d’une grande coopérative de la région ; cette société devient pour ainsi dire une filiale du Zentral-Verband ; elle tient à honneur de se montrer digne du choix dont son président a été l’objet et se transforme elle même en un véritable foyer de propagande coopérative. L’économie très régionaliste de l’Allemagne ajoute encore à l’importance des fonctions de ces organismes locaux.

Le Magasin de gros de Hambourg, membre du Zentral- Verband, jouit des mêmes droits sur l’Union que les Unions régionales. Les 7 Unions régionales, décrites plus haut, sont les facteurs constitutifs du Zentral-Verband ; il convient cependant de leur adjoindre un huitième et dernier élément constitutif: le Magasin de gros de Hambourg qui fait partie du Zentral-Verband au même titre exactement que les Unions régionales.

Quels sont donc les droits du Magasin de gros sur le Zentral-Verband ? Nous sommes amenés à exposer rapidement le système d'administration de l’Union centrale.

b) L'administration du Zentral-Verband. — Les organes d’administration du Zentral-Verband sont au nombre de quatre ; le Congrès annuel des membres, le comité directeur, le conseil d’administration, le secrétariat (1).

(1) Le Zentral-Verband fur 1907, p. 163-164.

Le Congrès annuel se compose de l’ensemble des sociétés adhérentes. Chaque société affiliée ne dispose que d’une seule voix, quelle que soit son importance ; les Unions régionales et le Magasin de gros ne possèdent chacun qu’un suffrage. La majorité appartient donc à des sociétés de moyenne importance. Cependant les dispositions très sages qui règlent la nomination du comité directeur et du conseil d’administration déplacent Taxe de la majorité et assurent la prépondérance aux Unions régionales et au Magasin de gros au détriment des sociétés coopératives elles-mêmes.

Le Comité directeur se compose de 11 membres ; 8 d’entre eux sont délégués par les 7 Unions régionales et par le Magasin de gros, chacune de ces organisations nommant séparément son représentant au Comité. Les 3 autres sont nommés par les sociétés adhérentes au congrès annuel. Les Unions régionales et le Magasin de gros, ayant chacun un représentant au Comité directeur, disposent ainsi des 2/3 des voix.

Le conseil d'administration se compose de 3 membres, élus par le congrès annuel sur la proposition du Comité directeur.

Le secrétariat de l’Union est l’organe exécutif du Zentral- Verband ; c’est au secrétaire général qu’incombe le soin de diriger l’Union dans sa propagande et de régler son activité générale ; cependant le conseil d'administration qui est investi d’un pouvoir de contrôle général, demeure responsable des actes du secrétaire. Il doit notamment observer si ce dernier se conforme aux décisions prises parles Congrès annuels ou le Comité directeur.

Ce rapide exposé montre que l’influence réelle appartient dans le ZentraLVerband aux Unions régionales et au Magasin de gros qui leur est assimilé. En tant que membre du Zentral-Verband, le Magasin de gros délègue un représentant non seulement au Congrès annuel, mais encore au Comité directeur de l’Union ; il est ainsi à même de participer à toutes les délibérations du Zentral-Verband. On comprend facile-

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ment qu’une harmonie profonde règne entre l’Union centrale et la Fédération de Hambourg ; ces deux sociétés peuvent être considérées comme des institutions sœurs. L’innovation a son importance ; du temps où le Magasin de gros adhérait à l’AUgemeine-Verband, il était en lutte constante avec cette Union et ne disposait pas 'du moindre droit de vote aux congrès de l’Union (1).

L’interdépendance du Magasin de gros de Hambourg et du Zentral-Verband ne peut être mise en doute par personne, aussi est-il très légitime de considérer cette Union, comme la première base de la Fédération d’achat allemande.

IL — Les Unions d’achat.

La Fédération de Hambourg a cru opportun de placer entre elle et les sociétés coopératives, des organismes intermédiaires qui opèrent un premier groupement des commandes ; ces organismes se nomment des Unions d’achat ; elles existent actuellement au nombre de 43 en Allemagne.

Ces Unions d’achat, la deuxième base de la Fédération d’achat, sont pour la plupart antérieures au Zentral-Verband; elles ne sont pas à proprement parler dépendantes de cette Union, cependant elles sont directement patronnées par elle. En définitive, le Zentral-Verband n’a pas seulement une grande importance pour la Fédération d’achat, à la raison de la propagande qu’elle organise en sa faveur ; elle présente pour le Magasin de gros de Hambourg un intérêt considérable à raison de l’appui qu’elle donne aux Unions d’achat (2).

Celles-ci sont, en principe, des sociétés régionales autonomes ; chacune d’elles est constituée par la réunion des sociétés distributives de la région qui se proposent de s’approvisionner en marchandises auprès de la Fédération ; plutôt que d’adresser directement leurs commandes à la Fédé-

(1) Kaufmann, p. 246.

(2) Le Zentral-Verband für 1907, p. 232-247.

ration, les sociétés transmettent leurs ordres à l’Union d’achat dont elles dépendent.

Les Unions d’achat s’appartiennent à elles-mêmes, s’administrent en toute indépendance, cependant leur autonomie est plus nominale que réelle ; en réalité, destinées à souder étroitement le Zentral-Verband à la Fédération d’achat, elles sont sous la dépendance directe de l’une et de l’autre de ces deux organisations. D’une part, elles sont sous l’hégémonie du Zentral-Verband ; en effet, ces Unions d’achat qui sont très nombreuses, se rattachent aux différentes Unions régionales de l’Union centrale et rentrent dans le cadre même de ces Unions régionales ; d'autre part, elles sont en relation extrêmement étroite avec la Fédération de Hambourg. « Les Unions d’achat et la Fédération d’achat s’appartiennent mutuellement comme la peau et les os » (1).

Les Unions d’achat concentrent les commandes et stimulent le zèle des coopératives, elles peuvent être considérées comme les pourvoyeuses de la Fédération ; elles assument les fonctions de nutrition et d’alimentation du Magasin de gros ; la plupart d’entre elles ont été suscitées depuis 1894 par la Fédération d’achat.

A l’instar desUnions régionales du Zentral-Verband, les Unions d’achat du Magasin de gros divisent l’Allemagne en un certain nombre de circonscriptions ; 43 à l’heure actuelle. Ces 43 Unions d’achat sont groupées sous la direction de 7 Unions régionales ; leur nombre par Union régionale varie de 2 à 11.

Les 7 Unions régionales englobaient 900 sociétés et 776.999 membres en 1906 ; les 43 Unions d’achat comptaient 794 sociétés affiliées et 712.011 sociétaires à la même époque (2).

L’existence de ces Unions d’achat permet de grouper sous trois chefs différents les 1 .404 sociétés qui s’approvisionnent auprès du Magasin de gros. 448 sociétés sont adhérentes et

(1) Le Zentral-Verband für 1907, p. 232-247.

(2) Consulter la statistique allemande n° 5, p. 305.

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clientes à la fois du Magasin de Hambourg ; ce sont de beaucoup les plus importantes, elles englobent 695.647 sociétaires ; 346 sont adhérentes aux Unions d’achat et non à la Fédération ; enfin 610 sociétés clientes sont absolument indépendantes des Unions d’achat comme du Magasin de gros.

Les 346 sociétés qui adhèrent aux Unions d’achat, sans adhérer au Magasin de gros, ne se sont pas décidées à entrer de plain-pied dans l’édifice fédératif ; toutefois, elles sont entrées comme dans le vestibule du Magasin de gros.

L’importance de ces Unions d’achat peut être difficilement exagérée ; ces sociétés groupent à l’heure actuelle 90 0/0 des commandes adressées au Magasin de gros. Les 794 sociétés qu’elles comprennent n’ont, en effet, pas acheté moins de 41 millions et demi de marks en 1906 ; les 610 sociétés clientes du Magasin de gros qui sont restées en dehors de ces Unions d’achat n’ont acheté en 1906 que 5 millions de marchandises, le total général des ventes de la Fédération cette même année ayant été de 46 millions et demi. Les Unions d’achat montrent ainsi leur capacité et leur valeur en tant que facteurs nutritifs de la Fédération d’achat.

SECTION IV. — Résultats généraux de la coopération en Allemagne.

Rechercher le degré de fédéralisation d’un pays revient à comparer l’importance des sociétés distributives de ce pays à celle de la Fédération d’achat qui s’y est constituée ; nous connaissons le second, mais non le premier de ces deux termes, l’importance du mouvement coopératif allemand à l’heure actuelle est même assez malaisée à apprécier à raison d’une difficulté qui se présente pour l’Allemagne, à savoir la répartition des coopératives allemandes en deux groupements différents. A partir de 1902, le Zentral-Verband est venu faire à l’Allgemeine-Yerband une concurrence victorieuse.

Le mouvement coopératif allemand se divise en deux pé-

riodes, l’une antérieure, l’autre postérieure à 1902. Jusqu’en 1902, les principales coopératives allemandes étaient rattachées à rAllgemeine-Verband ; il suffit de consulter l’annuaire de cette Union, pour apprécier les progrès du mouvement coopératif allemand ; au contraire, à partir de 1902, les coopératives allemandes se répartissent en deux Unions opposées; il faut additionner les résultats fournis par les rapports des deux Unions rivales, pour apprécier les progrès du mouvement coopératif en pays allemand.

§ 1. — L’Allgemeine-Verband.

Jusqu’au Congrès de Kreutznach, 1902, rAllgemeine-Verband — à l’époque, la seule Union coopérative de l’Allemagne — voit le nombre des sociétés adhérentes grossir régulièrement chaque année ; puis brusquement, à la fin de 1902, une chute profonde s’observe. Du 1er janvier au 31 décembre 1902, le nombre des sociétés affiliées tombe de 638 à 332 ; l’effectif de ces sociétés s’effondre de 630.785 membres à 300.721 ; le chiffre de ventes de 1901 dépassait 155 millions de marks ; celui de 1902 atteint seulement 69 millions de marks (1).

Ce n’est pas un déclin, c’est un effondrement. Les années qui suivent n’apportent aucun progrès à la situation de l’Union.

De la fin de 1902 à 1906, elle perd 54.000 sociétaires ; les 246.000 sociétaires qui lui restent fidèles consomment en 1906, 61 millions de marchandises, ce chiffre est en diminution de 8 millions sur celui de 1902. L’Allgemeine-Verband se trouve très sensiblement retombée au point où elle se trouvait en 1890. Le coup d’Etat de Kreutznach lui a fait perdre le bénéfice des 15 dernières années. Cette chute est d’autant plus sensible que ces années sont précisément celles qui ont marqué, dans l’histoire coopérative de tous pays, l’exten-

(1) Consulter la statistique allemande n° 3, p. 303,

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sion et la croissance la plus rapide. La déchéance de l’Allgemeine-Verband, en tant qu’Union coopérative, semble définitive.

§ 2. — Le Zentral-Verband.

Si nous jetons les yeux à la même époque, en 1906, sur l’organisme coopératif rival, le Zentral-Verband, brusquement le tableau change du tout au tout. Au lieu d’une Union tombée en décrépitude — du point de vue coopératif, s’entend — nous trouvons une Union coopérative déjà fort puissante et en plein développement.

Le Zentral-Verband se forme dès 1902 avec l’aide de 585 sociétés ; l’immense majorité d’entre elles sont des distributives. 480.916 membres, 147 millions de marks de ventes annuelles sont les bases sur lesquelles repose le Zentral-Verband à ses débuts (1).

Ses progrès sont rapides. A la date du 31 décembre 1906, l’Union centrale ne compte pas moins de 900 sociétés distributives adhérentes ; 865 d’entre elles comprennent 776.999 membres et font un chiffre d'affaires de 207 millions de marks. Ces 865 sociétés ont ouvert 2.324 magasins de vente et possèdent 124 dépôts généraux de marchandises; elles réalisèrent en 1906 près de 19 millions de bénéfices et avaient un capital social de 15 millions 1/2 de marks. Leur réserve proprement dite et leur réserve spéciale se montaient à 8 millions de marks ; leurs immeubles d’une valeur approximative de 34 millions étaient grevés d’une dette hypothécaire de 18 millions (2).

Les sociétés affiliées au Zentral-Verband ont manifesté la même prévoyance, le même esprit d’organisation pratique que les coopératives anglaises. La très grande majorité des sociétés membres du Zentral-Verband a pris soin de s’assurer contre un certain nombre de risques ; la presque totalité

(1 ) Le Zentral-Verband für 1907, p. 186.

(2) Statistique allemande n° 2, p. 302.

d’entre ces sociétés (745.039 sociétaires sur 776.999) s’est assurée contre l’incendie des marchandises en stock et autres objets inventoriés. Les assurances contractées atteignent 39 millions de marks, dépassant de 11 millions la valeur des biens assurés. 64.184 marks de primes ont été payés.

Plus de la moitié des coopérateurs affiliés au ZentraLVerband (445.345 sur 776.999) ont assuré les immeubles des sociétés coopératives jusqu’à concurrence de 24 millions de marks ; 23.830 marks de primes ont été versés.

Le tiers des coopératives adhérentes s’est assuré contre les vols avec effraction dont elles pourraient être victimes, les assurances contractées se montent à 5.305.197 marks, en échange 6 888 marks de primes.

Près de la moitié des sociétés a contracté une assurance contre le bris de vitres et glaces, jusqu’à concurrence de 164.404 marks (5.056 marks de primes).

Enfin la moitié des sociétés a versé 39.455 marks de primes pour s’assurer contre les accidents dont pourraient être victimes les 5.118 employés ou ouvriers occupés par elles.

Il est difficile de découvrir un risque contre lequel ces sociétés distributives ne se soient pas assurées.

Au total, 158 428 marks de primes, soit 196.000 francs sont payés annuellement à titre d’assurances par les sociétés adhérentes au Zentral-Verband (1).

L’importance réelle des assurances contractées par les sociétés allemandes contribue à prouver combien sage et prévoyante est leur administration.

Le Zentral-Verband, à cette date du 31 décembre 1906, avait acquis sur rAllgemeine-Verband une prépondérance écrasante. Les chiffres du Zentral-Verband sont approximativement triples de ceux de l’Allgemeine-Verband, tels les chiffres exprimant le nombre des sociétaires et le montant des ventes annuelles des sociétés.

(1) Le Zentral-Verband fur 1907, p. 179*183 : chiffres et indications y sont fournis.

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L’hégémonie écrasante du Zentral-Verband semble encore destinée à s’accroître tous les jours ; 1 heure paraît tout à fait proche où l’Allgemeine-Verband ne comprendra plus que des sociétés syndicales, agricoles ou industrielles.

Résultats actuels de la coopération en Allemagne. — Le développement actuel de la coopération en Allemagne s’obtient par l’addition des chiffres du Zentral-Verband et de ceux de l’AUgemeine-Verband.

Le Zentral-Verband comprend 776.999 membres ; l’Allgemeine-Verband, 246.945 membres, au total 1.023.944 sociétaires.

Les ventes du Zentral-Verband se montent à plus de 207 millions ; celles de l’Allgemeine-Verband à 61 millions, au total 269 millions de marks. Si l’on a soin, en outre, d’évaluer approximativement le nombre des sociétaires et l’importance des ventes des coopératives, qui restent en dehors de ces deux groupements, on arrive pour l’année 1906 à un total général de 2.100 sociétés distributives comprenant 1.200.000 membres et effectuant environ 300 millions de marks, soit 360 millions de francs d’achats coopératifs (1).

§ 3. — La production coopérative allemande.

Pour apprécier l’importance de la coopération allemande, il importe de considérer un dernier point de vue, celui de la production coopérative. La Fédération allemande n’a pas encore abordé la production directe, mais les coopératives distributives et les coopératives incorporées ont réussi à produire en 1906 des objets fabriqués pour une valeur assez considérable (2).

a) Coopératives distributives. — Le nombre des sociétés

(1) Statistique allemande n° 2, p. 302.

(2) Le Zentral-Verband für 1907, p. 206.

distributives qui exploitent un atelier ou une branche de production est assez considérable. On estime que 162 distributives allemandes exploitent elles-mêmes ; toutefois, ce chiffre aurait besoin d’être réduit, car, dans la statistique, chaque société est comptée pour autant d’entreprises distinctes qu’elle exploite de branches de production diverses ; telle coopérative, comme la coopérative de Leipzig-Plagwitz figure dans la statistique sous 5 ou 6 chefs différents ; elle est donc comptée 4 ou 5 fois en trop.

Il est probable qu’il n’existe pas plus de 120 à 140 sociétés distributives exploitant elles-mêmes une branche de production. L’immense majorité de ces coopératives a entrepris la fabrication du pain ; 132 sociétés s’occupent de cette fabrication ; 21 exploitent un établissement de charcuterie; 8 ont une fabrique d’eaux minérales, 4 une rôtisserie de café.

La production totale de ces 120 à 140 sociétés affiliées au Zentral-Verband a été de 20 millions de marks en 1906. Les sociétés membres de l’Allgemeine-Verband ont produit de leur côté 6 millions de marchandises ; soit au total, 30 millions de marks, 37 millions de francs, si l’on fait la part des sociétés inconnues ou mal recensées.

b) Coopératives incorporées. — Le Zentral-Verband compte une vingtaine de coopératives incorporées, en plus de 8 ou 10 associations ouvrières de production. Ces coopératives incorporées distribuent les unes et les autres à leurs acheteurs tout ou partie de leurs bénéfices, aucune de ces sociétés n’est bien importante. La plus connue est la Coopérative des ouvriers en tabac de Hambourg ; cette société est à tel point une coopérative incorporée qu’elle apparaît déjà à plusieurs égards comme un simple atelier de production du Magasin de gros de Hambourg (1).

La société a été fondée par des ouvriers en tabac qui dési-

(1) Le Zentral-Verband für {907. p. 223.

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raienl assumer eux-mêmes le risque commercial, mais peu à peu, coopératives et Magasin de gros ont souscrit des actions de la société, ils ont acquis des représentants directs à son conseil d’administration. Les bénéfices de la société sont divisés en deux parts égales ; la première est affectée indifféremment aux ouvriers sociétaires et aux simples salariés employés dans l’entreprise ; la deuxième est répartie entre les acheteurs au prorata des achats.

La société est donc une coopérative incorporée qui, jusqu’à concurrence de 50 0/0, répartit aux acheteurs les bénéfices réalisés ; elle attribue le restant aux ouvriers sous forme de participation aux bénéfices. Cette société a atteint en 1906 une production totale de 728.000 marks.

L’Union régionale de Saxe comprend 5 coopératives incorporées ; l’Union coopérative du Nord-Ouest en comprend 8 autres (1). A elles toutes, ces sociétés semblent avoir produit en 1906, de 3 à 4 millions de marks de marchandises. Au total, distributives et coopératives incorporées produisent annuellement en Allemagne environ 35 millions de marks, soit 42 millions de francs de marchandises.

Neutralité politique parfaite des coopératives allemandes . — Les sociétés distributives allemandes sont réparties en deux groupes opposés ; cependant les coopératives de l’un et de l’autre groupe s’abstiennent de s’ingérer dans le domaine des luttes politiques : une absolue neutralité est le mot d’ordre partout respecté. Cependant on qualifie parfois les coopératives du Zentral-Verband, de l'épithète de socialistes, tandis que l’on réserve la qualification de bourgeoises ou de conservatrices aux sociétés de l’Allgemeine-Verband. Semblable usage est inadmissible. Sans aucun doute, les éléments ouvriers sont en énorme majorité au Zentral-Verband ; alors qu’ils sont en minorité à l’Allgemeine-Verband. En 1906,

(1) Le Zentral-Verband für 4 907, p. 231.

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