‹ FéliseChapitre 23 sur 99 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

grands arbres qui s'arrondissaient en berceau au-dessus de sa tête :

— 3Ia tante Geneviève , il y a des allées comme cela autour de notre château, et puis il y a le parc. Nous allions jouer dans le parc ; vous en souvenez-vous?

— Regarde , regarde donc ! interrompit la sœur Geneviève au lieu de lui répondre, voilà Bethléem !

— Cette maisonnette ? s'écria l'enfant.

— Entre vite, et tu verras, dit Cécile en l'entraînant.

C'était un pavillon rustique dans lequel les religieuses faisaient , chaque année , pour les fêtes de Xoël , une représentation de la Nativité. Il eut été, certes, très-difficile d'imaginer un tableau plus naïf et plus original. Des rameaux d'arbres verts , entremêlés de mousse et de rocaille, composaient le paysage, dont le ciel était représenté par des feuilles de papier bleu parsemées d'étoiles d'argent. Un bocal de verre , caché dans la mousse , figurait un lac

où nageaient des poissons rouges. L'étable dans laquelle naquit Notre-Seigneur avait un toit de chaume, soutenu par des bâtons dorés, et , pour rendre cette demeure plus décente, les bonnes sœurs avaient eu l'idée de mettre un miroir au fond de la crèchci^Il avait fallu une adresse et une patience de nonne pour vêtir les personnages qui venaient, dans leurs plus beaux atours, adorer le nouveau-né. Il y avait des gens de tous les rangs, depuis la laitière en bavolet et l'Auvergnat porteur d'eau, jusqu'à la dame en habit de cour et au financier en grande perruque. Au milieu de cette multitude, Ton voyait un homme en longue robe noire, portant rabat et chapeau à larges bords, lequel faisait le geste de donner sa bénédiction à une religieuse annonciade, qui apportait des œufs de Pâques à l'enfant Jésus.

Félisc, debout sur un riiarchepied en face de la crèche, n'exprimait son admiration et son étonnement que par des exclamations sans suite. Cette vue l'avait tout à coup réconciliée

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