Introduction à la pathologie générale, Alcan
ces propriétés la conscience qui n’en joue aucune » Il est amené à considérer les hommes comme des <( marionnettes » où tout est inéluctablement déterminé conformément aux lois de la mécanique. « Je crois à la possibilité de la narration totale de leur activité dans le langage de la mécanique universelle ^ » La conscience, qui accompagne une grande partie de leur activité, est sans rôle aucun dans le déterminisme même de cette activité. Bien entendu, Le Dantec ne songe pas à nier l’importance évidente de l’activité intellectuelle de l’humanité, l’influence d’un orateur qui soulève un^ foule, ou des découvertes géniales d’un savant. Ce qui est inexistant, au point de vue du mécaniste qui étudie objectivement les phénomènes, c’est la conscience qu’a l’orateur des sons que va proférer sa voix, la conscience qu’a le savant de l’activité géniale de son cerveau. Et l’on pourrait imaginer un monde, où tout se passerait exactement comme dans le nôtre, et où cependant la conscience n’existerait pas. La croyance à la liberté de nos déterminations volontaires n’est naturellement que pure illusion; car l’existence véritable de la liberté impliquerait l’introduction de « commencements absolus », ce qui est incompatible avec l’enchaînement éternel des équilibres mécaniques de l’univers.
Or ces marionnettes que nous sommes se sont adaptées à vivre en sociétés. C’est là pure affaire d’utilitarisme individuel. L’égoïsme est la base de toute société : Le Dantec a encore écrit un volume pour le dire et le démontrer et dans un de ses derniers ouvrages Savow'" inspiré peutêtre par les horreurs de la guerre et les inquiétudes de la maladie, il a écrit des pages désabusées sur la faillite de la morale traditionnelle et le triomphe de l’hypocrisie.
Ces théories ne le conduisaient pas personnellement au