QUESTIONS FINANCIÈRES
M. Félix Faure, au cours de sa carrière parlementaire, s'occupa également, à diverses reprises, de questions financières; il siégea même à la commission du budget; mais là, son rôle fut tout de travail intérieur. Nous indiquerons seulement la position qu'il prit dans certains débats en raison du regain d'actualité que des ^énements récents leur ont donné.
l'uot. Loui'tollcniont.
premier valet de chambre.
Phot. Courtcllemont.
Le chef des gardes de l'Elysée.
Le 6 décembre 1890, M. Camille Dreyfus avait soumis à la Chambre un projet de résolution invitant le gouvernement à déposer un projet do loi établissant l'impôt sur le revenu. M. Félix Faure, en quelques mots, faisait rejeter le projet.
En 1893, dans la séance de la Chambre du 24 février, on discutait sur rétablissement d'un impôtfrappant les opérations de bourse.
EtM.FélixFaure disait :
Pliot. Courte! Icmont.
Le premier cocher.
Nous sommes partisans de l'impôt sur les opérations de bourse, mais à la condition qu'il n'apportera pas un bouleversement sur le marché financier de Paris et que la matière imposable n'en sera pas diminuée.
Le marché libre a pris, de l'aveu de tous et sous les yeux de tous, une importance considérable au point de vue financier, par suite des différents avantages que le public trouve — car il est bon juge dans la matière — sur le marché libre, et qu'il ne rencontre pas sur le marché officiel.
Sur le premier, il trouve l'activité, l'initiative individuelle, une clientèle plus étendue; chacun sait que les banquiers du marché libre, les coulissiers, se font acheteurs ou vendeurs, de sorte que le client, certain de trouver sur ce marché une contrepartie immédiate, y porte ses affaires...
Le marché officiel ne vit qu'en vertu d'un m^^nopole. Comme tous
les monopoles, il attend ses affaires partie et contre-partie; les échanges y sont entravés constamment par des règles serrées qui ne sont plus de notre époque...
Et plus loin :
J'espère que, quand nous nous occuperons de l'organisation du marché de Paris, nous arriverons à la suppression du monopole.
Le ministre des Finances constata que M. Félix Faure avait élargi et élevé le débat en plaçant la discussion sur le terrain de la suppression du monopole des agents de change et la constitution du marché libre.
Tout se borna à des dicours; la question ne devait pas encore être tranchée ce jour-là.