‹ Félicien, souvenirs d'un étudiant de 48Chapitre 2 sur 81 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

« paraîtra, je le ferai volontiers, à moins que vous ne « préfériez une préface; cela vaudrait peut-être mieux. »

Dans une autre lettre, du 8 mai 1886, Jean Macé donnait à son confrère d'utiles conseils, et lui indiquait des passages à supprimer comme ne faisant pas corps ou « jurant avec le reste », avec la « partie politique, d'un si grand intérêt ».

Chassin ne tenait qu'aux idées : il était étranger à tout sentiment de vanité littéraire. Il se mit à l'œuvre dans le sens qui lui était conseillé. Mais aussitôt survinrent d'autres projets, avec l'approche du centenaire de 1789, et notre ami se trouva entièrement absorbé par les Elections et les Cahiers de Paris, par les Volontaires de 179^, et par les onze gros volumes de la Vendée et la Chouannerie... Félicien dormait dans un coin.

L'auteur ne reprit en mains les feuillets déjà jaunis de ses Souvenirs de jeunesse que lorsque la maladie l'eut cloîtré chez lui, loin des bibliothèques publiques et des archives; et la mort ne lui laissa pas le temps d'achever le travail d'adaptation qu'il avait entrepris.

Par testament, il m'a recommandé sa pensée dernière. J'espère l'avoir accomplie, non sans doute comme il aurait pu le faire lui-même, mais de mon mieux, d'accord avec sa veuve et ses enfants, dans Tunique intérêt de l'éducation civique et de la pensée républicaine.

De vieux amis de Chassin m'ont dit que Félicien les avait rajeunis. Puisse-t-il, non pas certes vieillir, mais mûrir et viriliser les jeunes amis inconnus auxquels il a pensé !

H. MONIN.

24 février 1904.

SOUVENIRS Wm ETUDIANT DE 48

Page 1