CHAPITRE XV
29 novembre 1889 en même temps que l’Union coopérative, elle ne comprenait que 13 sociétés en 1890: 12 sociétés eigenhulpiennes et une coopérative neutre ; elle reçut fort peu d’adhésions. Elle ne comptait encore que 18 sociétés à la fin de 1895, 26 à la fin de 1900 ; 46 en 1904 et 67 à la fin de 1906, son chiffre d’affaires n’était que de 2.461.200 francs en 1902- 1903; il atteignait 3.441.000 francs durant l’exercice 1906- 1907 (1).
Ce chiffre d’affaires est bien peu considérable ; il est notablement inférieur à celui de la plus grande coopérative de Hollande, la coopérative de la Haye anciennement affiliée à l’Eigen-Hulp et dont le débit annuel dépasse 4 millions 1/2 de francs. Encore faut-il observer que la Chambre commerciale n’a jamais pratiqué que l’achat par voie de commission ; les 3 millions 1/2 de francs de marchandises commissionnées dont il s’agit, représentent une activité économique presque insignifiante.
Les achats des sociétés auprès de la Chambre commerciale se répartissent d’une manière très inégale ; 4 grandes sociétés, sur les 67 qui sont adhérentes, ont acheté à la Chambre commerciale en 1906-1907 des marchandises pour une valeur totale de 952.000 florins, les coopératives de La Haye, Amsterdam,Utrecht et Rotterdam ont acheté, à elles quatre 58 0/0 des marchandises totales vendues parla Chambre commerciale cette même année. La grande majorité des sociétés adhérentes n’a donc effectué auprès de la Chambre que des achats de très faible importance.
La Fédération d’achat qui a succédé le 1er mai 1907 à la Chambre commerciale, semble avoir toutes chances de réaliser dès sa première année de fonctionnement 4 ou 5 millions de ventes, l’organisation à laquelle elle succède ayant réalisé l’année précédente un chiffre d’affaires de 3 millions et demi.
(1) Statistiques de Hollande nos 1 et 2, p.417, et Rapport du Bond pour 1906-1907, p. 25.
HOLLANDE
§8. — Fédéralisation et coopéra ti sa tion de la Hollande.
Il serait intéressant d’examiner si le développement encore si restreint de la Chambre commerciale est en rapport avec le mouvement coopératif du pays ; malheureusement les chiffres statistiques font presque complètement défaut ; aucune statistique ne relate le nombre des coopératives qui existent en Hollande, moins encore leur chiffre d’affaires ; nous possédons seulement quelques renseignements sur les sociétés affiliées à l’Union.
En 1904, les 24.000 membres qu’englobaient les 46 sociétés adhérentes à la Chambre commerciale, faisaient un chiffre d’affaires de 7.423.500 francs ; la Chambre commerciale leur avait vendu par commission plus de 33 millions de marchandises.
A la fin de 1906, 67 sociétés avec 42.000 membres avaient fait adhésion ; l’effectif des sociétés affiliées avait donc doublé en deux ans, leur chiffre de ventes atteignait 10 millions ; et celui de la Chambre commerciale s’élevait à 3.441.000 fr. La fédéralisation des coopératives hollandaises ne marque pas des progrès très satisfaisants.
La Fédération d’achat néerlandaise a disposé dès sa création en mai 1907, d’un embryon de clientèle, d’un petit noyau de sociétés dévouées ; elle repose sur des principes coopératifs très exactement établis, et peut prétendre à un certain essor, toutefois la faiblesse du mouvement coopératif général de la Hollande ne lui laisse pas une marge de développement bien grande. Le tiers des marchandises vendues en 1906 par les sociétés affiliées provenait de la Chambre commerciale, ce taux de 33 0/0 qui marque la fédéralisation des coopératives hollandaises est assez appréciable, l’essor du Magasin de gros de Rotterdam dépend essentiellement de la croissance du mouvement coopératif général en Hollande.
La Hollande, pas plus que la France ou la Belgique, n’occupe la place qui devrait lui appartenir dans le monde coopé-
ratif ; ces trois pays, depuis longtemps industrialisés, n’ont pas su profiter des éléments si favorables que leur économie nationale offre au principe coopératif ; les classes populaires qu’ils contiennent n’ont pas fait preuve de cette énergie, de cette constance qui assurent le succès aux intrépides : toutefois certains présages semblent annoncer un profond travail au sein de ces masses ouvrières encore si inconscientes deleurs destinées et de leurs intérêts ; des progrès semblent imminents qui marqueront l’entrée de ces pays dans la phase triomphale de leur mouvement coopératif,