UNE NUIT AU DÉPÔT
Il était minuit. Je venais de me coucher dans ma mansarde de la rue du Dragon. On frappe brusquement à ma porte.
— Qui est là ?
— Au nom de la loi !
On tourne la clef sans me donner le temps de répondre et trois individus de mauvaise mine se dressent au chevet de mon lit.
Je comprends. Mais je crois savoir assez de droit pour objecter qu'on n'envahit pas la nuit un domicile, hors le cas de flagrant délit; que rien ne me prouve que je n'ai pas affaire à des voleurs et que je vais appeler au secours.
L'un des individus prétend m'ordonner de me lever et vite, si je ne veux pas m'exposer à l'emploi de la force. Je lui réplique qu'il se rend coupable d'un attentat à la liberté individuelle, que je saurai poursuivre. J'exige un mandat d'amener. On me remet un papier non signé, mais qui porte la mention copie h la marge du titre Mandat d'amener. J'y lis :