‹ FéliseChapitre 96 sur 99 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

der ma main, répondit Félise ; vous la lui accorderez, matante?

Mademoiselle de Saulieu la regarda d'un air stupéfait et fit un geste négatif. A cette muette réponse, l'indignation de Félise et ses ressentiments, si longtemps contenus, éclatèrent enfin.

— xSe croyez pas que je vous obéisse ! s'écria- t-elle; je n'ai que trop longtemps supporté l'esclavage où vous me réduisez!... Oui, vous m'avez fait souffrir , et je vous hais ! Qu'avez-vous été pour moi toujours? une mauvaise parente. Enfant, vous m'avez jetée à la porte d'un cloître ; maintenant vous me gardez comme une prisonnière. Pourtant ma place est dans le monde ; je devrais y vivre comme toutes les filles de ma condition. Je suis riche et de bonne maison , je le sais ; rendez-moi ma fortune, que je reprenne enfin mon rang . . . Vous ne répondez pas... Mais il faudra bien répondre lorsque M. de Gandale vous deman dera la raison de votre refus...

212 FÉLrSE.

— Oh ! malheureuse enfant ! s'écria mademoiselle de Saulicu en levant les mains au ciel.

Puis , avec un geste inexprimable de douleur et d'autorité, elle montra la porte à Félise en disant :

• — Rentrez dans votre chambre... Je recevrai M. de Gandalc... et, s'il persiste après cette entrevue, je consens à votre mariage... Allez !

Subjuguée par cette autorité , frappée de ces dernières paroles, Félise se retira en frémissant et courut s'enfermer dans sa chambre, où elle passa le reste de la journée debout contre la fenêtre , épiant le moindre mouvement, le moindre bruit. Mademoiselle de Saulieu avait donné ses ordres : Balin attendait dans l'antichambre, et Suzanne, effarée, avait sans cesse les yeux tournés vers la porte de la rue.

Le jour suivant, dans l'après-midi, le bruit d'une voiture qui pénétrait dans la cour an-

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