LES BLANCS ET LES BLELTS A SAINT-STANISLAS
Nous voilà tous les trois dans le coupé du courrier. Le cousin Duroussard sommeillait en paix. L'oncle Auguste fumait pipe sur pipe, en proie à une très vive agitation. Moi, les yeux clos, je me torturais l'esprit et le cœur pour comprendre ce que j'avais appris.
J'étais arrivé à la fin de ma seizième année sans le moindre souci de la vie matérielle. Tout entier à mes études classiques, je ne m'étais jamais occupé des affaires de mes parents. Rien n'était survenu de grave qui pût me faire prévoir la ruine et la misère.
Quelques années auparavant, la grand'mère, puis le grand'père étaient morts. J'avais vu leur maison et les fermes qui en dépendaient demeurer indivises entre les mains de mon père, au lieu de se partager entre lui et ses deux frères. Je savais que la part de l'oncle Vincent, qui,