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CHAPITRE IV

répandait une lumière triste sur les murs entièrement nus et blanchis à la chaux. On appelait ce mélancolique séjour la Solitude, et les religieuses d'une piété fervente sollicitaient parfois la permission de s'y enfermer pour quelques jours par esprit de mortification et de pénitence.

i^Jademoiselle de Chameroy paraissait toujours dans les mêmes dispositions ; elle semblait toujours gaie, tranquille, insouciante; pourtant, la veille du jour où elle devait entrer en retraite, comme elle se trouva seule un moment avec la sœur Geneviève après la prière du soir, elle lui dit précipitamment et d'une voix altérée :

— Ah ! ma chère sœur, je ne sais ce qui se passe en moi... mon âme est accablée de tristesse... j'ai des mouvements de désespoir, quand je songe que dans huit jours je prendrai le voile. Oh ! que je voudrais être un petit oiseau pour m'envoler par-delà ces murailles !

— Oh ! mon enfant, que dites-vous ! s'écria la sœur Geneviève consternée ; quoi ! vous voudriez quitter le couvent?

— Pour vivre seulement quelques jours hors d'ici, je crois que je donnerais volontiers le reste de ma vie.

— Eh ! que deviendriez -vous, grand Dieu ! dans ce monde dont vous n'avez aucune idée, où vous ne connaissez personne?

— Qu'importe ? répliqua impétueusement Cécile ; il me semble si beau d'ici !

Puis elle ajouta en pleurant :

— 3Iais je ne sortirai pas du couvent, je ne passerai jamais la porte de clôture, jamais, ni vivante ni morte !...

En ce moment, les religieuses entrèrent au dortoir ; la sœur Geneviève n'eut que le temps de serrer la main de Cécile, et de lui dire encore :

— Mon enfant, demain sans doule le père Boinet viendra vous faire commencer vos exercices spirituels; il faut lui déclarer sincèrement

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