‹ FéliseChapitre 7 sur 99 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

gué, la petite fille se retourna brusquement vers la porte en s'écriant :

— Je ne veux pas monter dans cette maison, elle est trop laide; allons-nous-en.

— Non pas certes , répliqua la suivante en essayant de la rattraper; venez ici, mademoiselle.

— Je veux retourner dans la rue, s'écria l'enfant d'un air irrité et en se débattant, je veux m'en aller !.., Je ne veux pas vous obéir, méchante!...

— Laisse-la, Suzanne, laisse-la; je ne peux pas l'entendre crier ainsi, dit l'étrangère en frissonnant et en se précipitant vers l'escalier qu'elle se hâta de gravir.

— Mademoiselle Félise, criez toute seule tant qu'il vous plaira, dit aigrement Suzanne; restez, restez là, on ne viendra pas vous chercher. Vous ne méritez pas d'entrer dans la maison du bon Dieu !

L'escalier en spirale, dont les premières marches tournaient au fond du vestibule, aboutis-

sait à un palier sur lequel s'ouvrait une porte à deux battants ornée de délicates sculptures et surmontée d'un écusson qu'il n'était pas possible de blasonner à travers la couche de badigeon qui couvrait les armoiries. Au-dessus de cette pièce héraldique ainsi effacée, l'on avait peint à la fresque une croix d'azur entre deux branches de lis.

Au moment où l'étrangère posait la main sur le pommeau de cuivre ciselé en forme de rose épanouie, le battant tourna de lui-même sur ses gonds, et une sœur converse se présenta. Après avoir fait une espèce d'inclination qu'on aurait pu prendre également pour une génuflexion et une révérence, elle dit à demi-voix, d'un ton de civilité béate :

— Jésus, Marie soient avec vous, madame; prenez la peine d'entrer et de vous asseoir.

Le parloir des Annonciades était une vaste salle qu'une double grille recouverte d'un rideau noir divisait en deux parties égales, l'une communiquant avec l'intérieur du couvent et

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