‹ FéliseChapitre 32 sur 99 · CHAPITRE QUATHîEMEa · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATHîEMEa

C'était une dévote italienne, une grande dame de Gènes, Victoria Fornari, qui avait fondé Tordre des Annonciades Célestes, et un jésuite, le père Zannoni, en avait écrit, sous sa dictée, les constitutions. L'esprit de cet institut était d'offrir une retraite aux filles qui, ne se sentant pas attirées vers le monde, voulaient vivre à jamais inconnues et cachées, imitant

ainsi la solitude de Marie, que l'ange trouva soûle dans sa chambre. Leur vie devait être impénétrable au dehors, douce et facile au dedans. La maison de Paris pratiquait ces observances dans leur exactitude primitive. Dirigée par les pères jésuites de la rue Saint-Antoine, elle avait conservé intactes les traditions de l'ordre : il n'y avait peut-être point de monastère en France où la discipline fût aussi parfaite, et en même temps les devoirs de l'état religieux aussi faciles. L'on évitait d'ailleurs avec un soin extrême toutes les causes de trouble, d'agitations intérieures et de relâchement. La plupart des religieuses, entrées dans la maison dès leur enfance, ne franchissaient jamais par la pensée l'étroit horizon qui bornait leurs regards; pour elles, l'univers était renfermé dans cette enceinte. C'étaient des âmes simples , ignorantes et heureuses , qui descendaient le courant de la vie humaine sans secousses, sans bruit et à travers un éternel crépuscule. Quelques-unes, plus puissamment

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