‹ Feminisme et christianisme. --Chapitre 20 sur 40 · Cf.iVo5 luttes, p · texte numérisé non relu

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rait faire naître « de ce côté delà grande eau » une pareille propagande. Si cela réussissait, disait-il, la famille ne disparaîtrait pas pour autant, ainsi que le croient les pasteurs et les prêtres de là-bas : « il y en aurait seulement moins ». La preuve? C'est que le petit cultivateur a besoin de la stabilité du foyer, en raison de laquelle la femme, les fdles, les fils gardant Tobéissance atavique, la main-d'œuvre est à moindre prix. De même, le commerçant a besoin des siens pour l'aider à tenir boutique : il gardera son foyer. Mais pour les autres, il n'en va pas de même? Eh bien, voilà ce qui va se passer. (( Dans les grandes villes, dans les centres industriels, la transformation de la vie familiale en vies individuelles, en couples momentanés, surtout en vie spéciale va rapidement s'opérer. Au contraire, provinces et campagnes conserveront la forme traditionnelle de l'existence autour du foyer. » Et ainsi, deux sociétés différentes évolueront parallèlement « tout aussi respectées l'une que l'autre » .

N'est-on pas épouvanté. Messieurs, à l'idée qu'un « million » de lecteurs reçoit une telle pâture ? Elle est courante pourtant, et nous en sommes réduits à discuter avec ceux qui ravalent la vie humaine — j'allais dire au niveau de la vie animale : je me trompe, ce n'est pas assez dire ! La vie animale vaut mieux ; car il s'en faut que l'animal guide sa vie sur le patron d'un tel égoïsme. La plupart des oiseaux, vous diront les naturalistes, — sauf les gallinacés,

symbole d'inconstance, s'unissent, quand leur instinct est laissé libre, pour toute la durée de leur vie. Les quadrumanes vivent en famille. D'une façon générale, l'observation enseigne que les espèces où la femelle peut à elle seule élever sa progéniture pratiquent les unions libres ; mais là où un concours d'efforts est nécessaire ou simplement utile, en proportion l'union devient durable.

Il s'agira de savoir si l'être humain en enfance a moins besoin de ses générateurs, moins besoin de la chaleur du foyer, moins besoin de la durée des soins et de la pérennité des influences familiales que le chimpanzé ou l'autruche. Ou bien alors il faudra dire si la raison nous a été donnée pour méconnaître notre nature, refuser les efforts qu'elle appelle et esquiver nos devoirs.

La raison nous est donnée, Messieurs, pour nous réaliser nous-mêmes selon toute l'ampleur de nos ressources ; pour grandir en des formes que l'idéal de l'homme doit juger, que le progrès doit étirer, faire sortir l'une de l'autre comme les tubes emboîtés de nos lunettes astronomiques où l'acuité du regard s'amplifie à mesure que le foyer de l'objectif porte l'image plus loin, sous une lentille plus forte.

Avons-nous le droit vraiment de nous contenter en fait de progrès de ceux qu'on dit procurés, au cours de l'évolution de la terre, par les moyens de Darwin? Ces progrès sont si peu visibles que dans toute la série des âges historiques on n'en juge point la trace ; que de grands

naturalistes les nient, et qu'il faut l'effrayante succession des âges géologiques pour faire place à quelqu'un d'entre eux. L'homme raisonnable a une autre loi et ne peut organiser sa vie sur ce patron d'inconscience. Il est tenu de s'orienter vers le mieux, pour soi, pour les siens, pour sa race. A plus forte raison ne doit-il pas rétrograder au delà de l'anthropoïde et employer la flamme de l'esprit à brûler ses attaches naturelles, sa lumière à découvrir des moyens inédits d'échapper à ses lois.

Or n'est-ce pas là ce que nos féministes extrême gauche voudraient prêcher à leurs adeptes?

En un sens, je les comprends. Ils sont du moins logiques. Us se recrutent d'ordinaire parmi ceux qui entendent supprimer, ou à peu près, toute propriété individuelle. Or il est certain que ces deux choses : famille, propriété, sont étroitement connexes. Si l'on refuse de respecter l'homme dans ce prolongement de luimême qui s'appelle le produit de son effort, il n'y a pas de raison pour qu'on le respecte beaucoup plus dans ce prolongement qui s'appelle sa postérité. Réelle ou personnelle, notre postérité nait d'un même sentiment : nous survivre. Ceux qui abolissent l'héritage ont assez offensé la nature pour ne pas reculer devant la destruction de la famille en tant qu'unité. Périsse donc l'unité qui devait assurer la continuité de l'œuvre humaine. Personnes et choses ; tradition de sentiments et tradition de biens, l'hécatombe sera double, et nous louerons du moins la logique

destructrice de ceux fpii se posent en réformateurs, en constructeurs de mondes; mais dont l'art est spécial, puisqu'il consiste à saper tout K

Quoi qu'il en soit, Messieurs, toute cette logique de mort n'est pas faite pour nous désarmer. Nous avons fait justice autrefois du collectivisme : nous ferons justice aussi de l'abus autrement grave qu'on y accole.

Cette justice est facile à faire.

Que prétend-on? — « Nous voulons, ose-t-on écrire dans le manifeste d'une ligue féministe, que la femme puisse renoncer à la famille sans pour cela renoncer à l'amour. » En conséquence, on demande que nulle entrave ne soit apportée aux liaisons ni aux séparations de couples; que cela ne regarde plus que les individus, attendu, proclament les docteurs du parti, qu'une législation contraignante n'est nécessaire, ni légitime que dans le cas où l'association a un but extérieur aux individus qui la composent. On réglemente l'armée, on réglemente l'administration, parce que l'armée et l'administration ont un but extérieur aux individus qui s'y introduisent, et qu'il faut donc plier aux exigences de ce but tout ce qui prétend aider à sa réalisation. Mais le mariage, pourquoi est-il fait, sinon pour le

1. Un des désordres de l'adultère est à nos yeux la confusion des héritages, par celle des enfants. Si l'union libre faisait de l'adultère la loi, la confusion serait complète, et la propriété individuelle périrait arec les traditions de famille. Mais aussi périrait tout notre ordre social. On en rétablirait un autre, dit-on. Lequel, on le dit avec moins d'assurance.

bonheur des époux? Qu'on les en laisse donc juges!

Insensés ! Comment ne voyez- vous pas que vos propres principes vous accusent ! On peut réglementer, dites-vous, une association qui a un but extérieur aux individus qui la composent; en raison de quoi vous pensez triompher en assurant que le mariage n'est fait que pour le bonheur des époux. Eh bien soit! J'accepterai même cette dernière formule. Mais je demande si un homme d'honneur peut entendre par là que le seul souci de deux êtres, en s'unissant, ce doit être eux-mêmes, rien qu'eux-mêmes, tellement que l'enfant ne compte pas, que la patrie ne compte pas, que l'humanité à laquelle chacun de nous tient du fond des entrailles ne compte pas, et que Dieu, qui nous a donné à aimer toutes ces choses, puisse être méprisé en toutes. Je demande si cela peut se dire honorablement, et si le bonheur des époux dont on parle et auquel je consens a le droit d'être compris comme un égoïsme.

Qu'est-ce donc que le bonheur, si ce n'est l'état dans lequel il est heureux qu'on soit étant donné sa vraie nature? Et dans notre nature que faudra-t-il comprendre, sinon, avec ce qu'on appelle individu ou personne, tout ce qui en fait partie : ses attaches naturelles, ses relations avec l'ensemble des vies emboîtées et solidaires qu'expriment pour nous ces mots dont le son religieux est compris de toutes les langues: famille, patrie, humanité?

lUO FÉMINISME ET CHRISTIANISME.

Ceux qui veulent que la femme puisse « renoncer à la famille sans pour cela renoncer à l'amour » ne voient-ils pas qu'ils renversent les conditions de l'amour? L'amour est chose familiale. L'amour, c'est la nature qui pousse en nous à la construction du nid, à l'éclosion de l'oiseau, par là aux fêtes du printemps et au peuplement de l'espace. L'amour, c'est le génie de l'espèce, ainsi que le dit un philosophe. L'amour, c'est l'enfant qui veut naître ; c'est Dieu qui incline le cœur et la chair vers le don sublime de la vie, mais de la vie suivant sa pente naturelle, et au lieu d'aller se perdre dans les sables del'égoïsme, rencontrant d'autres vies pour faire monter le niveau des eaux, donner naissance aux rivières fécondantes, aux fleuves, aux mers. Enlever à l'amour ces objets, je dis que c'est en faire une chose étroite au point d'en être vile; je dis que c'est tromper la nature, et Dieu, et nous dans le meilleur de nous. C'est ressembler à ces Romains qui au lieu de manger pour vivre et oublier noblement, en vivant, les moyens de cette fragile existence, mangeaient premièrement pour manger, puis mangeaient pour vomir, afin de manger encore, et souhaitaient comme Apicius d'avoir un cou de cigogne, afin de manger plus longtemps.

Non, je ne puis penser que le bonheur égoïste, le bonheur qui exclut l'intérêt d'autrui, et qui pour cela refuse l'intervention d'autrui dans la constitution de ce cadre qui doit garder tant de bien humain, à savoir la famille : je ne

puis penser que ce bonheur-là puisse être appelé digne de l'homme. Bien plus, je ne conçois pas qu'il puisse même être appelé un bonheur. Car l'égoïsme à deux dont il est la formule sera toujours la meilleure porte ouverte aux conflits.

Les psychologues de Tamourpassion ont découvert que sous les dehors d'une tendresse délirante, c'est au fond une lutte et une lutte mortelle. Ainsi la vie intégrale du mariage, si chacun n'y cherche que soi, doit dégénérer en bataille.

Que si l'on dit : On se cherche l'un l'autre en se donnant l'un à l'autre, c'est mieux; mais cela ne suffit pas; car chaque être a sa destinée, et si vous vous donnez l'un à l'autre, à qui vos enfants se donneront-ils? Pour leur éducation, il vous faut un idéal à leur proposer : vers quoi les pousserez-vous? Vers eux-mêmes? C'est revenir à l'horrible égoïsme. Vers leur futur conjoint? Mais le flambeau de la vie ne fera donc que passer de main en main, sans nulle orientation véritable, saus lumière d'horizon.

La seule solution honorable et chrétienne, c'est de juger ensemble la voie, et d'y marcher la main dans la main. Le bonheur personnel, ni le bonheur mutuel n'est la fin principale du mariage. Cette fin, c'est de compléter deux individus pour les rendre féconds, âme et chair, aujourd'hui et demain, aussi longtemps et aussi puissamment qu'on le peut attendre de deux fragilités qui s'unissent. A ce prix est le travail de Dieu dans le monde, et c'est ce travail qui constitue notre idéal, auquel, ainsi que tout, doit

se subordonner le mariage. Là donc doit se trouver sa loi, et si cette loi est plus que personnelle : sociale, plus que sociale : di\'ine, il ne faudra pas s*étonner de voir la société intervenir pour établir le mariage en institution stable, puis la religion pour l'établir en sacrement. Ce n'est pas précisément Tunion libre I Mais c'est la liberté pourtant, parce que c'est le chemin ouvert dans le sens de notre destinée véritable. Obéir à Dieu, c'est la liberté, disait déjà le vieux Sénèque : Parère Deo libertas est. Le mariage n'a aucune raison de renier ce mot, que S. Paul a répété avec plus d'autorité que Sénèque.

Pour tout dire en un mot, le mariage est un devoir, comme la vie. C'est une œuvre d'amour, mais avec Dieu pour inspirateur et pour guide. Il doit s'ensuivre le bonheur, mais par l'effort, au besoin par le sacrifice, comme aux sommets de lumière vont de laborieux chemins.

Voilà ce qu'il faudra dire à vos filles, Messieurs, et à vos fils. Voilà ce qu'il faut vous dire à vousmêmes. Car il va de soi que ces lois de l'ordre humain s'adressent également aux deux sexes. Mais j'ajoute volontiers que si cela n'était vrai que d'un seul, ce serait de la femme. Ses sentiments l'attestent, quand ils n'ont pas été dévoyés. Plus que l'homme, la femme se sent faite pour l'amour; mais plus que l'homme aussi elle se sent faite d'abord pour l'enfant, ce qui veut dire pour l'homme de demain; ce qui veut dire que l'instinct la projette hors de soi et l'invite à chercher au delà d'elle ses objets.

Ah! ce n'est pas long à venir, cet instinct. Voyez cette chère petite qui apprend en jouant le métier de la vie. Elle joue à la poupée avant de jouer au mariage. Elle est tendre pour Tenfant à venir avant de pressentir ses tendresses d'épousée. L'amour sera plus tard le but de sa vie; mais ce but supposé n'est que le moyen de la nature, et c'est pourquoi la nature lui crie déjà tout au fond d'elle-même que la maternité — et la maternité complète, ouvrant sur toute la vie, dont les orbes au loin s'élargissent — est le but de l'amour.

Enfin, Messieurs, comme la femme plus que nous a l'instinct de la famille, plus que nous également elle y trouve son bonheur. Ces bons réformateurs qui veulent la libérer en brisant ses attaches familiales, se doutent-ils qu'ils vont simplement Vùoler, et la jeter affaiblie, déprimée à la lutte sociale?

Lui enlever son foyer pour la jeter au plein air d'institutions publiques sans barrières, sans cloisons d'alvéoles, c'est le rêve de quelques-uns pour elle : je jure que ce n'est pas le sien, et que même au temps de l'activité débordante et des jeunes passions, c'est autre chose qu'elle cherche. Mais au soir de la vie, ses enfants dispersés, ses maris dispersés aussi, toute flamme au cœur éteinte et toute beauté fanée, que deviendra-t-elle, la femme? Au lieu de l'amour plus grave, mais non moins fort, du respect, en tout cas, que lui ménageait le foyer chrétien ; au

lieu du bruit de la ruche conservée à son unité; au lieu des égards qui Tentoureraient et qui garderaient encore son tombeau, elle n'aura que solitude morne, oubli, tristesse et désespoir.

Ah ! l'union libre, c'est un rêve de célibataire bien rente. Encore! Est-ce à toute heure, toujours, que le plus hardi compagnon s'en contente? En tout cas, ce n'est point là un idéal de femme.

Laissez donc à celle-ci notre mariage chrétien. Laissez-le-lui pour elle; laissez-le-lui pour le genre humain dont elle porte en ses flancs l'espérance. Discipliner et non pas débrider l'impulsion charnelle; nous pousser au bonheur par les voies du bien universellement explorées et adoptées; reconnaître à l'union de l'homme et de la femme une valeur plus qu'individuelle; en faire, ainsi que le disait Lacordaire*, « la question totale de la civilisation », la racine de l'arbre de vie, tellement que pour le christianisme, rendre le mariage plus solide, plus stable, plus fécond et plus pur, c'est comme donner une nouvelle origine au genre humain : c'est le chefd'œuvre dont toute sociologie équitable devra rendre gloire à notre Église.

Parler ainsi, ce ne sera ni se boucheries oreilles ni se fermer le cœur aux revendications justes. Nous ne refusons aucunement d'examiner, hors de toute prévention, quelles améliorations pourraient être apportées au régime du mariage. Le christianisme ne refuse rien de ce qui est raison-

i. Conf. de N.-D., t. II, p. 353.

nable, et précisément en ce qui concerne l'entrée en mariage, seule en cause aujourd'hui, je vais vous démontrer qu'il a précédé les temps, et que le droit de la femme n'a trouvé nulle part mieux que chez lui la netteté des affirmations, et à défaut de résultats impossibles, la constance et la générosité de l'effort.

Quelques féministes sont très irrités de ce que nos mœurs imposent à la jeune fille, lorsqu'elle veut contracter mariage, un état d'infériorité qu'ils trouvent contraire au principe de l'égalité des sexes. Si un jeune homme peut demander une jeune fille en mariage, pourquoi une jeune fille ne demanderait-elle pas un jeune homme? Cela choque nos sentiments ; mais n'est-ce point que les coutumes d'esclavage ont plié nos cerveaux et celui même des intéressées en sens contraire?

A cette question, comme à quelques autres du même genre, je réponds volontiers, parce que, peu importantes en soi, elles n'en fournissent pas moins l'occasion de repasser le trait sur les contours généraux de notre problème.

Il est certain que la coutume précitée est le signe d'une infériorité sociale relative. Chez les peuples où la femme prend une part directe à ce qui passe pour le but principal du groupement, cette coutume est absente, ou se retourne.

C'est ce qu'on peut voir dans plus d'une société antique, où la femme choisissait l'homme, ou môme l'enlevait, à la façon d'un hutin de guerre. Aujourd'hui encore, chez les Achantis d'Amérique, aux lies Marquises et dans beaucoup (!• peuplades d'Asie, on retrouve les traces de ces mœurs. Elles tiennent au rôle prépondérant joué par la femme, en certaines conditions politiques ou économiques.

Parmi nous, si la femme doit un jour être associée largement à l'homme pour le travail social, tout au moins dans la mesure où nous l'avons montré souhaitable, on peut prédire que les coutumes relatives à la demande en mariage se modifieront. Soyez bien sûrs, Messieurs, que l'Église ne s'en plaindra pas. Il n'y a pas de raison en soi pour que la femme ne recherche pas son mari comme l'homme recherche la femme. Une fois bien entendu que la femme est une personne, non une chose; qu'elle a une destinée à soi, faite pour se lier à celle de l'époux, mais sous le bénéfice de la réciproque, l'initiative du lien peut venir indifféremment de lui ou d'elle.

On devra seulement se souvenir qu'égalité n'implique pas uniformité, et que la question de forme ne sera donc pas tranchée par le seul principe égali taire. Il serait dur pour la délicatesse féminine d'essuyer des refus; à quoi bon l'y exposer? L'attitude à lui conseiller comporte une dose de réserve qui subsistera toujoure, puisque le temps ni les occasions ne peuvent faire que la femme ne soit plus la femme, c'est-à-dire l'être

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de sensibilité dominante et de tact aiguisé que nous avons décrit.

Ce qu'on peut dire, c'est que dans l'état de mœurs que nous supposons — et souhaitons, la femme aura lieu de se faire rechercher, en donnant à connaître qu'elle accueillera une démarche. Cela d'ailleurs ne sera pas si nouveau. En tout cas cela suffit à sa liberté, et sa dignité en sera plus intacte.

D'ailleurs, hâtons-nous de dire que cette question d'initiative est secondaire. Ce qui importe, c'est que l'entrée en mariage ne soit pas pour la femme ce qu'on a appelé spirituellement « un départ pour l'inconnu, avec un inconnu* ». L'action prépondérante, décisive de l'intéressée en vue de l'aboutissement ou de la rupture des négociations matrimoniales, voilà ce qu'il faut sauvegarder. Si la femme est une personne, et si le mariage lie cette personne pour la vie, ainsi que nous le requérons, cette personne doit en être; cela ne doit pas se passer derrière elle, dans des conciliabules même dévoués, entre parents des fiancés, entre hommes d'affaires et entre confidents.

Il est certain qu'il a existé chez nous un temps où une fille même majeure était considérée comme coupable, presque dénaturée, si elle se permettait d'aimer en secret un autre homme que celui qui lui était destiné par son père. La loi était alors de cet avis — sauf celle de l'Église ;

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