THE MASS AT GNIDE
LA MESSAGÈRE DU DIABLE DIE ABGESANDTE DES TEUFELS THE DEVIL'S MESSENGER
de Manet, dessins où la vie moderne s'accuse en ses plaisantes tristesses, en ses gênes tragi-comiques. C'est l'arrivée de l'huissier dans un intérieur élégant, c'est toute la tristesse de la fête dans cette estampe fameuse, le Gandin ivre. Ici, sans diablerie, Rops indique bien son thème souvent repris que l'homme est le pantin de la femme, et si l'on veut, la femme le pantin du diable, mais en considérant que le diable est en toutes choses mauvaises et violentes, ainsi que les dieux grecs qui se trouvaient dans tout ce qui était utile et bon; c'est l'idée Tolstoïenne de voir le diable présent dans tout ce qui déchaîne les fureurs humaines; Rops et ses contemporains pouvaient fort bien les discerner dans l'acool et dans l'emprise féminine. Le Gandin ivre a autour de lui, tout ce qui peut hdter son dépérissement, tous les fantômes que peut créer le démon de la perversité; la femme appuie contre ses vacillements tous les appdts de sa chair offerte: le noir épais de ses cheveux, les yeux charbonnés, le décolletage violent, la calinerie du regard sont des armes trop fortes pour qu'y résiste l'ivresse du jeune homme; la curiosité des gens du bar se penche vers lui, du comptoir, attentionnée et amusée, prête à profiter de son ivresse. Il ne sera point difficile de fouetter en lui le faune que fait somnoler la vapeur de l'alcool. Il est l'esclave de ces promeneuses que Rops comme Manet épiait aux couloirs des Folies-Bergère pour saisir sous le machinal professionnel de leurs gestes quelque allure vive et personnelle, aussi de celles que Rops grandit jusqu'au drame dans les lueurs paies du catafalque, droites et terribles les pieds sur le cercueil de la victime de leur vengeance, exercée contre qui? contre un homme, ou contre les hommes! rançon qu'elles tirèrent d'un membre d'une société qui leur fut dure.
Ces filles de Rops, quand il ne se restreint pas au type de la pauvre buveuse, machine d'amour, lasse et surchargée, ont le masque singulièrement volontaire et énergique. A les revoir passer au cinématographe d'un carton d'estampes rapidement revu, elles dégagent un autre intérêt. Regardez dans XAitrapade, un miroir fidèle des modes d'antan; c'est toute l'évocation de la vie extérieure du second empire qui s'imprime sur le chapeau de la spectatrice indifférente, ce chapeau campé
coquettement sur le devant de la tête. L'œuvre d'un artiste qui a bien vu la vie de son temps, garde toujours son vif intérêt documentaire. Qui sait, si un jour, après avoir si longtemps admiré les grandes compositions où Rops délimite ses poèmes, on ne s'inclinera pas avec un grand intérêt vers les planches qui nous transcrivent avec minutie, l'heure de son temps; ce n'est pas ce qu'il y aura mis intentionnellement qu'on y cherchera avec la plus de volonté, mais le corollaire même de sa pensée, la mise en œuvre, ce qu'il aura pris à son temps pour servir de véhicule à son idée.
Ainsi, mis à part les feuillets du début, les écoles buissonnières qui se formulent par quelques caricatures, par l'illustration de Til Ulenspiegel, quelques dessins politiques, le contraste fourni par quelques beaux portraits de Zélandaises, tracés aux périodes de vacances, l'art de Rops est consacré à dire le poème de la mélancolique débauche des grandes villes. Il l'a fait, non en peintre, avec un nombre d'œuvres restreint, mais par l'essaim multiple d'eaux-fortes, par ses procédés de graveur, qui rendent l'œuvre bien plus facile à répandre. Sa volonté l'a placé dans cette chaîne d'esprits modernes, pour qui l'art plastique est une manière de littérature plus précise. Ainsi il a atteint la description complète des sens de ceux dont Daumier avait décrit la mentalité, par ses puissants moyens de caractériste, dont Guys avait décrit l'ambiance inquiète dans les grandes avenues des villes, où court l'Homme des Foules de Poe, dont Baudelaire avait interprété le désespoir et l'inassouvissement dans ces Epaves à qui Rops ofîrit ce merveilleux frontispice où le squelette s'épanouit en sombres buissons de fleurs, sur lesquels planent des amours lugubres.
Au bout de ce grand labeur quelle est la place de Rops dans l'art contemporain?
Par l'heureux accord en sa seule personne d'un lyrique doué de la perception rapide des images et capable de synthèse, d'un humoriste alerte aux gaietés légères et amères tour à tour, et d'un praticien de premier ordre, il a renouvelé tout l'art de l'eau-forte; avant lui l'eauforte servait surtout à des reproductions, il l'a affectée à des créations.
Il continue les grands imagiers du temps romantique, les peintres