‹ FéliseChapitre 94 sur 99 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

trouva chez elle ce billet de la comtesse de ^îanicarap :

« Ma chère baronne,

«t Mon neveu est un fat que je déshériterai certainement. Il est tombé amoureux de cette petite qu'on garde dans une tour enchantée. Selon vos récits, elle est riche et de bonne maison ; mais je ne me soucie point de l'alliance de cette belle au bois dormant. J'avais d'autres visées. J'ai déclaré à M. le marquis de Gandale que je n'entrais point dans ses desseins ; ainsi, c'est lui qui ira en personne faire sa demande à la fée Dentve.

«c J'ai voulu vous annoncer ce beau mariage, afin de vous sauver la première surprise, vous priant de me tenir au surplus pour votre meilleure amie et très-humble servante.

<c Comtesse de M***. »

— Eh bien! ma sœur! dit Angèle après avoir lu ce billet.

— Nous allons repartir ; nous n'assisterons pas du moins à ce mariage, s'écria impétueusement madame de Favras.

— Oui, il faut partir, dit Angèle ; mais, avant de m'éloigner, je veux écrire à Félise.

Elle prit la plume, et, la main tremblante, le cœur gonflé de larmes, elle écrivit la lettre suivante :

« Ma chère Félise,

u Le ciel, qui vous avait éprouvée bien jeune par de grandes peines, vous réservait un grand bonheur : le plus honnête homme du monde vous aime et va bientôt demander votre main. Soyez heureuse avec lui et faites son bonheur, ma chère Félise; c'est le vœu de ma sœur et le mien ; nous vous l'adressons en vous quittant pour bien longtemps sans doute. Que vos prospérités ne vous fassent point oublier ceux qui souffrent ; priez pour eux,

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