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CHAPITRE IV

la situation de votre âme. Ne craignez rien, c'est un saint homme, plein de lumières et de miséricorde, il vous écoutera avec indulgence, il vous consolera !...

Le lendemain, mademoiselle de Chameroy entra en retraite, et la sœur Geneviève ne la vit plus que dans le chœur, entre la supérieure et la maîtresse des novices.

C'était un grand événement dans les maisons religieuses qu'une prise d'habit. Cette cérémonie attirait beaucoup de monde, et les bonnes sœurs mettaient une pieuse vanité dans l'exhibition de leurs ornements d'église. A l'approche de ce jour, une agitation inaccoutumée régnait dans le couvent. Les révérendes mères ne quittaient plus la sacristie; elles tiraient des armoires de cyprès les chasubles de drap d'or, les surplis de dentelle, et recommençaient avec orgueil l'inventaire des reliques et des pièces d'orfèvrerie, tandis que les jeunes religieuses faisaient des bouquets artificiels, et que les petites pensionnaires décou-

paient des collerettes neuves pour les cierges. On veillait le soir afin d'achever ces grands préparatifs, on faisait collation à i'ouvroir : c'étaient une activité, une jubilation universelles.

Au milieu de toute cette allégresse, -la sœur Geneviève réfléchissait tristement aux dernières paroles de Cécile ; elle tremblait que les exhortations du père Boinet n'eussent été sans effet sur cette âme révoltée, et elle voyait arriver avec une inexprimable inquiétude le jour de la cérémonie. L'avant-veille de ce jour, à la sortie du chœur, s'apercevant que mademoiselle de Chameroy regagnait seule sa cellule, elle demeura un moment en arrière, et lui dit précipitamment, tandis que les autres religieuses s'éloignaient :

— Eh bien ! mon enfant, votre âme est-elle délivrée des mouvements qui la troublaient? Les paroles du père Boinet ont-elles raffermi votre vocation ?

Mademoiselle de Chameroy tourna vers la

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