‹ Felicien Rops et son œuvreChapitre 15 sur 30 · LE VICE SUPREME · texte numérisé non relu

LE VICE SUPREME

d'art; c'est le frontispice de VAkédysséril de Villiers, beau poème à la louange du grand amour quasisupra-humain, et c'est celui des Pages de Stéphane Mallarmé, la Grande Lyre.

C'est aussi, un peu sentimentalement, qu'il a abordé l'illustration du livre, et éparpillé dans le TU Ulenspiegel de Charles de Coster quelques très beaux dessins.

L'œuvre qui est en sorte l'épopée nationale flamande était alors très inconnue. Son auteur, Charles de Coster, végétait. C'est un témoignage de fidélité à ses attaches flamandes, de la part de Félicien Rops que ce beau travail où les personnages célèbres de Lamme Gœdzak et de Til Ulenspiegel et de Nèle ont trouvé leur peintre.

Le célèbre dessin du Pendu, ou l'homme mort, pendu à un battant de cloche est si tragique dans la rectilignité de toutes les rigidités

LA ORÈVE

L'ART ET LE BEAU

qui l'entourent, est un des dessins faits pour cette belle édition du livre de Coster.

La grosse part de l'œuvre de Rops, ce sont les grandes planches du style des Sataniques, des Diaboliques et celles où se jouent le drame douloureux des voluptés compliquées, la chronique amère des Cylhères modernes; mais en repos de ces travaux qui sont l'expression même de son art profond et du profond de son art, qui répondent à sa volonté et à la philosophie qu'il tire de la vie et de son moment d'art, il a deux gammes plus souriantes . . . Misanthropie! la planche légère nous montre le caractère de la gaminerie de Rops. Tantôt cette gaîté s'accroît d'intensité, tantôt elle demeure très familière. Dans un décor à la Stevens, avec un culte aussi^ parfait de l'accessoire que celui du peintre Stevens, luxe qui ne va peut-être pas sans quelque souci de parodie, il fait inter-

II s'amuse à ces silhouettes foraines si joliment enlevées quelquefois, si puissantes aussi, qu'on voudrait voir plus nombreuses dans son œuvre! Un Roman comique de Rops! Un nouveau Roman comique de lui, juxtaposant à la vie pittoresque des forains, la vie pimentée des coulisses, prodiguant les silhouettes des vieux cabots tragiques, des vieux pitres, des jeunes premiers infatués, et la liberté d'allure des belles personnes et les gros désirs des habitués des coulisses. Quel livre de beauté et de caricature cela eût pu nous donner! Mais dans ce que nous avons, nous trouvons les plus savoureuses indications; ce sont les planches du Théâtre des cent croquis avec la robuste fille délurée qui nous en soulève le rideau; c'est la planche de clôture où la femme montée sur un cheval de bois, voisine avec le singe si joliment attifé en fillette; des planches comme VEntr'acte de Minerve, sont la jovialité même.

venir le sombre aspect de l'huissier. Cette gaminerie, il la monte au style dans V Attrapade ou dans le Gandin; les faces violentes de ces Nanas avant la lettre, de ces Fanfarlos qui sur l'escalier du restaurant de nuit célèbre, échangent des propos homériques, auxquels le vocabulaire de la langue verte, inventoriée par son ami Delvau prête ses âprelés et ses fraîcheurs, cela fait confiner Rops à Quys, à Degas comme à Daumier, dont il relève quand il grave son beau masque sourd et profond «Bourgeoisie». Le gandin et cette ébriété qui cesse d'être légère pour emmailler l'homme comme du réseau des mauvais songes pervers, c'est à base de gaminerie, et cela conduit au style, au style d'un peintre de la vie moderne. Rops philosophe volontiers, et même lorsqu'il plaisante, la beauté de la technique, les oppositions des noirs profonds et des blancs légers relèvent la plaisanterie, lui donnent un caractère de satire très réfléchie. Tout de même, souvent, il s'amuse.

par la simplicité du rendu des attitudes, par le choix du modèle, cette fillette à aspect de vice innocent fait songer aux pages émouvantes que Dickens a écrites sur la vie des comédiens ambulants. C'est la très curieuse Répétition avec l'attrait curieux de ce corps musclé de lutteuse tendu dans l'effort, la savoureuse prestesse de la transcription de l'attitude rare, et à côté, la vision satirique, du cabot forain, à l'oripeau ridicule, faraud tout de même, car, il le manifeste tranquillement du cynisme de son clin d'œil et de l'épanouissement de sa face simiesque, c'est bien pour lui qu'on travaille, c'est pour lui que se donne l'effort, que s'accomplit l'exercise qui tient la femme suspendue par un pied et toute tendue vers le poids qu'elle va soulever de sa mâchoire robuste.

C'est aussi dans cette série que nous trouverons la femme au trapèze, séduissante malgré sa laideur, intéressante malgré la

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