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MINISTERE DE LA MARINE

M. Félix Faure était vice-président de la Chambre quand il fut appelé, àlafin de la présidence de M. Carnot,

après la chute du cabinet Casimir-Perier, à remplacer ramiral Lefèvre au ministère de la Marine; il conserva son portefeuille pendant la dernière présidence.

Amené tout d'abord à examiner le budget de son prédécesseur, il y apporta de profondes modifications, réduisit les dépenses et les frais généraux, et parvint à augmenter le nombre d'unités nouvelles à mettre sur chantiers. Il prit l'initiative de la construction de croiseurs extrarapides à grande vitesse, du genre de ceux qui existent déjà dans plusieurs flottes étrangères.

La grosse affaire du budget réglée, M. Félix Faure visita tous les ports et établissements de la Marine; puis, de retour à Paris, il mit à l'étude un certain nombre de réformes dont il traça lui-même les grandes lignes.

Parmi celles-ci, nous citerons la réorganisation de nos réserves navales, de certaines de nos écoles, et la création d'une section technique chargée de contrôler les plans et devis des bâtiments et de les suivre en tous leurs états d'avancement.

M. Félix Faure avait été très frappé des erreurs commises sur des navires tels que le Magenta et le Brennus; il avait à la fois la ferme volonté d'en prévenir le renouvellement et de bien établir les responsabilités : de là l'idée de créer une section technique fortement outillée.

C'est au moment oii ces réformes allaient peut-être aboutir, que le vote du Congrès appela le ministre de la Marine à la première magistrature de l'État. Quoi qu'il en soit, M. Félix Faure laissa au ministère de la Marine, comme auparavant au sous-secrétariat des Colonies, le

souvenir d'un esprit ouvert et juste, d'un travailleur infatigable, d'un clief toujours courtois. On en trouve le témoignage dans la cordialité même des adieux qu'il

Eambouillet. — La salle à manger.

échangea, avant d'entrer à l'Elysée, avec son personnel, à la tête duquel était l'amiral Humann.

A propos de marine, on doit se souvenir, en outre, qu'en 1889 M. Félix Faure a présidé, au ministère de la Marine, une Commission chargée d'examiner certains vœux émis par les marins du commerce, qui sollicitaient la

modification des lois ou règlements concernant l'inscription maritime.

Parmi ces vœux figuraient : 1^ la revision du décretloi disciplinaire et pénal pour la marine marchande (24 mars 1852), aux points de vue de la composition du tribunal maritime commercial, de l'institution de l'appel, de la suppression de certaines peines, tel que l'embarquement correctionnel; 2° une dérogation à la loi du 3 brumaire an IV, qui peut permettre de naviguer sans être inscrit maritime; 3*^ les remèdes à employer contre les abus des bureaux de placement pour marins.

La Commission, après avoir délibéré pendant onze séances, chargea son président de condenser dans un rapport au Ministre le résumé de ses séances et d'exposer ses vœux; ceux-ci, en majeure partie, ont été sanctionnés par des lois.

Une étude financière.

En plus de ses rapports aux Chambres de commerce et de ses discours sur des questions d'affaires, M. Félix Faure

a écrit un

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