CHAPITRE VI
solu d'avoir les violons un de ces jours. L'on dansera, l'on aura un petit conrert. et nous ferons médianoche. Ne vous plairait-il point, ma reine, d'assister à ce gala?
— Moi, je verrais le bal ! s'écria Félise en levant les mains au ciel, ah! mon Dieu! serait-il possible?
— Eh oui ! c'est possible, c'est facile même, dit Angèle en riant ; nous avons combiné cela avec Cécile toute la journée ; nous vous parerons de notre mieux, mon ange, avec une belle robe que nous ferons faire...
— Des robes, j'en ai par douzaines, interrompit Félise, et de fort belles, assurément; c'est la mauvaise Suzanne qui me les achète, et je lui en demande toujours de nouvelles, par désœuvrement ; j'ai aussi des perles, des pierreries...
— Eh bien ! vous les mettrez, dit gaiement Cécile, il faut que vous soyez belle et parée à miracle...
— Oh ! ma chère Félise. ajouta Angèle, que
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je serai contente de vous conduire ainsi par la main jusqu'au milieu du salon, et de vous présenter à tout ce beau monde ! Que je serai glorieuse des éloges qu'on donnera à votre bonne grâce, à votre beauté !
— Je serai là comme Cendrillon au bal, dit naïvement Félise ; il ne me manquera que la petite pantoufle de verre...
— Et le fils du roi pour vous faire la cour, dit avec un franc éclat de rire madame de Favras ; mon cber cœur, il faudra vous contenter de moins glorieuses conquêtes.
Pendant huit jours, Félise rêva à cette fête avec des transports de curiosité, d'impatience et de joie. Un soir enfin, un beau soir d'été, à l'heure où les rayons du crépuscule s'éteignent dans le ciel, elle s'échappa de chez sa tante, comme de coutume, et gagna le jardin de rhôtel de Favras. L'on avait à dessein laissé dans l'ombre ce côté de la terrasse, que masquait d'ailleurs une légère charmille ; Félise put entrer sans être aperçue dans un pavillon