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CHAPITRE II

au pied desquels la fleur printanière formait des tapis bleuâtres où elle s'était si souvent assise. Lorsque Cécile sortit du pavillon, emmenant à grand'peine Félise, qui serait volontiers restée en contemplation jusqu'au soir devant la crèche, elle trouva la novice absorbée encore dans sa rêverie.

— Ma sœur, ma chère sœur, s'écria-t-elle avec étonnement, vous pleurez, vous avez de la peine?

— Non, répondit la sœur Geneviève en mettant une main sur son cœur; non, mon enfant, c'est au contraire une impression très-douce que j'ai ressentie, c'est une sorte de joie que je ne saurais définir et qui m'a fait verser des larmes.

— Oh ! ma chère sœur, vous avez songé à des choses qui sont hors d'ici, dit la jeune fille en serrant la main de la novice d'un air de sympathie intelhgcnte.

Le son de la cloche qui retentissait dans tout le monastère annonça la fin de la récréation :

c'était l'heure du travail à l'aiguille. En entrant à l'ouvroir, la supérieure dit à ses religieuses :

— Mes très-chères sœurs, il s'agit de vêtir la brebiette que le Seigneur nous a envoyée aujourd'hui ; nous allons travailler pour elle jusqu'à l'heure de rolïice.

Elle distribua aussitôt l'ouvrage , et deux heures plus tard le trousseau de la nouvelle venue était presque achevé. On la fit avancer alors pour lui donner, à la place de son fourreau de soie et de son tablier de mousseline garni de gros point d'Argentan , l'uniforme des pensionnaires, ses compagnes. Ce changement de costume ne parut pas lui plaire infiniment; elle se laissa vêtir sans proférer une parole , et en regardant d'un air courroucé la bonne supérieure , qui présentait elle-même une à une les pièces de l'habillement et ne cessait de répéter :

— Voyez, mes sœurs, comme cela lui sied ! Jésus, qu'elle est charmante ainsi ! Je suis ccr-

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